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05 déc. 09

Les actualités du 5 décembre 1909

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L'inauguration du Grand Boulevard Lille – Roubaix – Tourcoing

La belle journée ! L'impression en restera inoubliable dans l'esprit de tous ceux qui eurent la bonne fortune d'être les invités du Chemin de fer électrique Lille-Roubaix-Tourcoing. Le Grand Boulevard, on le sait, résulte de la nécessité de rendre plus faciles et plus rapides les échanges entra les trois grandes villes de Lille, Tourcoing et Roubaix, si rapprochées en fait bar leurs intérêts et par leur situation géographique. Le département du Nord a voulu, du premier coup, faire une œuvre définitive. A l'heure actuelle, une somme de huit millions a été dépensée, dont deux millions ont été versés au département par la Société de l'électrique Lille-Roubaix-Tourcoing. Aussitôt la délicate question des expropriations réglée — à l'amiable dans presque tous les cas — les travaux commencèrent.

Ils ne durèrent que trois années, ce qui est peu si l'on considère, en dehors des terrassements, maçonneries, pavages et empierrements, les ouvrages d'art qu'il fallut exécuter pour la traversée des ligne de chemin de fer et des canaux. Les lignes de chemin de fer ont été modifiées de façon a passer sur des ponts doubles au-dessus au Grand Boulevard, dont la largeur est maintenue intacte. Il existe trois de ces ponts. Deux autres ponts métalliques, sur lesquels passe le Boulevard, franchissent, l'un le canal de Roubaix, l'autre le canal de Tourcoing (pont-levis hydraulique).

Le Boulevard devait, au début, avoir son point de départ aux fortifications de Lille ; pour le faire pénétrer au cœur même de la ville, comme à Roubaix et comme à Tourcoing, le conseil municipal de Lille décida d'apporter son concours financier à cette œuvre d'utilité publique, et, aidé d'une subvention supplémentaire versée par la Société de l'Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing, il put réaliser l'établissement d'un terminus au centre même de l'activité lilloise, place du Théâtre, entre deux grands monuments, la nouvelle Bourse et le nouveau Grand-Théâtre, actuellement en construction. Il y a lieu d'ajouter que cette tâche fut facilitée par l'administration du génie, qui perça une porte de 25 mètres dans les fortifications, porte spécialement destinée a permettre la pénétration du Boulevard jusqu'au centre de la ville.

Le cortège des invités de la Société de l'Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing, comprenant environ six cents personnes, fût réparti dans 12 voitures automotrices, qui quittèrent successivement le point terminus lillois à partir de 1 h. 15. Ces voitures, extrêmement confortables, d'un aspect élégant sont d'une seule classe. Le prix du voyage est inférieur à celui d'un billet de chemin de fer de 3e classe et inférieur aussi à la limite assignée à la Société par son cahier des charges.

Sans trépidation aucune, les élégantes voitures s'élancent sur la grande artère. Après un arrêt au dépôt de Marcq-en-Barœul, où nous admirons l'atelier de réparations actionné à l'électricité, nous repartons pour Roubaix. La perspective immense du Grand Boulevard est impressionnante et, plus on avance, plus on est convaincu de la grande utilité de cet énorme travail. Tout le monde exprime la satisfaction intense que procure la réalisation de l'œuvre. En un mot, on a l'impression très nette que le Grand Boulevard répond à un besoin.

Nous arrivons à Roubaix par la belle perspective du parc Barbieux et de la rue de Paris. M. Motte, le grand industriel et maire de Roubaix, nous reçoit dans l'ancien hôtel Niel-Cavroy, qui sert de mairie pendant la construction du nouvel Hôtel de Ville.Il souhaite heureuse carrière et bonne fortune, à la Société de l'Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing. Je regrette seulement, dit-il, que nos villes ne participent pas à ses supradividendes, car, grâce à son excellent matériel, elle réalisera de beaux bénéfices.

Comme on est en avance sur l'horaire prévu, on repart, à petite vitesse, vers la ville-sœur. Réception cordiale dans le magnifique Hôtel de Ville de Tourcoing, dont M. Dron, maire et député, nous fait les honneurs avec une exquise bonhomie. Je vous reçois en toute simplicité, nous dit-il. Je félicite ceux qui ont réalisé cette grande œuvre avec tant d'à-propos. C'est un immense service rendu à une population de plus de 500,000 âmes, qui va se trouver réunie en une seule agglomération ; nous étions seulement des voisins, nous serons maintenant toujours les uns chez les autres. On se visitera presque sans s'en apercevoir, sans avoir besoin de consulter un horaire ni de prendre un billet... En somme, personne ne perdra dans ce marché. Je vous remercie encore, et j'espère que nos bons rapports établis pour la mise en train de l'œuvre, resteront et s'affirmeront dans l'avenir. D'ailleurs, toute notre sympathie, tout notre concours vous est acquis...

M. le président de l'Electrique répond quelques mots au nom de la Société. Puis M. Dron porte un toast chaleureux à la réussite de l'entreprise. Vers six heures, les invités se retrouvèrent au Dépôt du chemin de fer Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing, à Marcq-en-Barœul, où un banquet leur fut offert par la Société. Cette cérémonie intime a clos dignement la journée d'inauguration. Tout le monde se rend compte qu'elle constitue le couronnement d'un immense effort, l'aboutissement d'une œuvre presque nationale, riche en conséquences heureuses et ardemment souhaitée par la région la plus industrielle de France.

Le Gaulois – 5 décembre 1909


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EN BREF

Grave incendie a Maintenon — Chartres, 4 décembre. Une partie d'un vaste hôtel qui s'élève en face de la gare de Maintenon a été détruite ce matin par un violent incendie. Le patron, M. Amblard, put heureusement donner l'alarme à temps, et les voyageurs, à demi vêtus, s'enfuirent en emportant le plus précieux de leurs bagages. On put heureusement sauver Mme Amblard, qui était clouée dans son lit par une attaque de paralysie ; au cours du sauvetage, un pompier de Maintenon a été à demi asphyxié. Les pertes, considérables, sont supportées en partie par le propriétaire, le duc de Noailles, et par M. Amblard. Le Petit Parisien – 5 décembre 1909

Le Mans - Assassinat d'une octogénaire — Hier matin, on a trouvé assassinée dans la maison, isolée qu'elle occupait à sept kilomètres du Mans, au champ de courses des Hunaudières, une vieille femme âgée de 80 ans, la mère Buisneau, née Sidonie Davaze. La tête avait été broyée à coups de bâton. Voici comment on suppose qu'a été commis cet assassinat. La victime entendant l'autre soir du bruit ouvrit la porte et reconnut que des maraudeurs étaient en train de dévaliser un clapier attenant à son habitation. Ceux-ci se voyant surpris la repoussèrent dans sa demeure et la frappèrent à coups de gourdin sur le crâne jusqu'à ce qu'elle ne donnât plus signe de vie. L'Action Française – 5 décembre 1909


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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