CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

02 déc. 09

Les actualités du 2 décembre 1909

execution languille orleans

Riboulet a été éxécuté ce matin à Montbrison

Montbrison, 1e décembre. — Ce matin à 6 h 50, sur la place Carnot, a eu lieu l'exécution de Riboulet, condamné à mort par la Cour d'Assises de la Loire pour assassinat Une foule compacte venue de tous les coins du département était maintenue par le 30e dragons venus de Saint-Etienne. Dans la nuit, Riboulet s'est réveillé à deux reprises. Au moment dune ronde, il a appelé son gardien, qui s'était assoupi, et lui a dit : "Vous allez vous faire punir !" A quatre heures, nouveau réveil, puis Riboulet s'est endormi jusqu'à l'arrivée des magistrats.

Les bois de justice sont arrivés à quatre heures et demie à la gare où les gendarmes et les dragons étaient venus les chercher. A cinq heures, la voiture du service municipal s'arrêtait place Saint-Jean et le montage de la guillotine commençait aussitôt par un clair de lune superbe: Un service d'ordre très sévère avait été organisé pour empêcher l'encombrement. A 5 h 47, MM, Palix, procureur de la République ; Schmidt, substitut, et Cazenayett, juge d'instruction, se rendaient à la prison, où les avaient précédés le docteur Perdu et Maître Chauteret, défenseur de Riboulet, et l'aumônier. Lorsqu'on pénétra dans sa cellule, Riboulet dormait si profondément, que le procureur de la Republique dut le secouer fortement pour le réveiller.

Le condamné eut un mouvement nerveux, puis tomba dans un mutisme voisin de l'abrutissement. Ses gardiens durent l'habiller. Après avoir absorbé un verre de rhum, le malheureux se ressaisit un peu. Puis il se rendit à la chapelle, où il entendit la messe: il récita posément et distinctement la prière. A ce moment, il paraissait fort calme. On le conduisit au greffe pour procéder à la toilette ; il ne prononça pas un mot pendant cette opération. En montant dans le fourgon, il a demandé à être accompagné jusqu'à la fin par ses deux gardiens ; l'autorisation lui a été donnée. L'aumônier, M. l'abbé Sangnol, l'avocat, les deux gardiens et Riboulet ont pris place dans la voiture. Pendant le trajet, le condamné s'est entretenu avec l'aumônier.

Aucune manifestation ne s'est produite au moment de l'arrivée du fourgon. En descendant de la voiture, l'aumônier et l'avocat ont embrassé Riboulet, Celui-ci a alors fait quelques pas en regardant en arrière, puis les aides se sont emparés de lui. Un incident pénible se produisit alors. La tête de l'assassin heurta le montant de la guillotine et le condamné poussa un cri plaintif qui impressionna profondément les assistants. Il fut bientôt sur la bascule et le couteau tomba à 6 h. 55. Un jet de sang a éclaboussé l'aumônier, qui très ému a dû être reconduit à la prison pour y recevoir des soins.

Des applaudissements ont retenti dans la foule compacte qui se pressait derrière les barrages des soldats et parmi les curieux garnissant les fenêtres des maisons voisines ou ceux qui s'étaient juchés sur des branches d'arbre. Le panier contenant le corps du condamné a été conduit au cimetière et l'inhumation a été faite dans la partie réservée aux suppliciés. Riboulet avait assassiné les époux Labouré.

L'Ouest-Eclair – 2 décembre 1909


 MontbrisonMontbrison Andrezieux Andrezieux Saint-EtienneSt-Etienne

EN BREF

Latham vole à 500 m de hauteur - Mourmelon-Le-Grand, 1e décembre — Latham avait envoyé hier son inscription pour concourir officiellement pour le record de hauteur. L'Aéro-Club de France avait chargé M. de Kergariou du contrôle de cette tentative. Toute la matinée, malgré une brise légère, le temps se montra propice. Malheureusement vers midi de gros nuages obscurcirent le ciel, et le vent se leva brusquement. Mais Latham n'abandonna nullement son projet. Les prépara-tirs furent vite terminés et bientôt le moteur Antoinette entraînait la superbe grande mouette, qui s'éleva gaillardement. L'Antoinette monta rapidement a 100, puis 200, 300 et 400 mètres, et, toujours cinglé par la pluie qui faisait rage, l'oiseau dépassa les 450 et 500 mètres. Le vol, qui a dura de 2 heures 32 à 3 heures 5 m. 5 s., a été exécuté par un vent de 16 à 18 mètres à la seconde, vitesse enregistrée par les appareils. Quant à la hauteur contrôlée, elle est de 475 a 500 mètres, ce qui constitue le record officiel du monde. L'Ouest-Eclair – 2 décembre 1909

Mais la mort eut le dernier mot - Amiens, 1er décembre. — Un certain M. Levalard tomba malade il y a quelque temps puis trépassa. Un médecin mandé constata le décès. Les parents, se conformant à une très ancienne coutume, se réunirent dans la maison mortuaire en un repas que présidait la veuve. A un moment donné. Celle-ci alla voir le corps de celui qu'elle venait de perdre. Son émotion fut forte, car le trépassé se promenait dans sa chambre, réclamant des soins. Aux cris poussés par sa femme, on vint à son secours et le malade fut recouché pour peu de temps, hélas ! car il mourait quelques heures après ce macabre événement. Le Matin – 2 décembre 1909

us-1908 La fortune du groom - San-Francisco, 1er Décembre - Michel Dunphy, un jeune groom de l'hôtel Argonaut, à San-Francisco, vient d'hériter de 250,000 francs dans des circonstances bien curieuses. Il y a quelques mois, comme il venait d'entrer en service dans cet hôtel, ses camarades, par brimade, le chargèrent des corvées les plus désagréables. Il y avait notamment, de passage dans rétablissement, une vieille dame Potter, de Salem, dans le Massachusetts, qui était exigente, querelleuse et "non-tipper", c'est-à-dire qu'elle ne donnait jamais le moindre pourboire. Dunphy fut dépêché auprès d'elle, et, malgré les quolibets de ses camarades, il la soigna avec le plus grand dévouement. La dame quitta l'hôtel sans lui donner un sou, mais quelques jours après, le petit groom recevait d'elle un premier chèque de 500 francs. Il y a deux semaines, MM. Brown et Carlysle, avocats de Boston, adressaient au propriétaire de l'Hôtel Argonaut une lettre par laquelle Dunphy était avisé que la vieille dame, décédée lui avait légué en mourant une somme de 12,500 francs. Le jeune homme acheta une pièce de terre et donna l'ordre de faire construire une maison pour ses parents. Mais ce n était pas tout : hier, les mêmes avocats écrivirent au propriétaire que Dunphy était victorieusement sorti de preuve. Les 12,500 francs n'étaient qu'une provision et la testatrice avait déclaré que si le jeune groom les employait d'une manière honnête, elle lui léguait 250.000 fr. Le Petit Journal – 2 décembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]