CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

02 févr. 10

Les actualités du 2 février 1910

Décrue: la situation en banlieue reste précaire

Inondation 1910 colombes

Colombes. — L'eau a baissé de 20 à 25 centimètres dans certains quartiers. Une couche de glace recouvre maintenant les chaussées et les jardins qui ont été inondés, car le froid est devenu très vif et il a gelé fort dans la nuit. Sur certains points, la glace est si épaisse que le service des bateaux de secours servant au transport ou au ravitaillement des sinistrés s'en trouve fort gêné. Le lieutenant-colonel Lestocquois, du 120e régiment d'infanterie, venu de Saint-Denis dès la première heure et qui a organisé les secours avec une rapidité et une sûreté de méthode remarquables, ne tarit pas d'éloges à l'adresse des troupes placées sous ses ordres. On s'est assuré que personne n'était resté prisonnier dans sa maison et que nul être humain ne courait plus aucun péril. Seuls, quelques animaux, chiens, chats, oiseaux, volailles n'ont pu être entièrement sauvés. Par suite du manque de nourriture des chiens et des chats affamés qui devenaient un danger public ont été abattus, hier, par la troupe, qui a dû faire feu sur eux. Un service très sévère de surveillance des immeubles abandonnés est assuré par la troupe qui a placé des sentinelles aux barrages établis par l'autorité militaire. : Des braseros ont été allumés sur certains points autour desquels se chauffent des miséreux chassés de leur logis.

Inondation 1910 bois-colombes

Bois-Colombes — L'organisation des secours aux sinistrés se continue avec ardeur sur les différents points de là commune où, concurremment aux mesures prises par la municipalité pour venir en aide aux victimes de l'inondation,- l'initiative privée s'est affirmée dès premiers moments. Le curé de Bois-Colombes, M. l'abbé Collignon, vient de faire aménager en dortoir la chapelle du catéchisme où pourront ainsi être logées une cinquantaine de personnes de la commune où des régions voisines, beaucoup plus éprouvées que celle-ci.

Inondation 1910 asnieres

Asnières — L'eau continue à baisser. La décroissance s'accentue sur tous les | points du territoire. Elle est toutefois plus sensible dans les quartiers riverains de la Seine que dans la partie avoisinant Les communes de Colombes et de Gennevilliers. On signale la présence d'ans beaucoup de maisons abandonnées par leurs locataires de chiens et de chats qui, privés de nourriture depuis plusieurs jours et cernés par les eaux, menacent de se dévorer entre eux. Il va falloir se résigner à les abattre pour abréger leurs souffrances et aussi pour sauvegarder la population contre les risques qu'elle pourrait courir dans le cas où, ces bêtes devenues enragées, parviendraient à s'enfuir au dehors.

Inondation 1910 alfortville

Alfortville — La situation ne s'est pas encore améliorée de beaucoup et, malgré les protestations des habitants aucun laisser-passer n'a été délivré ; on n'autorisera les habitants à rentrer dans leur domicile que lorsque l'eau se sera complètement retirée et lorsque les mesures d'hygiène auront été édictées et appliquées, avec soin. Pendant toute la matinée et pendant toute la nuit on a recherché le corps des cantonniers Ducreuil et Jévy dont on a signalé la disparition dans le quartier de l'Europe. Les deux cantonniers étaient montés dans une fourragère attelée d'un cheval très vigoureux et ils allaient ravitailler une famille amie. Non seulement les hommes n'ont pas reparus, mais il a été impossible de retrouver la trace du cheval et de la voiture. Les recherches continueront cet après-midi sous la direction du capitaine de vaisseau de Mornay.

Inondation 1910 charenton

Charenton — La situation s'est améliorée mais le nombre des sinistrés est incalculable et pour en avoir une idée réellement exacte, il fallait assister ce matin au défilé des sinistrés allant toucher leurs secours. On avait dû installer des barrages pour éviter des bousculades et la grande cour de la mairie était pleine. Plusieurs usiniers de la région ont pris une initiative des plus louables et qui mérite d'être signalée. Le travail ayant dû être interrompu par suite de l'inondation, ils ont fait apposer des affiches annonçant à leurs ouvriers qu'en attendant la reprise du travail, ils distribueraient des acomptes à ceux qui leur en feraient la demande, afin de les aider. On a dû barrer complètement la rue de l'Embarcadère, certaines maisons menaçant de s'effondrer. Le pont de a été rendu à la circulation ce matin.

Inondation 1910 perreux

Le Perreux — L'eau qui ce matin a encore baissé très sensiblement a tout miné. Dans les appartements que nous avons visités, les meubles sont disjoints, pourris, vermoulus. Les tables, les chaises, les lits, les armoires, les pianos sont hors d'usage. Et les murailles, éventrées, béantes, de certains pavillons s'écroulent avec un bruit sinistre. Les zouaves assurent le service d'ordre, admirables de dévouement. On craint, lorsque les eaux se seront retirées, de trouver dans certaine quartiers, les cadavres de ceux des habitants qui, n'ayant pas voulu quitter le foyer construit avec le fruit de leurs économies, ont préféré atteindre la fin du fléau que de fuir devant le danger.

Inondation 1910 sceaux

Sceaux — La situation de la commune de Sceaux est actuellement des plus précaires. En effet Les usines à gaz de Choisy-Le-Roi ne fonctionnant plus, toute la région est plongée dans la plus complète obscurité. Les apaches mettent cette situation à profit et cette nuit plusieurs agressions ont eu lieu aux environs de la gare. Un maraicher qui se rendait aux Halles centrales a été attaqué ; sa voiture a été en grande partie pillée. La suppression du gaz se complique de la disette d'eau. Les conduites, en effet, ont été rompues dans la région de Sceaux et les habitants sont approvisionnés individuellement par la municipalité. Chaque foyer a droit à un broc par jour.

La Presse – 2 février 1910


EN BREF

Monsieur Fallières chez les sinistrés - Le président de la république et Le président du conseil, accompagnés de M. Ramondou et du colonel Griache, ont quitté en automobile le palais de l'Elysée pour se rendre à Saint-Denis et dans les localités environnantes. En sortant de la mairie, M. Fallieres et les personnes qui l'accompagnaient sont montés en barque pour faire le tour de l'île Saint-Denis. Les embarcations se sont arrêtées sur la rive opposée a Saint-Denis et le cortège présidentiel a gagné à pied Villeneuve-la-Garenne, où le président de la république est monté au troisième étage de la maison do M. Duchâteau, conseiller général. De la on aperçoit toute la plaine ne formant qu'un vaste lac d'où émergent des groupes de maisons. A Villeneuve-la-Garenne, M. Fallieres est remonté en automobile et a regagné l'Elysée par Saint-Ouen et les Ternes. Il était de retour à cinq heures et demie. Le gaulois – 2 février 1910

Une alerte au Petit-Trianon Hier matin, les gardes du Petit-Trianon apercevaient une fumée épaisse qui se dégageait d'une dépendance de la ferme de Marie-Antoinette. Ils firent aussitôt prévenir les pompiers tandis qu'eux-mêmes couraient vers la ferme. A leur approche, plusieurs individus prirent la fuite. C'étaient des braconniers qui, après avoir escaladé le mur, près de la porte Saint-Antoine, s'étaient introduits dans la ferme pour y passer la nuit. A l'aube ils avaient ramassé des joncs dans l'écurie et y avaient mis le feu pour se chauffer. Le foyer allumé par les braconniers a été éteint au moyen de quelques seaux d'eau. Il n'avait d'ailleurs causé aucun dégât. Journal des débats politiques et littéraires – 2 février 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]