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11 déc. 09

Les actualités du 11 décembre 1909

Automobiles

Paris qui roule

Combien sont-ils, ces véhicules hippomobiles et automobiles que M. Lépine entreprend de soumettre à une loi nouvelle afin de désencombrer, autant qu'il est en son pouvoir, la rue parisienne ? On sera surpris d'apprendre qu'il est difficile de se former à ce sujet une opinion, à peu près exacte. Voici les chiffres que M. Joltrain, inspecteur divisionnaire, chargé de la circulation et des transports, a groupés à l'intention du Matin.

Le fiacre se défend

En 1901 il roulait à Paris 10.445 fiacres ; en 1909 il en circule encore 8,085. Si l'on songe qu'entre temps on a inaugure le Métropolitain et mis à la disposition du public 5,240 autotaxis et automobiles de louage, cela jette un jour intéressant sur le formidable accroissement du roulage.

Phénomène qui surprendra les passionnés de l'automobilisme : la voiture hippomobile de remise qui donne a celui qui l'emploie l'illusion de circuler dans une Victoria ou un coupé de maître, est en augmentation sensible : il en roulait 4.313 en 1901 et 3.630 en 1908. En une seule année cet article remonté de 948 unités exactement 4,578 en 1909. On a trouvé que pour les petites courses l'automobile évoluait trop difficilement et qu'elle coûtait trop cher.

Pour l'autotaxi sa multiplication est merveilleuse. En 1901 et 1902 il y a zéro autotaxi sur la place de Paris. On en compte 8 en 1903, 39 en 1905, 1.465 en 1907 et 3.478 en 1909. C'est à l'automobile de grande remise qui semble une voiture privée que va la vogue, en matière automobile comme en matière hippomobile. En 1901 on comptait 117 voitures de ce caractère. En 1908 il y en avait 874. Dans les derniers dix mois de l'année 1909 le nombre des automobiles de remise s'est accru de 798 unités. En tout 1.672.

Voitures de maîtres

La préfecture de police ne produit ici ses chiffres qu'avec de sérieuses réserves. En ce qui concerne les voitures hippomobiles de maîtres, la plupart de leurs propriétaires possèdent des terres en province et y résident pendant de longs mois. C'est là, souvent, qu'ils déclarent les chevaux et les voitures dont ils usent à Paris comme s'ils étaient de passage. Ainsi le rôle des contributions serait vainement consulté pour nous renseigner à leur sujet.

En ce qui concerne les voitures automobiles de maîtres, la préfecture ignore en réalité si les voitures automobiles qu'elle inscrit circulent en effet dans Paris, si elles sont absentes depuis des mois ou des années, si brusquement elles y reparaissent après avoir changé de mains. La préfecture avait désiré que le changement de propriétaires lui fût toujours signalé au moment d'une vente. Elle s'appuyait sur des faits comme ceux-ci : Un propriétaire parisien vend sa voiture dans un garage à un amateur qu'il ne connait pas. On l'informe un matin qu'il a écrasé un enfant sur une route et qu'il s'est sauvé. Impossible de retrouver l'amateur qui a déjà revendu sa voiture. Le propriétaire inscrit est condamné à une amende et à la prison. Il en appelle. Le jugement est confirmé. En 1901, il y a 3.865 voitures déclarées, il y en a 10.219 en 1907, seulement 8.895 en 1908, et au mois de novembre 1909, 8.203.Sur une durée de neuf ans, l'augmentation est de 7.104 voilures.

Voitures de commerce

Le nombre de ces voitures à traction hippomobile est en augmentation constante. En 1901, il y en 34,111, et en 1909, on en recense 46.915, soit une augmentation de 12.804 unités. La plupart de ces voitures doivent marcher au pas. Elles sont une entrave a la circulation générale. M. W.P. Eno signale le grave danger que présente souvent leur construction (type des voitures de blanchisseurs). L'homme qui les conduit ne voit ni à sa droite, ni à sa gauche, il tourne à l'aveuglette

Omnibus et tramways

C'est sur ce champ de traction que le cheval perd le plus-de terrain. 700 omnibus a chevaux roulent en 1901 ; en 1908 il n'en reste plus que 596. On en a dételé 104. En 1901 il y a encore 302 tramways tirés par des chevaux. En 1908, il n'en reste que 104 (diminution, 198). Pendant ce même laps de temps les autobus ont passé de zéro a 113. Les tramways à traction automotrice de 1,145 à 1,528 (augmentation, 383). Les tramways à traction mécanique avec voitures d'attelage passent de 462 à 712 (augmentation, 250). Résumé En 1901, Paris et le département de la Seine recensent 51.468 voitures à chevaux. En 1909 ils en comptent 61.499. Augmentation : 5 %. Ëh 1901 Paris et le département de la Seine recensent 5.599 voitures automobiles et a traction mécanique. En 1909 ils en comptent 15.822. Augmentation : 200 %.

Le Matin – 11 décembre 1909


EN BREF

Violent combat dans le sud algérien - Le ministère des Colonies communique la note suivante: " Dans le courant du mois de novembre dernier, le gouverneur général de l'Algérie faisait connaître que le fils d'un marabout influent du Sud-Algérien Si Abidin-el-Kounti, était parti en rezzou pour Taoudeni au commencement de septembre, à la tête de 150 méharistes. De son côté, le 28 novembre, le gouverneur du Haut-Sénégal-Niger informait le ministre des Colonies de l'arrivée du rezzou fort de 400 hommes, dans la région de Mabrouk et indiquait les mesures qu'il avait prises pour en arrêter la marche vers le Niger. Le capitaine Grosdemange parti à la recherche de ce rezzou l'a rejoint à Achourat le 30 novembre et lui à livré un violent combat au cours duquel nous avons eu onze tués, dont le capitaine Grosdemange et dix tirailleurs et vingt-six blessés dont les sergents Rossiet et Devillate et vingt-quatre tirailleurs. Nos troupes sous le commandement du lieutenant Morel, sont en route pour Boudjebra. Achourat est situé à environ deux cents kilomètres au sud de la frontière algérienne ; à mi-chemin entre les derniers postes algériens et ceux du territoire du Niger sur ta route qui, du pays Hoggar par le Tanezrouftt se relie à Inichaig à la route des caravane Tidikelt-Tombouctou". M. Camille Luc Grosdemange appartenait à l'infanterie coloniale et faisait partie du bataillon de Tombouctou. Il était capitaine depuis le 13 juillet 1902. Le Petit Journal – 11 décembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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