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09 janv. 10

Les actualités du 9 janvier 1910

travaux metro

Le Métro sous la Seine est inauguré

Pour la première fois hier, depuis que le Métropolitain existe, une ligne, ou plutôt une partie de ligne, a été inaugurée avant d'être livrée à l'exploitation. Il y avait en effet plus d'un an que la ligne numéro 3 (Villiers-place Gambettta) fonctionnait lorsque fut organisée, sous la présidence du ministre des travaux publics, une cérémonie d'inauguration. Mais hier il s'agissait du premier passage du Métropolitain sans la Seine, c'est-à-dire du travail le plus colossal auquel ait donné lieu la construction du réseau voté par le conseil municipal, et celui-ci avait tenu a le consacrer solennellement.

A la station de l'Odéon, un train tout enguirlandé de feuillages et brillamment illuminé emportait vers le Chatelet une nombreuse assistance : conseillers municipaux, représentants de la préfecture de la Seine et de la préfecture de police, inspecteurs, généraux et ingénieurs, entrepreneurs, représentants de la compagnie, auxquels s'étaient joints d'éminents magistrats comme MM. Baudouin, avocat général à la Cour de cassation, et Ditte, président du tribunal civil — car la ligne numéro 4 s'appelle déjà le "Métro du Palais". Mais presque plus rien ne se voit maintenant du prodigieux effort de quatre années dont les immenses caissons de la place Saint-Michel restèrent pendant trop longtemps l'éloquent témoignage.

Qu'importe d'ailleurs aujourd'hui ? On est tout à là joie, tout à l'éloge, et à la station de la Cité, encore inachevée, sous la voûte resplendissante de festons lumineux, M. Ernest Caron, président du conseil municipal ; les secrétaires généraux des deux préfectures, M. Renard, président du conseil d'administration de la compagnie, rendirent un éloquent hommage à tous les artisans de l'œuvre accomplie, depuis M. bienvenue, dont le nom fut acclamé, jusqu'aux ouvriers, dont quelques-uns, juchés sur un échafaudage, applaudirent.

Enfin M. Laurent, secrétaire général de la préfecture de police, annonça que la ligne serait entièrement livrée a la circulation aujourd'hui à midi. Mais ainsi que nous le disions hier, les trains devront "brûler" pendant quelques semaines les stations de la Cité, de la place Saint-Michel et de la place Montparnasse. La longueur totale de la ligne numéro 4, de la porte Clignancourt à la porte d'Orléans, est de onze kilomètres et demi. Le trajet s'effectuera en trente-cinq minutes.

Le Matin - 9 janvier 1910


EN BREF

Espagne Villages espagnols attaqués par des loups - Madrid, 8 Janvier - Aux grandes inondations du Nord-Ouest vient de succéder un froid si intense que toute la région a pris d'aspect d'un pays arctique. Dans les Asturies, des bandes de loups affamés ont attaqué des villages, ces jours-ci. Les fauves ont égorgé plusieurs campagnards et ont enlevé des bestiaux. Les habitants demandent qu'on leur envoie des troupes pour protéger leurs habitations contre les attaques des loups. Le Petit Journal – 9 janvier 1910

Scène de carnage - Un individu se promenait hier-soir à huit heures dans le quartier Saint-Merry, brandissant un poignard et criant : Il faut que je "dégringole" deux flics ! Avertis, les gardiens de la paix Lucien Fournès et Célestin Deray, de service en bourgeois, se mirent à sa recherche. Ils l'aperçurent au moment où il sortait d'un bar, 12, rue Aubry-le-Boucher. Ils s'avancèrent vers lui et voulurent le saisir par les bras. Mais ils se piquèrent épouvantablement. L'homme avait en guise de bracelets des colliers de chiens garnis de pointes acérées. Il profila de cette minute d'hésitation pour les frapper de son poignard. Il y eut une lutte qui se prolongea jusqu'en face du numéro 5. Perdant le sang par plusieurs blessures, les agents allaient succomber, quand d'autres gardiens en uniforme accoururent; sortant alors de sa poche un revolver, l'énergumène fit feu dans le tas, tant qu'il eut des cartouches dans son arme et blessa les agents Vandon et Boulot. Cependant la foule s'était amassée. Un soldat porta au furieux un coup de sabre en pleine poitrine. On put alors s'en emparer, Il fut conduit à l'Hôtel-Dieu. Il a refusé toute explication, toute réponse. On a trouvé sur lui un certificat en lambeaux, au nom de Jean Leabœuf. On croit qu'il a dû sortir le matin même de la prison de Fresnes. L'état des agents blessés est grave : Deray a reçu six coups de poignard à la poitrine et deux balles dans le ventre. Fournès a deux coups de poignard dans le ventre. Vandon a un coup de poignard. Boulot, le moins gravement atteint, a été touché à la poitrine par une balle qui n'a pas pénétré. Tous quatre sont à l'Hôtel-Dieu. Prévenu par M. Picot, commissaire de police de Saint- Merry, M. le prefet de police s'est rendu à l'Hôtel-Dieu avec MM. Touny, directeur de la police municipale, et Chevreul, officier de paix, et a remis à Deray une médaille d'or. Les trois autres recevront aussi des récompenses honorifiques. Le docteur Pinart, qui soigne les blessés, a peu d'espoir de sauver Deray. Le Figaro – 9 janvier 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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