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29 nov. 09

Les actualités du 29 novembre 1909

Manuel_II

Le roi du Portugal à Paris

Le roi de Portugal est arrivé hier soir à Paris, a six heures vingt. Un des salons de la gare du Nord était tendu de draperies rouges et garni de plantes vertes et de fleurs. Des écussons, des drapeaux français au milieu desquels se détachait l'étendard portugais complétaient cette décoration. Une foule nombreuse, que maintenait un service d'ordre dirigé par M. Touny, se pressait aux abords de la gare. Le roi, qui à l'arrivée du train se tenait debout à la portière de son wagon-salon, sauta lestement sur le quai. Il portait un grand pardessus de voyage a col de zibeline, et était coiffé d'un chapeau de soie noir.

Le roi Manuel a été accueilli dès sa descente sur le quai par des vivats enthousiastes. Des cris de "Vive le roi ! Vive la reine Amélie !" retentirent. Le roi fut tout d'abord salué par M. Pichon, qui lui souhaita la bienvenue au nom du gouvernement français. M. de Souza-Roza, ministre du Portugal a Paris, présenta au roi les membres de l'ambassade et quelques personnalités de la colonie portugaise. Le roi monta ensuite dans une automobile avec MM. de Souza-Roza et du Bocage ot se rendit à l'hôtel Bristol. Sont allés s'inscrire dès hier soir sur le registre déposé à l'hôtel Bristol MM. Briand, président du conseil, Millerand, ministre dés travaux publics, le duc et la duchesse de Luynes, le baron de Fonscolombe, de Solves, les ambassadeurs d'Espagne et d'Autriche, Léon Bourgeois, le docteur Landouzy, etc...

Le roi s'est levé ce matin de bonne heure.A dix heures et demie, accompagné de sa suite, il est monté dans son automobile avec le comte de Souza-Roza et le lieutenant-colonel Schlumberger, et s'est rendu à la Madeleine. Le roi portait sur sa redingote une pelisse fourrée, et était coiffé d'un chapeau haut de forme. Une foule nombreuse, que maintenait un service d'ordre dirigé par MM. Lépine et Touny, stationnait sur les gradins du péristyle et sous la colonnade de l'entrée principale. De nombreux cris de : "Vive le roi ! Vive la reine Amélie!" ont été poussés.

Le roi Manuel a pénétré dans l'église par une des portes latérales de gauche. Reçu par 1e chanoine Rivière, curé de la paroisse, précédé de deux suisses en grande tenue et suivi de son clergé, le roi, toujours accompagné de M. Souza-Roza et du lieutenant-colonel Schlumberger, a été conduit à la première tribune gauche du premier étage, donnant sur le chœur, et a assiste à une messe basse, célébrée par un des vicaires. II est resté à genoux pendant toute la cérémonie, et a entendu l'office dans le plus grand recueillement. Les mêmes acclamations qui l'avaient accueilli, lors de son arrivée, l'ont salué à sa sortie de la Madeleine. Il s'est immédiatement rendu à l'Elysée où il a rendu visite au président de la République et a Mme Fallieres. Il était accompagné du comte de Souza-Roza, du comte de Sabugosa, grand-maître de la cour, du marquis de Fayal, chambellan, du capitaine de vaisseau Fernando de Serpa Pimontel, aide de camp, du vicomte d'Asseca, officier d'ordonnance, du marquis de Lavradio, secrétaire, et du docteur Thomas de Mello Breyner, son médecin.

A l'arrivée du roi au palais de l'Elysée, les honneurs militaires lui ont été rendus par un bataillon du 89e d'infanterie, avec le drapeau, sous les ordres du colonel. La musique a joué l'hymne portugais. Reçu à sa descente de voiture par M. Mollard, le capitaine de vaisseau Laugier et le colonel Jacquillat, commandant militaire du palais, le roi a été ensuite salué par M. Ramondou, secrétaire général de la présidence, et le commandant Bard. Le président s'est avancé au devant du roi de Portugal et s'est rendu avec lui dans le salon où a eu lieu un entretien qui a duré environ une heure.

