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04 déc. 09

Les actualités du 4 décembre 1909

Une effroyable tempête dévaste la France

dieppe tempete

Les Parisiens et aussi les provinciaux ont été désagréablement tirés de leurs rêves, la nuit dernière, un peu avant l'heure rose de l'aube. Les maisons tremblaient dans, leurs fondements, les volets claquaient contre les murs, les portes étaient

ébranlées par le vent, les vitres flagellées par la pluie, et les choses mal assujetties, pots de fleurs ou tuyaux de cheminée, cédaient avec fracas aux lois de la pesanteur... Une énorme bourrasque passait sur la France.

Vers cinq heures du matin, elle arrivait au moment de sa plus grande rage. Le baromètre était descendu à 738 millimètres et l'anémomètre révélait pour le vent une vitesse de 28 mètres à la seconde. L'apaisement de l'atmosphère vint avec la lumière du jour. A dix heures, le mercure se décidait à remonter. Cette tempête, qui a fait de grands dégâts et des victimes, a occasionné des perturbations graves dans le service télégraphique. Les communications entre Paris et la province sont, très difficiles, surtout avec les régions de l'ouest et du sud-est.

Les relations internationales ont également été profondément troublées. En particulier tous les fils entre Paris et l'Allemagne, étaient, interrompus. Voici le résumé des dépêches qui nous sont parvenues cette nuit à ce sujet. A Boulogne, le vent soufflait avec une telle rage qu'un marin anglais, de garde de nuit sur le paquebot Invicta; a été enlevé par une lame. Le cadavre n'a pas été retrouvé. A Hazebrouck, l'épouvantable orage de grêle qui a sévi sur la région jusqu'à Saint-Omer a provoqué une inondation épouvantable. Beaucoup, de champs sont submergés.

Dans la région de Reims, tout est dévasté; des arbres, des poteaux télégraphiques ont été arrachés. Un violent ouragan a sévi sur Saint-Dié et les environs. On signale partout de nombreux dégâts. Plusieurs devantures de magasins ont été brisées ; quantité de cheminées sont démolies. En forêt, beaucoup d'arbres ont été arrachés. A Auxerre également les dégâts sont importants. Le moulin de Lainsecq a eu ses ailes et son toit emportés ; l'ensemble de l'édifice lui-même a été désaxé. A Saint-Fargeau, un peuplier centenaire s'est abattu sur un lavoir. Plusieurs laveuses ont été blessées, dont trois grièvement. Tous les cours d'eau sont en crue.

A Moulins, en raison de la pluie incessante, on craint des inondations. La neige a fait sa première apparition, sur les crêtes de la montagne Noire, au delà de Quillan (Aude). Des chutes de neige sont également, signalées sur les hauts sommets de l'Ariège, des Hautes-Pyrénées et de la Haute-Garonne. Dans la région de Mauléon, des crues sont redoutées. A Bayonne, la mer est démontée. Plusieurs, vapeurs louvoient au large, attendant une accalmie. Des dégâts considérables, ont eu lieu place de la Brèche, à Niort, où toute une fête foraine a été dévastée.

La tempête règne toujours sur les côtes bretonnes. Au large de Lorient, plusieurs goélettes, après avoir failli se briser sur les rochers, sont entrées en relâche sur la rade. Depuis deux jours, aucun bateau de pêche n'a pu sortir. On signale que plusieurs barques se sont jetées à la cote et ont été brisées sur les rochers. A l'ile de Groix, deux sémaphores ont été en grande partie, enlevés dans la tourmente. On est sans nouvelles du vapeur Longwy, de la Société des Chargeurs de l'Ouest, parti de la Floride avec un chargement de phosphate et qui devait arriver le 10 novembre a Tonnay-Charente. Les services postaux sur Belle-Ile et l'ile d'Yeu sont effectués en partie seulement par une seule traversée très pénible. On craint des sinistres. Les trains subissent dans toute la région nantaise des retards importants, par suite de la résistance offerte par la bourrasque, et de la nécessité de ralentir en certains, endroits où des branches jonchent la voie. La machine d'un train allant de la Roche-sur-Yon à Montaigu a eu sa cheminée brisée par la chute d'un poteau télégraphique.

Dans le Finistère, quantité de toits ont été enlevés et de nombreuses barques ont coulé dans les petits ports de la côte. Enfin un grave sinistre s'est produit au large : la gabarre goémonière Virginie de Paimpol, montée par cinq hommes, s'est brisée sur des récifs. Les cinq marins, Louis, Olivier et Jean Le Vay, Yves Le Gorre et Jean Le Goff, ont été noyés. Trois cadavres seulement ont été retrouvés.

Le Matin – 4 décembre 1909


EN BREF

La revanche du lapin - Rennes, 3 décembre — Le chasseur Louis Hubert, trente-trois ans, venait d'abattre avec la crosse de son fusil un lapin au gîte, quand par suite du choc le coup partit. Atteint par la décharge en plein bas-ventre, Hubert mourut peu après. Le Matin – 4 décembre 1909

Combat au soudan français: cinq tirailleurs tues et huit blessés - Il résulte d'un télégramme envoyé par le lieutenant-gouverneur du Haut-Sénégal-Niger au gouverneur général intérimaire de l'Afrique occidentale et transmis au ministère des Colonies, que le capitaine Prevot a remporté, le 7 novembre dernier un brillant succès : cet officier, avec 65 tirailleurs appartenant à la garnison de Bilma, a attaqué, près du village, de Birki, à 50 kilomètres au nord de Bilma, un fort rezzou de 430 Arabes venant de Tripolitaine sous les ordres d'un chef nommé Abbe-Sulah et accompagné de 400 Tebbous qui se dirigeaient vers le Kaouar. Le rezzou a été bousculé et dispersé, puis rejeté hors de l'oasis dans la direction de l'est, après un sérieux engagement. Les Arabes ont laissé sur le terrain quinze tués, quinze fusils, ainsi qu'un certain nombre de chameaux et de chevaux, qu'ils avaient pris à Faschi. Tout leur convoi est également tombé entre nos mains. Nous avons eu cinq tirailleurs tués, et huit tirailleurs blessés dont cinq grièvement. Le Petit Parisien – 4 décembre 1909


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]