CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

15 janv. 10

Les actualités du 15 janvier 1910

Moulin rouge

Représentation mouvementée au Moulin Rouge

Le soir du réveillon, les seize machinistes du Moulin-Bouge mandèrent, sur le plateau, M. Ruez, directeur de cet établissement, et lui déclarèrent qu'ils étaient décidés à abandonner immédiatement le service s'il ne voulait consentir à signer, incontinent, sur papier timbré, l'engagement de les garder tant que durerait sa direction. Cet incident se produisit comme le spectacle allait commencer. M. Ruez n'hésita pas. Il signa toutes les conditions qu'on lui présenta.

Depuis lors, M. Ruez méditait sa revanche. Avant-hier soir, après le spectacle, il ressembla les seize machinistes sur le plateau, et — en présence de M. Guillaume, officier de paix des brigades de réserve, et d'un huissier qui devait procéder à un constat — il leur fit connaître qu'il les congédiait tous sur-le-champ. Il les invita donc à passer à la caisse, où une indemnité de huit jours allait leur être payée. Les machinistes, qui ne s'attendaient à rien, parurent déconcertés. L'un d'eux suggéra qu'il fallait refuser l'argent. Tous les autres furent de son avis. L'huissier constata la chose.

Sous la surveillance des agents, les machinistes prirent leurs effets déposés dans les loges, puis se retirèrent. Pour éviter qu'aucun des congédiés pût pénétrer au Moulin-Rouge, hier soir, M. Ruez avait fait placer de nombreux agents devant la porte par laquelle entrent ordinairement les artistes et le personnel, et il avait, en outre, décidé que l'entrée du personnel se ferait par la porte principale. Quelques-uns des congédiés se présentèrent, vers sept heures et demie, mais on leur refusa l'entrée. Sur la scène, pour les remplacer, se trouvaient trois machinistes que M. Ruez avait embauchés quelques jours auparavant, en prévision de cet incident.

Ils assurèrent le service avec l'aide des accessoiristes durant toute la soirée. Comme la représentation allait commencer, les vingt-quatre musiciens de l'orchestre parurent hésitants sur le point de savoir s'ils allaient se solidariser avec les machinistes congédiés. Devant leur indécision, M. Maxime, régisseur général, leur annonça que leur défection éventuelle ayant été envisagée, un pianiste avait été engagé pour les remplacer tous au besoin. Huit musiciens seulement quittèrent leurs pupitres. La représentation commença aussitôt et s'acheva sans autre incident. A dix heures et quart, M. Ruez, qui se trouvait dans son bureau, reçut la visite d'un délégué du syndicat des machinistes, qui vint lui annoncer que les ouvriers congédiés acceptaient leur congé et l'indemnité de huit jours.

Le Petit Parisien – 15 janvier 1910


EN BREF

Une jeune Anglaise se tue en bobsleigh à Chamonix - Chamonix, 14 janvier - Une jeune Anglaise s'est tuée, aujourd'hui, dans une course de bobsleighs. Le bobsleigh ayant le numéro 2, le Cheshire cart, prenant part à la course à 3 heures de l'après-midi, et qui était monté par quatre jeunes filles anglaises, misses Jannion, capitaine, Reynolds, Isherwood et Hudson, a fait panache à la sortie du premier virage, le capitaine n'ayant pu être maître de la direction.Trois membres de l'équipe ont été blessés, miss Jannion, entre autres, a une épaule luxée, le quatrième, miss Hudson, qui était aux freins, a été tuée sur le coup, le crâne fracturé. Le Petit Parisien – 15 janvier 1910

Explosion de gaz à Tours – 1 mort - Tours, 14 Janvier.Un grave accident s'est produit dans les ateliers du chemin de fer d'Orléans, à Tours, au moment de la mise en marche du ventilateur des forges. Les gaz que contenait celui-ci ont fait explosion ; les tôles, tordues et rompues, ont été projetées à plusieurs mètres. Un jet de flammes s'est produit en même temps qu'une violente détonation. Les vitres ont été brisées et les ouvriers présents ont reçu une forte commotion. Louis Perrin, âgé de 31 ans, forgeron, a été jeté à terre ; on l'a retrouvé les jambes brisées et les cheveux brûlés,et à moitié asphyxié ; on l'a transporté à l'hôpital où il a succombé.Deux autres ouvriers, Victor Magnan, âgé de 62 ans et Pierre Pouch, âgé de 27 ans, ont été atteints l'un au front, l'autre au bras gauche. On croit que l'explosion est due à l'imprudence d'un ouvrier gui aura mis une allumette enflammée près du tuyau rempli de gaz. Le Petit Journal – 15 janvier 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]