CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

19 déc. 09

Les actualités du 19 décembre 1909

medecin

Paierons-nous plus cher le médecin?

Il y a environ dix-huit mois, le congrès des praticiens réuni à Lille, avait décidé d'augmenter le prix de la visite et de la consultation. Il avait été entendu que le nouveau tarif n'entrerait en vigueur qu'en octobre 1909. Cette double décision fut portée à la connaissance du public ; la presse en parla et... il n'y eut rien de changé...

Or, hier matin, les journaux ont reçu un avis annonçant que le nouveau tarif sera appliqué à partir du 1er janvier 1910. Le prix de la visite et de la consultation simples sera augmenté d'un tiers au moins, et, en outre, les visites du soir, entre sept heures et dix heures, ainsi que les visites d'urgence et les visites des dimanches et fêtes seront comptées doubles. Cette nouvelle circulaire aura-t-elle plus de chance de réussir que l'ancienne? Dans les milieux médicaux on en doute, et voici les raisons qu'on invoque en faveur de ce scepticisme :

Il est tout d'abord certain que les "grands" médecins, ceux qui font payer leur visite ou leur consultation 50 francs et davantage, n'augmenteront pas leur prix. II en sera de même de cette autre catégorie de médecins qui ont une clientèle habituée à payer 20 francs la visite et 10 francs la consultation.

Restent les médecins de quartiers, dont la visite est payée 3 ou 5 francs, suivant la condition matérielle des clients. Or, c'est précisément dans cette clientèle que le nouveau tarif ne sera pas accepté sans protestation. Et comme dans cette clientèle on n'a généralement pas de médecin attitré, on ira chercher un autre médecin, un débutant le plus souvent, qui restera fidèle à l'ancien tarif.

Voilà ce qu'on dit dans les milieux médicaux, et cette façon de penser est partagée par un très grand nombre de journaux de médecine. Les médecins honnêtes, qui font vaillamment leur devoir, disait récemment un de ces journaux, ne feront pas forcément fortune. Mais ils gagneront toujours de quoi vivre, et largement. On ne saurait mieux dire, car un métier ne vaut que par celui qui l'exerce. C'est une règle que les médecins qui ne réussissent pas devraient toujours avoir présente à l'esprit.

Le Petit Parisien - 19 décembre 1909


EN BREF

Une tombe vide - La petite localité de Vergèze, dans le Gard, est actuellement intriguée par une affaire des plus étranges. Il y a quelques jours, mardi dernier exactement, on conduisait au cimetière le corps d'une dame Laurent, qui venait de mourir l'avant-veille. L'inhumation devait avoir lieu dans le même carré de terre où avait été faite auparavant celle d'une fille de la défunte, décédée en octobre 1903. Quelle ne fut pas la stupéfaction des fossoyeurs lorsqu'ils remarquèrent que le précédent cercueil, à côté duquel ils devaient placer le nouveau, était retourné sens dessus dessous. Intrigués, ils dégagèrent complètement et s'aperçurent alors qu'il était absolument vide. Ils se demandèrent si cette personne n'avait pas été, par inadvertance, enterrée vivante et n'avait pas réussi à se dégager. Ils recherchèrent autour du cercueil et ne trouvèrent aucune trace d'ossements ni d'effets. Ces constatations, sitôt qu'elles ont été connues dans le public, ont provoqué une vive émotion. On se demande s'il y a eu inhumation réelle du corps de la jeune fille ou s'il y a eu simplement des obsèques simulées comme la chose s'est produite quelquefois. Les quelques personnes qui se souviennent du temps ou mourut la jeune fille, il y a quinze ans, croient se rappeler qu'au moment où son décès fut annoncé, la demoiselle Laurent avait été victime de plusieurs accidents léthargiques. Le parquet va probablement ouvrir une enquête. Le Matin – 19 décembre 1909

Un lavoir qui s'effondre - Marseille, 18 décembre — A la suite des tremblements de terre oui ont désolé la Provence au mois de juin, le lavoir communal de Salon. situé sur la route d'Avignon, avait été fortement ébranlé. Il s'est effondré cet après-midi, ensevelissant trois femmes qui lavaient du linge : Mmes veuves Faure, Armand et Raybaud. Les sapeurs-pompiers accourus ont procédé avec la plus grande rapidité possible au déblaiement et ont pu retirer vivantes, quoique sérieusement blessées. Mmes Armand et Raybaud. Quant à Mme Faure elle avait été écrasée. La mort a dû être instantanée. Cet accident a causé à Salon une grande émotion. Le Matin – 19 décembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]