CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

10 janv. 10

Les actualités du 10 janvier 1910

paris dans les tenebres

Un court circuit plonge les Batignolles dans les ténèbres

A l'heure crépusculaire, hier, alors que dans les concerts du quartier des Batignolles se pressait un nombreux public, et que dans les cafés les habitués se disposaient à faire leur partie coutumière, soudain l'électricité s'éteignait, et ce fut l'obscurité...Vite on courut au téléphone, et après être entré en communication avec l'usine de distribution on apprit qu'il s'agissait d'un accident survenu dans un des branchements du secteur de Clichy.

Des que nous avons eu connaissance de cet incident nous nous sommes transporté au secteur électrique de Clichy, rue des Dames. II ne s'agit ni de grève, ni de sabotage, nous affirme un des directeurs ; nos ouvriers font leur devoir et sont tous à leur poste, à l'heure actuelle, mais d'un simple accident. Par suite, croyons-nous, des travaux de voirie, un réseau de fils, intéressant les quartiers des Batignolles, des Epinettes et des Grandes-Carrières, a été endommagé. Rue de Rome, un court-circuit s'est produit, et nous avons dû couper le courant De là la perturbation qui existe actuellement. Elle est déplorable, évidemment, mais la prudence nous commandait cette mesure. D'ici quelques heures, nos ouvriers auront remis les choses en état...

Toutes les mesures ont été prises pour que les autres abonnés du secteur n'en souffrent pas. Nous espérons néanmoins que la lumière sera rendue, aux habitants des quartiers intéressés, vers deux heures du matin...Les endroits plus spécialement lésés par ce manque de lumière, sont l'avenue de Saint-Ouen, une partie de l'avenue de Clichy, depuis la Fourche jusqu'à la place Moncey, le boulevard des Batignolles, la rue de Rome, et toutes les rues transversales.

Les lampadaires éclairant ces voies sont éteints et les réverbères à gaz, n'ayant pu être allumés, seules les lumières des cafés et des magasins faisant encore usage du gaz éclairent la rue. A certains points, des agents, porteurs de torches, font les cent pas... Les concerts n'ont pas rouvert; les grands cafés font usage de chandelle. Mais la foule des consommateurs s'amuse, et si les patrons paraissent mécontents, la recette ne semble pas devoir être moindre que d'ordinaire. On rit, on s'amuse, et l'on boit tout autant

Le Petit Parisien – 10 janvier 1910


EN BREF

La bouteille mystérieuse Un jeune étudiant, en villégiature à Versailles, canotant sur le grand canal, a trouvé une bouteille dans laquelle se trouvait ce billet : Si vous trouvez mon pauvre corps dans cette eau autocrate (sic), veuillez le rendre à ma tante maudite. De Laplanèze, 12, rue Montrozier, Neuilly-sur-Seine. M. Debauchey, commissaire de police, a fait aussitôt opérer des recherches, mais jusqu'ici elles sont demeurées infructueuses. Journal des débats politiques et littéraires – 10 janvier 1910

Scène odieuse près d'Étampes — Une équipe d'ouvriers de la batterie de M. Bacquet, qui battait à Valpuiseux, près d'Étampes, avait cessé le travail, la machine ayant besoin de réparation. Ils burent plus que de raison et se mirent à courir les rues de Valpuiseux en chantant. Une femme, étrangère au pays, leur proposa des lacets. Les gars de batterie l'emmenèrent avec eux et la firent boire. Comme elle était ivre, ils la jetèrent sur de la paille, et alors se passa une scène de sauvagerie inouïe. L'un des gars, Fernand Nedellec, lui sauta sur le ventre à pieds joints et se livra à ce jeu une dizaine de fois. Puis, avec ses camarades, il couvrit la moribonde de liens de paille à laquelle il mit le feu. Ensuite, toute la bande s'enfuit. Lorsque la malheureuse fut trouvée par des passants, elle était déjà carbonisée. Le parquet se rendit sur les lieux et ouvrit une enquête. L'autopsie a révélé que la mort avait précédé la carbonisation. La victime était une femme Branchard, âgée de vingt et un ans, originaire de Troyes. Le juge d'instruction a procédé à trois arrestations, celles de : Fernand Nedellec, vingt ans; Louis Bocher, vingt et un ans; Deguirion, trente et un ans. Tous trois nient être les auteurs de ces scènes de sauvagerie, mais en face des témoignages formels leur arrestation a été maintenue. Ces tristes individus ont été écroués à Étampes. Détail à noter : Les brigands avaient été chercher une croix en fer dans le cimetière et l'avaient placée sur le corps de leur victime. Journal des débats politiques et littéraires – 10 janvier 1910

Italie La petite cité de Scopolo est en train de disparaître - Rome, 9 janvier - On signale de Scopolo (province de Parme) qu'un nouveau glissement du fleuve souterrain d'argile et de pierre, qui s'étend sous la petite ville, commence et l'entraine lentement vers le fleuve. Les maisons se disloquent peu à peu, se crevassent, s'inclinent. Les blocs d'ardoise et de roc sortent de leurs alvéoles de plâtre. L'école est balafrée du haut en bas et les maisons, qui ont été étayées, sursautent, comme si le sol était agité par un tremblement de terre. L'église, construite en 1887, et le campanile viennent de se crevasser de haut en bas et menacent de s'écrouler. Les marbres sont sortis des murs. Il a fallu déménager tous les objets sacrés. Tous les meubles des habitants sont entassés en plein air. La désolation est énorme, mais aucun paysan ne veut quitter le lopin de terre où il est né. tous errent a l'aventure sur cette masse de terre mouvante, longue de deux kilomètres, large de huit cents mètres, et formant près de 38 millions de mètres cubes. Le Gaulois – 10 janvier 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]