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18 janv. 10

Les actualités du 18 janvier 1910

uk Élections en Angleterre: les socialistes en difficulté

vote

Londres, 18 Janvier, 1 h. du matin. La fièvre est à son paroxysme. Tout Londres est dans la rue, dans Fleet street surtout, où de minute en minute on affiche les résultats sur des transparents. On s'écrase dans les music-halls, où à chaque instant on interrompt la représentation pour donner les chiffres des scrutins. La foule acclame ou hue, siffle ou trépigne ; mais nulle part il n'y a la moindre injure échangée, nulle part la plus petite dispute. C'est l'ordre le plus parfait dans le désordre le plus extraordinaire.

La lutte a été particulièrement âpre, les deux partis arrivent cette nuit pour ainsi dire botte à botte. M. Balfour, leader de l'opposition, est réélu avec une majorité écrasante de 13,000 voix par la Cité de Londres. Les conservateurs gagnent les deux sièges de Preston, ceux de Greenwich, de Bedford, de Chester, de Chatham, d'Exeter, de Colchester. Mais les libéraux ont opposé une résistance incroyable à la marée protectionniste, et en maints endroits ils l'ont forcée à reculer.

Les deux sièges de Shoreditch sont enlevés à l'opposition, et le siège de Stockton, et le siège de Wigan. Leeds, la grande cité textile et minière, une des capitales du pays noir, a donné une majorité écrasante au gouvernement. A Londres, le docteur Mac Namara, secrétaire de l'amirauté, auquel un assaut terrible avait été livré, garde de haute lutte son siège, et Battersea a voulu rester Battersea en élisant une fois de plus son fidèle John Burns.

Le fait le plus marquant est l'échec des socialistes : ce sont eux les grands vaincus de la journée. Presque partout où le gouvernement est battu, il l'est dans la personne de ses alliés socialistes : à Chatham, le grand port de la Tamise, le député sortant ouvrier avait été élu en 1906 par 2.672 voix de majorité ; il a été battu aujourd'hui ; à Preston, centre industriel le candidat ouvrier avait eu 3.000 voix de majorité en 1906 ; il est battu aujourd'hui ; à Sheffields, un socialiste s'est présenté contre un libéral, au risque de faire passer un conservateur : il n'a pas obtenu 500 voix.

Mais le fait le plus significatif est celui de Gateshead : en 1906, un socialiste avait passé à la majorité formidable de 4.500 voix ; aujourd'hui les chiffres sont les suivants : libéral, 6.802 voix, conservateur 6.326, socialiste sortant 3.572. A une heure du matin, on annonce que dans la journée meurtrière qui vient de finir, les conservateurs ont gagné dix-neuf sièges, mais en ont perdu cinq, soit un gain net de quatorze sièges à leur actif. Le duel est désormais engagé à fond.

Le Matin – 18 janvier 1909


EN BREF

portugal En Portugal, des religieuses assiégées par des bandits, se défendent héroïquement - Lisbonne, 17 janvier. Une bande de. brigands avait formé le projet de piller un couvent solitaire, à huit kilomètres de Bocairente. Les bandits n'étaient plus qu'à une faible distance du couvent, quand l'alarme fut donnée aux religieuses. Celles-ci barricadèrent aussitôt fenêtres et portes et s'armèrent de fourches et de vieux pistolets. Quand les bandits se présentèrent, les religieuses firent une vaillante défense et réussirent à les tenir en échec jusqu'à l'arrivée des gardes civils qu'on-avait réussi à prévenir de l'attaque. Une porte de derrière était à ce moment sur le point de céder et allait livrer passage à la bande. Les gardes firent feu, tuant deux des assaillants et en blessant trois autres, tandis que leurs, compagnons s'enfuyaient dans la montagne. Trois religieuses ont été blessées. Le Gaulois – 18 janvier 1910

Espagne Une extrême-onction administrée de force - Saint-Sébastien, 17 janvier — Des dépêches de Bilbao annoncent qu'un grave incident survenu dans cette ville soulève l'indignation de la population. La femme du trésorier du cercle socialiste étant au plus mal, et le curé de la paroisse ayant voulu la venir voir, le mari pria deux voisines de la veiller pendant son absence, et surtout d'empêcher qu'aucun prêtre n'approchât l'agonisante. Hier soir deux prêtres se présentaient au domicile de cette dernière, et maltraitant les deux voisines qui s'opposaient à leur entrée clans l'appartement, ils s'approchèrent du chevet de la malade et récitèrent la prière des agonisants. Ils se retirèrent ensuite en disant, en désignant les deux voisines : Ces femmes sans honte voulaient la perle d'une âme ! Le mari, qu'on était allé chercher, arriva trop tard avec quelques camarades de cercle pour récompenser les prêtres de leur dévouement. Le Matin – 18 janvier 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]