CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

21 déc. 09

Les actualités du 21 décembre 1909

London firemen

uk Terrible incendie à Londres

Londres, 20 décembre— Dans le quartier populaire de Clapham, déjà tout enguirlandé et décoré dans l'attente des fêtes de Noël, un terrible incendie vient de jeter la consternation et le deuil. A la fin de cet après-midi, dans les grands magasins de MM. Arding and Hobbs, un court-circuit a communiqué le feu à l'un des étages supérieurs de l'établissement.

Il n'y eut que peu de panique au début, grâce au sang-froid des différents chefs de rayon. La plupart des clients, dont le nombre était de près d'un millier à ce moment le plus affairé de la journée, purent s'échapper sans trop de bousculade par les nombreuses entrées. Malheureusement l'immense édifice, qui occupe une superficie de près de deux hectares, flambait comme une botte de paille, et l'on concevait soudain les plus grandes appréhensions, pour le sort des employés de l'établissement qui, occupés dans une coupole surmontant l'édifice, avaient leur retraite coupée par une nappe de flammes.

Totalement encerclés par le feu, les malheureux couraient, affolés, d'une fenêtre à l'autre, déjà presque asphyxiés. La foule impuissante considérait, angoissée, ce spectacle poignant. Allaient-ils être brûlés vifs sous les yeux de tant de spectateurs, avant que les secours pussent être organisés ? L'incendie accomplissait son œuvre si rapidement que bientôt il ne resta aucun doute sur le sort qui leur était réservé, sort d'autant, plus teerrible que les victimes ainsi jetées en proie à l'incendie étaient pour la plupart de jeunes femmes.

Soudain, poussant des cris d'effroi, elles se jetèrent les unes après les autres de la hauteur du quatrième étage sur le pavé de la rue. Quatre se tuèrent sur le coup. Trois autres eurent la colonne vertébrale, cassée, et furent transportées immédiatement à l'hôpital. La foule n'avait pas eu le temps de se remettre de l'impression épouvantable qu'elle avait ressentie en voyant ces corps se briser sur le sol que déjà l'énorme construction s'écroulait avec un bruit épouvantable. A ce moment, M. John Burns, le président du Local Government Board, qui habite près du lieu du désastre, faillit lui-même périr victime de son dévouement. Avant l'arrivée des pompiers il avait en effet, organisé des secours provisoires et n'écoutant que; son courage, ayant jeté sur sa tête et ses épaules un sac de postier, il se précipitait a travers les flammes pour porter secours aux victimes, lorsqu'un pan de mur s'écroula devant lui.

Une anxiété, énorme continuait à régner tandis que des monceaux de débris les flammes s'élevaient à une hauteur fantastique. Le bruit s'était en effet répandu que dans l'incandescence de ce brasier de nombreux clients étaient malgré tout demeurés. Des parents, des amis couraient de tous cotés s'informant des êtres chers qu'ils croyaient disparus à jamais. En réalité il est impossible jusqu'à présent de connaître toute l'étendue du désastre. Il est à souhaiter qu'elle ait été exagérée par quelques journaux du soir, qui prétendent que soixante à quatre-vingts victimes gisent carbonisées sous les poutres fumantes. On dit, mais ce n'est point confirmé, que parmi les clients qui ont dû se trouver à cette heure fatale dans les magasins de MM. Arding and Hobs beaucoup n'ont pas encore répondu aux recherches.

A l'heure où je vous écris ces lignes, je reviens, spectateur ému, du lieu du sinistre. Au bruit claquant des flammes, a succédé l'épaisse et acre odeur de la fumée qui s'élève en épais tourbillons, brisés ici et là par la dernière énergie du feu. Un silence de mort règne, mais des craquements sinistres se font encore entendre parfois. Un amas de débris qui s'élève à quelques mètres de hauteur est tout ce qui reste des quatre étages et de la coupole de l'édifice. Parmi les quatre cents employés il n'y a probablement à déplorer que la perte de sept d'entre eux, mais l'inconnu plane encore sur le sort de beaucoup. On ne sera guère fixé que demain. Les travaux des pompiers sont d'ailleurs rendus des plus difficiles parle fait que les conduites de gaz ont fondu sous l'action de la chaleur et projètent dans certaines directions des flammes sans cesses alimentées.

Le Matin - 21 décembre 1909


EN BREF

Un tigre sème la panique dans la région de Gien – Gein, 20 Décembre - Une nouvelle extraordinaire a circulé dans notre région : un tigre avait été vu entre Dampierre et Nevoy. Un habitant de cette dernière commune, en effet, M. Théophile Beaulandre, se rendant au bois de Fontenelle pour faucher la bruyère, se trouva soudain en face du fauve, qui fit entendre de terribles rugissements ; épouvanté, il avertit un châtelain voisin qui prévint aussitôt la gendarmerie de Gien et de Dampierre. Plus de 50 personnes se trouvèrent bientôt réunies, armées de fusils et de fourches et se rendirent à l'endroit indiqué, mais l'animal avait disparu. On était déjà tenté de croire à une hallucination ou à une farce, quand la nouvelle parvint que le fauve avait été aperçu de nouveau hier, dans la forêt. La terreur règne sur la contrée, les habitants n'osent plus aller au bois ni envoyer leurs enfants à l'école. L'administration va faire exécuter une grande battue en foret pour tacher de débarrasser le pays de ce dangereux hôte. On croit que ce tigre se serait échappé d'une ménagerie, dont les propriétaires, pour ne pas encourir- les responsabilités de ses méfaits, auraient caché sa fuite. Le Petit Journal -21 décembre 1909

Un chien et deux chats dévorent la tête de leur maître - Un briquetier de cinquante-sept ans, M. Daniel Gransart, habitant une cabane sur la zone militaire, 6, sentier des Poiriers, souffrait d'un asthme. Il y a trois jours, plus malade que de coutume, il demeura couché. Hier matin, son gendre, industriel forain, vint le visiter. Il frappa à la porte, personne ne répondit. Pénétrant alors, il trouva son beau-père gisant au milieu d'une mare de sang, la tête absolument rongée jusqu'aux os. Un chien et deux chats dormaient tranquillement dans un coin. M. Niclausse, commissaire de police, arriva, accompagné de M. Barnabé, son secrétaire. Rien n'avait été dérobé dans la modeste demeure où tout était en ordre. Le magistrat se rendit bien vite compte de ce qui s'était passé. Pris d'un violent accès d'asthme, M Gransart, en toussant, s'était rompu un vaisseau, et bientôt, était mort, s'affaissant devant son lit. Son chien et ses chats affamés avaient dévoré la tête de leur maître ! - Le Petit Parisien -21 décembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]