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09 déc. 09

Les actualités du 9 décembre 1909

farman 1909

Maurice Farman va de Versailles à Chartres

Maurice Farman, qui, sans bruit, s'était mis à construire, voici bientôt un an, un aéroplane de son invention, avec lequel il réalisait, ces derniers temps, quelques jolis vols d'entrainement, vient, d'un seul coup, de s'imposer à l'attention du monde sportif, effectuant, d'une traite, le plus long voyage aérien en aéroplane de ville à ville qui ait encore été enregistré. Versailles-Chartres, soit environ 70 kilomètres à vol d'oiseau, telle est la performance du jeune et audacieux sportsman.

Maurice Farman, depuis une quinzaine déjà, était prêt à tenter l'aventure. Il me l'avait confié, me recommandant le plus grand secret. Aussi, quand, hier, j'arrivai au hangar du Trou-Sale, tout près de Buc, aux portes de Versailles, je ne rencontrai que peu de monde. Trois ou quatre automobiles seulement, voitures d'amis intimes qui se disposaient à faire de leur mieux pour suivre l'oiseau mécanique.

A deux heures de l'après-midi, le biplan était sorti du hangar et l'aviateur, aidé de son chef mécanicien Derôme, donnait un dernier coup d'œil au moteur, au mécanisme, aux fils de tension. Tout étant prêt. Maurice Farman endossait un vêtement spécial, douillettement doublé de fourrure, se coiffait d'un épais passe-montagne, se chaussait d'imperméables Laupars, autrement dit souliers norvégiens en peau de phoque, et grimpait sur son siège étroit. Le moteur, aussitôt mis en marche, entonnait sa chanson régulière, cependant que l'hélice ronflait comme une toupie... Deux secondes après, léger, gracieux, l'aéroplane quittait la terre et s'envolait vers le sud dans un radieux soleil, mais dans une atmosphère glaciale.

Aussitôt, les automobiles présentes se mettaient, elles aussi, en route et de toute leur vitesse tentaient la poursuite... Course vaine. Ces routes ne sont point tirées au cordeau et s'éloignent fort du plus court chemin d'un point à un autre... Bientôt, petit à petit, a une altitude d'environ 80 mètres, le biplan disparaissait à l'horizon...Malgré tous nos efforts, nous ne réussissions à rejoindre l'aviateur qu'à son hangar, établi voici quelques semaines aux portes de la cité chartraine.Maurice Farman, entouré d'une foule nombreuse, en toute hâte accourue de la ville, allait et venait tranquillement autour de son appareil, attendant ses mécaniciens. Ceux-ci aussitôt arrivés, le jeune aviateur, leur remettant le soin de l'appareil, montait dans son automobile et rentrait a Paris, où comme on le sait il dirige, avec M. Neubauer, le palais de l'Automobile, 218, boulevard Pereire.

Au cours de ce voyage do 70 kilomètres, l'aviateur avait successivement passé au-dessus des localités de Trappes, Verrières, le Perray, Rambouillet, Orphin, Gallardon et Coltinville, franchissant entre autres la profonde vallée de Gallardon. Le temps exact de l'envolée fut de 53 minutes, soit une vitesse moyenne réalisée de 80 kilomètres à l'heure. Nous croyons savoir, qu'encouragé par ce magnifique résultat, Maurice Farman se propose de continuer ces jours-ci ses expériences de grand tourisme aérien. Qui sait, nous apprendrons peut-être ces jours-ci qu'il est arrivé à Bordeaux autrement que par le rapide de l'Orléans.

Le Matin – 10 décembre 1909


EN BREF

Violent incendie à Clichy - Un incendie a éclaté, hier soir, vers huit heures trois quarts, à Clichy, dans des ateliers de construction de dynamos appartenant à M. Hamard et situés 2, rue du Cimetière. Ces hangars, qui occupent une superficie de cinq à six cents mètres carrés, Sont installés sur la zone militaire et près des fortifications. Ils consistent en de simples baraquements provisoires en bois peu élevés. Aussi le feu prit-il rapidement d'assez grandes proportions, et lorsque les pompiers de Clichy arrivèrent quelques minutes après que l'incendie eût été signalé, ils ne se trouvèrent pas en état de maîtriser le feu par eux-mêmes. Il fallut faire appel aux pompiers de Paris. Un détachement, envoyé de la caserne de la rue de Rome, arriva bientôt sur les lieux. Plusieurs pompes furent mises en batterie, mais malgré tous les efforts déployés, il fallut renoncer à sauver quoi que ce fût. Seul un cheval a pu être tiré à temps des flammes. On croit que le feu a dû être mis accidentellement par des vagabonds qui couchent chaque nuit dans le hangar à fourrage de M. Hamard. Ce dernier, très souffrant, a été réveillé par des passants qui ont ensuite donné l'alarme. Plusieurs baraques appartenant à des voisins ont été entièrement détruites. Ce sont celles de MM. Presles, électricien, Taubois, fabricant de cycles, qui, absent, n'a pu être prévenu. Les dégâts, croit-on, s'élèvent à plus de 50.000 francs. Le bureau de comptabilité de M. Hamard a été épargné. Le Petit Journal – 9 décembre 1909

Italie Le médecin, la mère et l'enfant meurent tous trois ensemble - Rome, 8 décembre — Un cas tragique s'est produit aujourd'hui. Le médecin Masetti appelé d'urgence au chevet d'une femme en couches, décida qu'une opération immédiate était nécessaire et y procéda sur-le-champ. Il en était arrivé à la moitié de l'opération, lorsque frappé d'apoplexie, il s'affaissa foudroyé. La femme, abandonnée dans l'état que l'on peut imaginer, mourut sur son lit au bout d'un quart d'heure, tenant dans les bras son nouveau-né, qui expira en même temps qu'elle. Le Matin - 9 décembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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