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Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

27 déc. 09

Les actualités du 27 décembre 1909

marchande de soupe

Les noces d'argent de la bouchée de pain

Tous les Parisiens ont vu sur divers points des boulevards extérieurs, de la rive droite ou de la rive gauche, ces longues files de miséreux, de loqueteux, hommes, femmes et enfants, a qui l'on servait, sous un abri provisoire, une soupe bien chaude, et abondante à souhait, qu'ils doivent consommer sur place. Ces gens de tous les âges sont des victimes de la misère, réduits à solliciter une "bouchée de pain", avant même de poursuivre la recherche d'un travail quelconque et parfois môme d'un gîte. C'est l'œuvre de la "Bouchée de pain", qui offre à ces malheureux le réconfort passager le plus immédiat et aussi le plus indispensable.

Il y a vingt-cinq ans que l'œuvre de la "Bouchée de pain" fut fondée à Paris — où elle possède aujourd'hui six réfectoires — par un simple et modeste philanthrope, M. Dourrieff. Après lui, elle fut présidée par M. Ritt, directeur de l'Opéra, et c'est à présent M. Marguery qui l'administre et la fait prospérer.  Comme on fêtait hier, dans la grande salle de la Sorbonne, les Noces d'argent de la "Bouchée de pain", les adhérents de l'œuvre et leurs invités eurent la bonne fortune d'entendre une délicieuse plaidoirie de Maître Henri Robert :

— Ma cliente, a déclaré l'éminent avocat, est une grande dame chère a tous les Parisiens. Elle a nom : Charité. Commencée ainsi, la conférence de Maître Henri Robert fut des plus captivantes. En voici la conclusion : La "Bouchée de pain" n'est pas seulement une œuvre de bienfaisance, mais aussi de préservation sociale. La faim fait crier la bête au cœur de l'homme. Le malheureux qui souffre de la faim peut devenir un criminel pour manger d'abord, pour aller ensuite dans les prisons, où du moins il sera nourri et chauffé. Nous vivons à. une époque où les riches doivent se faire pardonner leur richesse. La fortune ne doit pas être seulement mise a la disposition des heureux du monde pour satisfaire leurs goûts, mais surtout pour soulager les déshérités de la vie.

M. Fallieres, qui présidait cette fête, a prononcé une allocution pour célébrer "la sagesse et le dévouement inlassable" des administrateurs de la "Bouchée de pain". Un concert suivit ces deux discours, et la fête prit fin a cinq heures du soir. Le départ de M. Fallieres, que protégeaient des forces considérables de police, n'a donné lieu à aucun incident.

Le Gaulois – 27 décembre 1909


EN BREF

us-1908 Nuage Rouge, le fameux chef sioux, vient de mourir à 86 ans - New-York, 26 Décembre - Red Cloud, autrement dit le Nuage-Rouge, chef des Sioux, vient de mourir à l'âge de 86 ans, dans la réserve de Pine-Ridge. Dès 1865, Nuage-Rouge se signala en attaquant: les postes militaires, les trains des immigrants et en tuant le bétail destiné au ravitaillement des soldats. En 1866, Grandes-Cotes ayant été considéré comme trop vieux pour continuer à être le chef Suprême des Sioux, Nuage-Rouge se fit nommer à sa place. A la même époque, il s'opposa par la force à la construction de la ligne du chemin de fer du Pacifique qui traverse maintenant les terrains de chasse occupés par les Peaux-Rouges à cette époque. A la tête de 5.000 Sioux, il fit une guerre acharnée aux soldats après avoir déclaré : "Vous prendrez peut-être mon pays, mais chaque mille de votre route depuis North-Platte jusqu'au Yellowstone sera marqué par le corps de vos soldats." En 1867, Nuage-Rouge fut complètement battu dans un combat avec le 18e d'infanterie. Il continua une guerre de guérillas encore pendant deux ans, mais ses compagnons n'avaient plus confiance en lui et, en 1869, il fut capturé et conduit dans la réserve de Pine-Ridge où il vient de mourir. Nuage-Rouge est le dernier des grands chefs indiens. Il cet mort comme il a toujours vécu, sans pouvoir être civilisé. Le Petit Journal – 27 décembre 1909

Espagne Pluies torrentielles en Espagne - Madrid, 26 Décembre - Les dépêches officielles du Nord-Ouest de l'Espagne annoncent que les pluies torrentielles et les inondations continuent, avec néanmoins une légère tendance à l'amélioration. Dans la province de Léon, plusieurs ponts ont été détruits, des maisons se sont écroulées, des villages sont isolés par les eaux. On signale un noyé et plusieurs blessés. A la liste des villes et villages inondés, il faut ajouter notamment Beravente, dans la province de Zamora, où les rivières Esma et Orbigo, ont débordé à plus de cinq mètres de hauteur détruisant plusieurs hameaux, dont, les habitants se trouvent sans abri et dénués de tout. Dans un champ, les eaux ont emporté un grand nombre de bestiaux. De nombreux bergers surpris par l'inondation se sont réfugiés sur des arbres où ils sont restés trois jours sans manger, sous une pluie torrentielle. On craint pour la raison, de beaucoup d'entre eux. Quatre paysans ont péri, entraînés par le courant. On signale aux environs de nombreux disparus. Les régions de la Corogne et de Santander sont également très éprouvées. La violente tempête qui a sévi ces jours derniers sur tout .le littoral semble se calmer. Depuis quatre jours, les communications télégraphiques avec le Portugal sont interrompues. Le Petit Journal – 27 décembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]