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29 déc. 09

Les actualités du 29 décembre 1909

theatre

Théâtre de l'Oeuvre: Nonotte et Patouillot, fantaisie en trois actes en vers de M. Albert du Bois

L'auteur, tenez-en compte, ne nous a point promis une pièce, mais une fantaisie; son œuvre nouvelle n'est point, en effet, du théâtre, mais elle est fort digne des précédents ouvrages dont il a enrichi le répertoire. Ne vous en rapportez pas trop non plus au titre ; nous n'avons vu ni le fameux Jésuite bisontin Nonnotte, polémiste ardent qui osa publier les erreurs de Voltaire, ni son compère dijonnais, l'autre Jésuite Patouillet, éreinteur encore plus aigu, qui écrivit beaucoup sous le nom des autres. Voltaire eut cette chance insigne de rencontrer des adversaires dont le nom prêtait si largement au ridicule et ne se fit pas faute d'en profiter.

Le Nonotte de M. du Bois — il a perdu un n en venant jusqu'à nous — est un Jésuite quelconque ; Patouillet un butor affilié seulement à l'ordre ; ils n'ont rien de commun avec les deux écrivains immortalisés par le seigneur de Ferney. Nonotte convoite pour les Jésuites la fortune de la mignonne Vivette ; il la veut faire épouser par une manière de goujat nauséabond qui avoue n'avoir point changé de linge depuis deux ans, le sieur Patouillet.

On organise un concours de poésie dont Vivette est le prix ; tout est disposé pour que la palme revienne à Patouillet, mais quelqu'un trouble la fête, c'est le comédien Préville. A Vivette, ignorante de tout, il enseigne l'amour et les conditions du mariage ; aux pleutres chargés de juger le concours, il lit des vers Je Voltaire ; à Vivette, enfin, dans un couplet d'une rare éloquence, il apprend combien haute et noble est la mission d'interpréter la pensée d'autrui. Et Vivette deviendra Mme Préville, avec l'appui de sa tante Ursulande, aimable toquée qui espère voir jouer par Préville à la Comédie-Française une tragédie après laquelle elle s'acharne depuis dix ans.

Sur ce sujet, non compliqué, M. Albert du Bois a écrit des vers charmants, très souvent d'une belle envolée, à commencer par l'exquise strophe du jardinier Pacôme à ses fleurs et en finissant par l'apologie du comédien. M. Lugné-Poé, le dévoué propagateur d'art, a très bien monté cette fantaisie. Il est lui-même étonnant de bouffonnerie dans le crasseux Patouillet. Mlle Renée Ludger est une Vivette naïve, fraîche, véritablement jeune ; M. G. Saillard, un Préville très adroit, dit le vers avec une louable netteté et un sentiment pur de la vérité. Il faut louer encore MM. Savoy, le jésuite Nonotte, et Jacques Blanchard, le jardinier Pacôme, puis Mmes Favrel, Jeanne Guéret ; MM. Tramont, Baissac, Louis Martin, Finaly, etc...

Le Petit Journal – 29 décembre 1909


EN BREF

Une jeune bergère violée et tuée à coups de couteau – Saint-Nazaire, 28 décembre – Un crime odieux a été commis dans la commune du Pouliguen. Une jeune bergère, âgée d'environ seize ans, Henriette Foucher, a été assassinée. Son cadavre a été découvert à Ponchâteau, dans une cabane servant a remiser les outils agricoles. La malheureuse a été frappée de sept coups de couteau : cinq a la poitrine, deux a la tête ; elle a été, en outre, violentée. Dans la journée, la police arrêtait à Nantes, à la gare d'Orléans, un individu dont le signalement correspondait a celui de l'assassin. C'était un nommé Robert-François Marie, âgé de trente ans, demeurant à la Baule, commune voisine du Pouliguen. L'homme nia le crime et a donné ainsi l'emploi de sa journée d'hier. Il s'est levé à sept heures, est allé au village de Ravenais chercher des outils, s'est rendu à Donges à pied, a quitte cette localité pour Saint-Nazaire où il est arrive à une heure, a visité quatre ateliers de charpente pour avoir du travail, s'est rendu à Pornichet où il est arrivé a quatre heures, a mangé chez son cousin et s'est rendu à la Baule qu'il n'a quitté que pour prendre le train sans billet, à 5 heures 40 pour Nantes. Il est descendu à contre-voie a Chantenay puis, après avoir erré sur les quais, il est allé échouer à la gare d'Orléans où il fut arrêté. Robert a été transféré à Saint-Nazaire. Le Petit Parisien – 29 décembre 1909

Broyé sur la voie - Dourdan, 28 décembre - Le corps d'un malheureux, dont l'identité n'a pu être établie, a été découvert ce matin sur la voie ferrée, entre Dourdan et Roinville. Le défunt avait la tête complètement détachée du tronc. Il a dû être tué par le train de deux heures du matin. Voici son signalement : sourcils et cheveux châtain clair, moustaches rousses ; vêtu d'une chemise de flanelle à raies blanches, bleues et grises, d'un tricot gris, d'un gilet à raies noires et blanches, d'un veston croisé noir, d'un pantalon blanc en très mauvais état, recouvert d'un autre noir. Dans les vêtements on a trouvé un porte-monnaie renfermant 3 francs, des clefs de montre à cinq branches, deux couteaux et des ciseaux. L'identité n'a pu être établie, pas plus que les circonstances de la mort. Le Petit Parisien – 29 décembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]