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22 janv. 10

Les actualités du 22 janvier 1910

Lorroy

Un village de Seine-et-Marne englouti par les eaux

Les pluies de ces derniers temps n'étaient que très désagréables, mais les crues formidables qu'elles ont provoquées sur tout le territoire nous mènent à un véritable désastre. Le plus grave de ces accidents s'est produit en Seine-et-Marne dans la commune de Château-Landon, un hameau a été englouti. Il y a de nombreuses victimes et, le télégramme suivant nous l'apprend, cinq cadavres ont déjà été retrouvés

Fontainebleau 21 Janvier. Un effroyable accident vient de se produire au hameau de Lorroy, commune, de Château-Landon. Le Fusain, petit cours d'eau venu du département du Loiret, et qui arrose la pittoresque vallée de Château-Landon avant d'aller se jeter dans le Loing, a, comme toutes les rivières du département, débordé, par suite des pluies, et inondé la région. Le hameau de Lorroy tire sa principale industrie et ses plus importantes ressources des caves à blanc d'Espagne creusées dans son sol et appartenant à Mme veuve Beaulieu.

Par suite des ravages de l'inondation dans le sous-sol, ces caves se sont effondrées, ce soirt vers quatre heures, ensevelissant toutes les maisons du hameau, une vingtaine environ.Il y a de nombreuses victimes, non seulement des habitants du hameau;, mais, aussi de nombreux curieux qui s'étaient rendus à Lorroy pour voir les inondations. On a sonné la générale dans les rues de Château-Landon et tous les habitants de cette ville sont sur les lieux, distants de quatre kilomètres.

On a déjà retiré cinq cadavres parmi les quels ceux de Mme Beaulieu et de sa fille ; ceux de M. et Mme Blondeau. Huit blessés sont transportés à l'hôpital de Château-Landon. De nombreuses personnes sont encore sous les décombres. Du secours a été demandé télégraphiquement à Montargis mais, par suite de l'arrêt des communications, c'est à Fontainebleau qu'est parvenue l'affreuse nouvelle. La troupe de la garnison va partir sur les lieux. Le Parquet vient d'être prévenu et part en auto..

A Paris, la journée d'hier a été tout particulièrement mouvementée : la Seine, grossissant d'heure en heure, a envahi la ligne du chemin de fer électrique Nord-Sud et c'est une véritable rivière souterraine qui s'est répandue dans le tracé de cette ligne en construction. La voie du chemin de fer d'Orléans, entre la gare du quai d'Orsay et la gare d'Austerlitz, a été inondée, rendant impossible le passage des trains. Les quais sont envahis par une terrible masse d'eau rapide et les riverains ont eu beaucoup à souffrir.

Au service hydrométrique du bassin de la Seine, on nous a déclaré que cette crue était comparable aux crues mémorables des années 1872, 1878, 1879, 1882 et 1883. Le maximum, atteint pendant la crue de 1878, a été de 6 m. 50 au pont de la Tournelle et de 7 m. 30 au pont Royal, et nous n'en sommes pas encore, heureusement, a ces chiffres formidables. Dans l'après-midi d'hier, on cotait 4 m. 62 au pont de la Tournelle et 5 m. 77 au pont Royal. Mais la hausse continue.

Le spectacle impressionnant de la Seine énorme, pleine de tourbillons jaune comme un fleuve de boue, l'inondation des rives et ses ravages avaient attiré pendant toute la journée d'hier une foule de curieux sur les ponts et au long des parapets des quais. Parmi les épaves flottant à la dérive une plus lugubre que toutes les autres fixant les regards des spectateurs, en amont de Paris, dans l'après-midi d'hier, c'était le corps d'une malheureuse que l'on repêcha. vers cinq heures; au quai de la Râpée. Son identité n'a pas été établie. Elle paraît âgée d'une quarantaine d'années. On suppose qu'il s'agit d'une désespérée, qui se serait jetée à la Seine du haut du pont de Bercy ou du pont de Tolbiac.

Le Petit Journal – 22 janvier 1910


EN BREF

Un aéroplane prend feu dans les airs - Oran, 21 janvier. — On sait que depuis quelques semaines, un aviateur évolue ici sur un monoplan Blériot : c'est M. Olieslaegers qui a déjà conquis de jolis succès. Hier soir Oliesiaegers a été victime d'un accident qui a failli lui coûter la vie. Après avoir parcouru un tour de piste sur son Blériot, Oliesilaegers faisait des essais de vol en forme de huit. A un moment donné, par suite d'un coup de vent brusque, l'appareil s'inclina fortement sur la droite. En voulant lui faire rectifier sa position et le redresser sur la gauche, l'aviateur, qui était à ce moment assez près du sol, donna un coup de gouvernail de profondeur pour gagner de la hauteur et manœuvrer plus facilement. L'aéroplane se releva bien, mais ce fut pour se jeter sur les fils de la ligne télégraphique qui longe la voie du chemin de fer d'Oran a Aïn-Temouchent. Sous le choc qui en résulta, le tube qui réunît le réservoir à essence au carburateur se rompit L'essence se répandit, communiquant le feu a tout l'allumage. En un clin d œil, les ailes et le fuselage furent en flammes, et le monoplan tomba lourdement sur le sol dans une gerbe de feu. On se précipita au secours de l'aviateur qui fut heureusement retiré de dessous l'appareil avec quelques brûlures à la face et aux mains. Cet accident est le même que celui qui arriva à Blériot, dans la plaine de Bétheny. et cette fois, comme la première, le monoplan a été entièrement détruit. L'Ouest-Eclair – 22 janvier 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]