Après avoir pris congé du président et de Mme, Fallieres, le roi a été reconduit à sa voiture avec le même cérémonial et les mêmes honneurs, et s'est rendu à l'hôtel Bristol. A midi, le président, accompagné de MM. Ramondou et Mollard, ainsi que du commandant Bard, est allé rendre visite au roi Manuel. Une foule assez considérable, maintenue par un service d'ordre que dirigeait M. Millet, officier de paix de l'arrondissement, stationnait place Vendôme. L'entrevue a duré quarante minutes, après quoi le président a réintégré l'Elysée. A deux heures, le roi de Portugal, accompagné des personnages de sa suite, a quitté l'hôtel Bristol, se rendant à Auteuil, où il va assister aux courses.


Le Temps – 29 novembre 1909

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EN BREF

Attentat contre le général Verand - Un attentat a été commis aujourd'hui à midi trente-cinq contre le général Vérand, au moment où il allait à l'hôtel Continental assister au banquet de l'Union des sociétés de gymnastique. Le général, en grand uniforme, venait de descendre de voiture et s'engageait sous le porche de l'hôtel, quand plusieurs coups de feu retentirent. Le général Vérand atteint au front et à la nuque tomba. On le transporta à la pharmacie Hogg, ou un médecin, appelé on toute hâte, constata que la blessure reçue au front ne présentait aucun caractère de gravité. Quant à la blessure de la nuque, il a déclaré qu'il ne pouvait se prononcer. Mais ce n'est rien, je vous assure, a déclaré le général, qui n'avait pas perdu un seul instant son sang-froid. Seulement, je vous demanderai de faire prévenir ma femme avec tous les ménagements possibles. Le ministre de la guerre, qui était arrivé pour, présider le banquet, informé de l'attentat, venait prendre des nouvelles du général et donnait des ordres pour qu'il fût conduit, immédiatement au Val-de-Grâce, suivant son désir. Pendant ce temps, la foule s'était jetée sur le meurtrier, qui, une fois l'attentat commis, cherchait à s'enfuir. Au moment où un agent s'élançait sur lui, il brandissait un revolver et un poignard. Il menaçait de tirer de nouveau, quand le soldat Ibos, du 28e de ligne, le saisit par derrière à bras-le-corps et le maîtrisa. Le meurtrier paraissait très surexcité. Il criait: Justice ! Justice ! Il fut conduit au. commissariat, de police du quartier du Marché-Saint-Honoré. C'est là que nous l'avons vu. Il s'appelle Endelsi (Robin), né à Guelma (Algérie), en 1877. C'est un homme brun de petite taille assez corpulent. Il est très convenablement vêtu d'un dessus et d'un complet noirs. Le sang coule abondamment d'une blessure au-dessus de l'arcade sourcilière droite, inonde sa figure et retombe sur ses habits. Il pleure abondamment, et de temps en temps lève les bras en répétant : " Justice ! Justice ! ". On a trouvé sur lui deux revolvers, il manquait quatre balles dans l'un, et l'autre était encore complètement chargé. On a trouvé également un portrait du général Brun, un livret militaire, et divers papiers. Le Temps – 29 novembre 1909

Un tramway s'emballe à Brest - Quinze blessés - Brest, 28 novembre - Un nouvel accident s'est produit, ce soir, à cinq heures, sur la ligne électrique de Saint-Pierre-Quilbignon à Brest, à l'endroit même où, le mois dernier, avait eu lieu un accident semblable. Le car numéro 2, conduit par le contrôleur Texier, arrivant à la descente rapide des Quatre Moulins, rompit ses freins, s'emballa, puis vint heurter le trottoir, devant le bureau de l'octroi, où il se renversa. Sur les vingt voyageurs qui se trouvaient à l'intérieur, une quinzaine ont été blessés ou contusionnés. C'est le sixième accident qui se produit dans les mêmes conditions. La population témoignait, ce soir, sa plus vive indignation de ce que des mesures n'aient pas été prises pour en éviter le retour. Le Petit Parisien – 29 novembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]