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21 janv. 10

Les actualités du 21 janvier 1910

Bourges inondations

La tempête cause d'importants dégâts sur tout le territoire

Depuis deux jours une violente tempête sévit sur différentes régions de la France; des pluies abondantes sont tombées, faisant déborder les rivières et causant de grands dégâts. A Paris, le niveau de la Seine s'est élevé en vingt-quatre heures de quarante centimètres. Le service de la batellerie n'a pas été interrompu, mais la navigation est rendue très difficile. La cote était hier de 3 m. 90 au pont Royal; elle est ce matin de 4 m. 78, et la Seine monte encore. Le service des bateaux parisiens ne fonctionne plus. Les ports sont inondés; mais depuis plusieurs jours, les négociants avaient été prévenus par l'inspection générale de la navigation de la crue qui allait se produire, et ils avaient pris les précautions nécessaires pour préserver les marchandises.

A la suite de ces pluies, des infiltrations se sont produites et ont provoqué un affaissement en face du numéro 205 du quai de Valmy à proximité des travaux du Métropolitain. Une excavation de dix mètres carrés et profonde de huit mètres s'est entr'ouverte dans la chaussée. Il n'y a pas eu d'accident de personnes. Des barrages ont été établis autour du trou, et la circulation a été complètement interrompue entre les rues Louis-Blanc et Lafayette.

Les dépêches qui nous parviennent de province nous signalent des dégâts importants causés par la tempête et les inondations. Sur le littoral méditerranéen, l'ouragan a sévi-avec rage. A Marseille, les courriers ne peuvent appareiller, et ceux qui sont attendus n'arrivent au port qu'avec de très grands retards. A Toulon, le mistral a endommagé l'arsenal du Mourillon. Aux Salins, la mer a enlevé des installations pour les torpilles. Le mousse Aimé Canne a été, sous les yeux de son père, englouti par les lames.

Un ouragan a sévi sur toutes les côtes de Corse. Dans le port d'Ajaccio, plusieurs voiliers, chassant sur leurs ancres, se sont fait de graves avaries : le transport de l'État Drôme, fuyant devant la tempête, a relâché dans le port. Les bouches de Bonifacio sont impraticables. A Chambéry, les eaux ont envahi plusieurs quartiers de la ville; les communications sont interrompues avec le Bourget. La voie du chemin de fer à crémaillère du mont Renard a été, en partie, entraînée par le torrent. Toute la plaine située entre le lac du Bourget et le Rhône est recouverte d'un mètre cinquante d'eau. Dans plusieurs villages, les habitants ont dû s'enfuir dans la montagne.

La région gessienne a beaucoup souffert; des maisons se sont effondrées. La ligne du chemin de fer de Bellegarde à Divonne est coupée près du village de Farges, où on a dû improviser un pont en planches pour transporter les dépêches d'un train à un autre. Des dégâts importants sont signalés à Gex-la-Ville, Cessy, Segny, Divonne-les-bains. Dans la vallée de la Bienne, de nombreux ponts ont été enlevés; les routes et les chemins sont coupés. Il n'y a plus de communications en voitures avec les montagnes et la Faucille. Les rivières charrient des planches de sapin et des arbres arrachés. Les débats matériels sont considérables dans toute la région, surtout à Morez, où la grand' rue était transformée en torrent. Le chômage est complet dans toutes les usines, le courant électrique apportant la force motrice étant interrompu. A la suite de ce désastre, le concours de ski qui devait avoir lieu à Morez du 5 au 12 février sera probablement supprimé.

Dans la Marne, toute la campagne environnant Sainte-Menehould est recouverte par les eaux. Un escadron du 6e cuirassiers porte secours aux habitants. Dans la montagne de Reims, des torrents ont inondé des fermes à Germaine, à Avenay, à Fontaine, à Louvois. A Soissons, plusieurs immeubles ont été inondés. L'aqueduc qui alimente la briqueterie Van Malderen s'étant rompu, l'usine fut envahie par les eaux et forme maintenant un vaste lac. Les quartiers bas de Coulommiers ont été envahis; les écoles sont fermées. Au centre même de la ville la rue de Paris est complètement inondée; il a fallu organiser un service de transbordement pour faire sortir les habitants. Dans toute la région, depuis Tigeaux jusque la Ferté-Gaucher, la vallée est transformée en un véritable lac; les routes sont coupées.

Le Temps – 21 janvier 1909


EN BREF

Un train bascule dans un ravin - Deux tués — Nombreux blessés -Le Mans, 20 janvier. Un accident s'est produit, ce matin, sur la ligne des chemins de fer départementaux de La Ferté-Bernard à Mamers. A 7 h. 5, un train venant de La Ferté-Bernard et arrivant à la gare de Dehault est tombé dans un ravin par suite d'un affaissement de terrain causé par les pluies torrentielles de ces derniers jours. Tout le convoi, composé de la locomotive et de trois wagons, a culbuté du remblai haut de douze mètres dans la vallée de l'Huisnes. La locomotive a fait deux tours sur elle-même. Le mécanicien, Hippolyte Fouquel, âgé de quarante-trois ans et le chauffeur, Pierre Housseau, âgé de cinquante-trois ans, ont été tués. Le chef de train a été grièvement blessé à la tête,, ainsi qu'un autre employé et cinq voyageurs. Parmi ces derniers,. MM. Javel, instituteur, et Hilliers, de Saint-Calais, qui est dans un état grave. Plusieurs autres voyageurs ont été contusionnés. La voie s'est affaissée sur une longueur de 45 mètres. Des secours ont été envoyés de la Ferté-Bernard et du Mans. Le Parquet s'est rendu, cet après-midi, sur les lieux de l'accident. La Presse – 21 janvier 1910

Une femme électrocutée — On nous écrit de Saint-Etienne qu'un fil d'énergie électrique s'étant rompu à quelques mètres d'un poste de transformation situé rue Carron, l'une des extrémités du câble était tombée dans le jardin des époux Brunei.Malgré la recommandation énergique des voisins, Mme Brunei se pencha pour toucher le câble. Elle reçut une formidable décharge électrique et son bras droit ne fut en un instant qu'un informe moignon dont l'os était à nu. En outre, elle a eu la plante des pieds brûlée par le fluide, qui après avoir traversé tout le corps, s est perdu dans la terre.L'état de Mme Brunei est très grave. Elle a été transportée dans une clinique.Le Temps – 21 janvier 1910

La noce tragique - Hier soir, à six heures et demie, une noce sortait d'un restaurant d'Issy-les-Moulineaux rue Jules-Gévelot. Les invités, au nombre d'une quarantaine, prirent place dans une grande tapissière et dès que le dernier fut monté le cocher tourna bride pour diriger son attelage vers Boulogne. A ce moment précis arrivait le tramway d'Auteuil-Champ-de-Mars, qui prit la tapissière en écharpe. Le choc fit tomber Mme Hémon qui venait de s'installer en arrière du véhicule et qui roula sous les roues. La malheureuse, qui demeurait, 95, boulevard Pereire, à Paris, mourut sur-le-champ, la poitrine défoncée. Trois autres blessés, après avoir reçu des soins dans une pharmacie, purent regagner leur domicile. Le Matin – 21 janvier 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]