CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

12 janv. 10

Les actualités du 12 janvier 1910

pont saints peres

Quatre péniches coulées en Seine

La crue actuelle de la Seine par suite de laquelle le courant est devenu très violent a été la cause hier matin d'un accident qui eût pu avoir les plus graves conséquences. Deux péniches chargées l'une de charbon et l'autre de papier remontaient la Seine vers 6 heures et demie, tirées par le remorqueur Alma lorsque entre le pont des Saints-Pères et le pont Royal, leurs amarres vinrent à se rompre.

Les deux embarcations partirent à la dérive. Or, au même instant, un autre convoi de deux chalands, chargés de sable et de pierre meulière, descendait le fleuve, sous la conduite du remorqueur Le Pierrot. Avec un bruit sourd, les embarcations fugitives abordèrent ce convoi et en brisèrent le câble de remorque. Alors les quatre péniches partirent à l'aventure.

Deux d'entre elles, défoncées par la violence de la collision, ne tardèrent pas à s'engloutir au milieu du fleuve ; une autre alla heurter le quai des Tuileries et commença aussitôt à s'emplir d'eau. Ce fut en vain que les pompiers, accourus en toute hâte, tentèrent d'aveugler la voie d'eau; à neuf heures, ce troisième chaland coulait également. Enfin, la quatrième embarcation, celle qui portait un chargement de papier, fut péniblement remorquée jusqu'au quai des Tuileries, où les sauveteurs mirent tout en œuvre pour en empêcher le naufrage.

Entre temps, au cours de leur dangereuse randonnée, les péniches errantes avaient heurté un canot automobile qui passait et l'avaient fait sombrer près du pont Royal. Les spectateurs de cette scène avaient eu un moment de vive angoisse. On apprenait, en effet, qu'à bord de l'une des péniches entraînées par le courant, se trouaient, encore endormis, cinq petits enfants et leur mère. C'étaient la femme et les enfants du marinier Pichery, qui tenait la barre du chaland Le Célestin.

Déjà, sans perdre un instant, des barques de secours s'étaient lancées à la poursuite de la péniche. Elles l'abordaient et bientôt la pauvre famille, transie et grelottante, car on n'avait eu que le temps d'arracher les dormeurs à leurs couchettes, était amenée au poste des douaniers du pont Saint-Nicolas. Là, des soins leur furent donnés ; les enfants, dont l'aîné a huit ans et le dernier treize mois, furent consolés et réchauffés. Puis, par, les soins de la préfecture de police, représentée en l'occurrence par M. Éuriat, commissaire de police, des vêtements neufs leur furent achetés ; enfin on leur remit un secours pour parer aux plus urgentes nécessités.

Une enquête est ouverte sur ce quadruple accident, tant par le service de la navigation que par la préfecture de police.Pour le moment, la navigation sur la portion de la Seine où sont coulées les péniches est très dangereuse et, partant, à peu près totalement interrompue. L'emplacement des épaves a été indiqué par les signaux habituels, entre lesquels les bateaux parisiens circulent avec la plus extrême prudence. Les précautions prises n'ont cependant pas empêché un de ces bateaux de heurter une pile du pont des Saints-Pères; il n'en est heureusement résulté que des dégâts matériels.

Le Petit Journal – 13 janvier 1910


EN BREF

Opéré par une balle de revolver - Marseille, 11 janvier. Un journalier, Charles Vaggioni, dix-sept ans, demeurant 8, rue de la Cascade, se trouvait, hier soir, à la foire de la rue du Chapitre, lorsque trois détonations se firent entendre. Vaggioni se sentit blessé. On accourut à son secours, tandis que d'autres personnes cherchaient, sans y parvenir, a retrouver l'auteur des coups de feu. Le blessé fut conduit à la pharmacie Germain, où on commença à lui prodiguer des soins. C'est alors qu'on constata un fait curieux, le projectile, amorti par les vêtements, n'avait pas pénétré dans les chairs, mais la contusion avait fait percer un gros furoncle dont souffrait Vaggioni : Je suis guéri, ne cessait-il de déclarer. Ah ! que je suis content. Je ne souffre plus et je suis soulagé. Puis il retourna tout joyeux à la foire. Ca n'arrive qu'à Marseille ! Le Petit Parisien – 12 janvier 1910

Secousse de tremblement de terre - Marseille. Une secousse de tremblement de terre a été ressentie, ce soir à huit heures, à Lambesc. On ne signale pas d'accident, mais la population a été fortement émotionnée. Le Figaro – 12 janvier 1910

Tempête dans la manche - Calais. Une violente tempête de nord-ouest fait rage dans la Manche. Les paquebots qui font le service entre Folkestone et Boulogne ont dû être détournés sur Calais. Le steamer Queen fait une traversée extrêmement pénible qui a duré plus de quatre heures. Le Figaro – 12 janvier 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]