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12 déc. 09

Les actualités du 12 décembre 1909

marseille menpenti

Marseille: Un fou massacre sa famille à coups de rasoir et se suicide

Une scène de carnage épouvantable s'est déroulée la nuit dernière, au numéro 184 de la rue Menpenti,et a été découverte ce matin. A cette adresse, un marchand de vin, M. Albert Bouvier, âgé de trente-six ans, a exterminé toute sa famille et s'est fait ensuite justice. Voici comment a été connu ce drame, cette boucherie plutôt, qui a fait sept victimes.

Ce matin, à six heures et demie, un garçonnet de quatorze ans, Nicolas Callet, occupé comme garçon chez M. Bouvier, s'étonna, en venant prendre son travail de trouver le bar encore fermé. Il en fit part à un de ses petite camarades, et tous deux, pressentant un malheur, décidèrent de s'en assurer en gagnant une cour qui borde l'arrière-boutique et sur laquelle prennent jour les chambres. Ils se firent la courte-échelle, et l'un d'eux put ainsi atteindre la fenêtre du premier.

Un horrible spectacle apparut à l'enfant. Couchées dans le lit, il aperçut les deux fillettes ne donnant plus signe de vie. Une large mare de sang inondait les draps.Les deux gamins s'empressèrent de prévenir la police. Bientôt le parquet était sur les lieux et pénétrait dans l'arrière-boutique par une fenêtre que l'on enfonça. Une vision horrifiante s'offrit aux regards des magistrats.

Dans une pièce du premier étage, ils découvrirent en effet deux fillettes. L'une d'elles, la plus jeune, avait la gorge nettement tranchée avec un rasoir ; l'autre avait la tempe trouée par une balle. Celle-ci respirait encore faiblement ; on se hâta donc de la transporter à l'hôpital de la Conception.

Dans la chambre voisine gisait la mère du marchand de vin, atteinte à la tête de deux ou trois projectiles. Au deuxième étage, près des escaliers, les magistrats trouvèrent les cadavres de Bouvier et de sa femme, également tués à coups de revolver ; puis, sur un lit voisin, les deux garçonnets, la gorge nettement ouverte par un rasoir. La découverte d'un revolver vide, à côté du corps du marchand de vin, éclaira la justice.

Bouvier était l'assassin. Il avait fait six victimes: sa femme, âgée de trente-quatre ans ; ses enfants, Antonin-Louis, six ans ; Marthe-Léonie, quatre ans ; Louis-Eugène, deux ans ; sa mère, soixante-douze ans, et Désirée-Louise, huit ans, qui se meurt à l'hôpital. L'abominable scène fut alors reconstituée de la façon suivante: Bouvier dut avoir hier soir une violente discussion d'intérêt avec sa mère, qu'il surprit alors qu'elle se mettait au lit, au premier étage. Il l'étendit à ses pieds ; puis affolé par ce premier crime, il sortit, blessa mortellement l'aînée de ses filles d'un coup de revolver, égorgea avec un rasoir sa petite sœur, couchée à côté d'elle : enfin, poursuivant son œuvre de mort, il gagna le second étage, et là égorgea les deux garçonnets.

C'est à ce moment que de la cuisine, au rez-de-chaussée, la mère entendit le bruit et se précipita, pressentant l'épouvantable drame, pour sauver ses enfants. Quand elle parvint au second étage, son mari, qui l'attendait, la tua à bout portant, puis se fit justice. Cet après-midi, les six cadavres ont été enlevés et transportés au dépositoire. Ce crime, unique dans les annales judiciaires de notre ville, a soulevé dans tout Marseille une émotion considérable.

Le Matin - 12 décembre 1909


EN BREF

Un train déraille en garde de Saint Pol – quatre morts et six blessés - Le train-tramway n° 1811 qui fait le service entre Bully-Grenay et Frévent a déraillé en entrant en gare de Saint-Pol. La machine a fait un tour complet et s'est renversée sur elle-même, entraînant avec elle le tender. Le mécanicien Mesnet, du dépôt de Saint-Pol, et le chauffeur Louchet ont été tués sur le coup, ainsi que deux mineurs de Frévent. Cinq voyageurs ont été blessée .grièvement. Par le plus grand des hasards, le conducteur du train, nommé Lanoix, qui se tenait dans le fourgon de tête, a été projeté sur le ballast et ne s'est fait qu'une légère contusion au côté. Le foyer de la locomotive a ensuite mis le feu au train, mais les secours envoyés aussitôt ont pu enrayer l'incendie. Seuls les trois wagons de tête et le fourgon ont été détruits. On a transporté les cinq blessés, dont l'état est très grave, à l'hôpital de Saint-Pol. Le Petit Journal – 12 décembre 1909

28 rounds pour un nul ! - Sam Mac Vea et Joe Jeannette ont fait match nul dans leur rencontre d'hier soir, au Cirque de Paris. C'est, du moins, ce résultat qu'a proclamé l'arbitre, mais ce ne semblait pas être l'avis du public, nombreux, qui a accueilli par des manifestations tumultueuses la proclamation de cette décision. Le match comportait trente rounds ; au vingt-sixième, Sam Mac Vea donnait des signes de faiblesse et ne portait plus aucun coup sérieux. Au vingt-neuvième et au trentième, round, il se cramponnait à son adversaire, dans l'espoir de ralentir le combat, mené trop sévèrement pour lui. Les protestations, cris et sifflets qui ont accueilli la décision de l'arbitre, se sont prolongés plusieurs minutes encore après la proclamation du résultat, mais aucun incident grave ne s'est produit. Le Petit Journal – 12 décembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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