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20 déc. 09

Les actualités du 20 décembre 1909

porte ecole normale bourges

Attentat contre les élèves de l'école normale de Bourges

L'Education mutuelle, université populaire de Bourges, avait organisé, samedi soir, une conférence sur la neutralité scolaire faite par M. Cornuel, professeur a l'école J.-B. Say, à Paris, conférence à laquelle assistaient les élèves de l'école normale d'instituteurs de Bourges. Tout le monde fut d'accord pour reconnaître que le conférencier avait traité le sujet avec beaucoup de tact, de courtoisie.

Bien que la conférence n'eut aucun caractère contradictoire, un assistant, membre d'une association de jeunesse catholique, demanda à présenter quelques observations. Mais parce qu'il se livrait à des digressions violentes, de nombreuses protestations s'élevèrent et le président déclara la séance levée. Il était onze heures et demie du soir.

Peu après se produisait un incident, qui ne semble avoir aucun rapport avec la conférence, mais qui n'a pas moins une signification spéciale. Tandis que les élèves regagnaient leur école, cinq d'entre eux se trouvaient un peu en avant, lorsqu'au coin de la rue Carolus, un individu qui les suivait, depuis une centaine de mètres tira tout à coup sur eux un coup de revolver blessant les jeunes Giraux et Genevois, âgés de dix-sept ans.

Le premier moment de confusion passé, on s'aperçut que l'auteur de l'attentat avait pris la fuite laissant tomber à terre un pistolet d'arçon qui avait été bourré au moyen de projectiles semblables à la mitraille dont on charge certains obus. L'élève Genevois avait reçu plusieurs de ces projectiles à l'épaule gauche ; il avait une plaie en séton au bras gauche ainsi que le lobe de l'oreille droite traversé; l'élève Giraux était légèrement blessé au cou.

On se perd en conjectures sur le mobile de cet attentat, dont l'auteur est toujours inconnu ; mais tout porte à croire qu'il y a eu préméditation de sa part, car une des victimes, l'élève Giraux, avait reçu huit jours auparavant une lettre portant la suscription "personnelle". lettre ouverte en présence de son directeur, et dont l'enveloppe contenait une carte sur laquelle était dessiné un homme, porteur d'un capuchon, tenant à la main un revolver fumant, regardant gisant à ses pieds un élève revêtu de l'uniforme des écoles normales d'instituteurs. La carte portait ces mots : " Tandem bona causa triumphat !..."

Le jeune Giraux avait autrefois fait partie des patronages catholiques de Bourges. D'après certaines dépositions des voisins du lieu de l'attentat, on aurait entendu, peu de temps après le coup de pistolet, quelques jeunes gens applaudir et crier Bravo ! Le parquet a ouvert une enquête, et le préfet du Cher, M. du Chaylard, s'est rendu auprès des blessés, dont l'état est aussi satisfaisant que possible. L'élève Giraux a même pu sortir dans la soirée de dimanche.

Le temps – 21 décembre 1909


EN BREF

Le fête de la coiffure - La grande fête annuelle de l'Académie-Ecole française de modes et de coiffures de dames a eu lieu, hier soir, à l'hôtel Continental, au milieu d'une affluence considérable. Le ministre du Commerce s'y était fait représenter par M. Robert, directeur de son cabinet. Parmi les assistants on remarquait: MM. Chabanne, président d'honneur; Petit, président de l'Académie-Ecole ; Jules Guignardat, président de la chambre syndicale patronale. Des discours furent prononcés par MM. Petit, Guignardat et Robert, puis l'on procéda à la distribution des récompenses aux lauréats du concours de cette année. Le prix d'honneur, une médaille offerte par le ministre du Commerce, fut attribué à M. Cochin ; le premier prix à M. Dupin ; le deuxième à M. Clément Tits ; le troisième à M. Layotte, et le quatrième à M. Schutterlé. Un bal fort animé termina la soirée. Le Petit Parisien – 20 décembre 1909

Un fiacre défoncé par un bœuf - Un convoi de bœufs, qu'on conduisait au marché de la Villette, défilait, la nuit dernière, a une heure, rue d'Allemagne. Un fiacre vint à passer qui frôla l'un des animaux. Celui-ci, rendu furieux, se jeta tête baissée sur le véhicule, défonça un des panneaux et blessa grièvement aux mains M. Octave petit, vingt-cinq ans, voyageur de commerce, qui se trouvait dans la voiture. Le Petit Parisien – 20 décembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]