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04 févr. 10

Les actualités du 4 février 1910

Inondation 1910 sinistrés

Avec la décrue, on craint l'épidémie

La crainte des épidémies que peut amener l'inondation et le souci des mesures à prendre pour s'en préserver préoccupent à juste titre tout le monde. Cette immense masse d'eau qui charrie des débris, des cadavres, des immondices, et qui les abandonne en se retirant sur les terrains habités et jusque dans les maisons mêmes, apporte avec elle des infections diverses. Déjà Pettenkofer avait cru pouvoir attribuer les épidémies ou les recrudescences de fièvre typhoïde aux oscillations de la nappe d'eau souterraine, fournissant, au sol terrestre l'humidité favorable à l'éclosion de la maladie. E. Fournier a démontré expérimentalement qu'après les grandes pluies, les crues des rivières souterraines remettent en mouvement des réserves de bactéries accumulées par décantation dans des bassins profonds, et les apportent a !a surface du sol.

Cette fois, le danger est plus grand, car la nappe d'eau souterraine et la nappe fluviale se sont infiltrées à travers les sous-sols de Paris,refoulant les eaux d'égouts, se mêlant à elles, crevant les conduites et apportant dans les caves et jusque dans les appartements les innombrables germes pathologiques que recèlent les égouts. En outre, bien que les conduites amenant à Paris l'eau potable aient été respectées, des infiltrations se sont produites, l'eau a pris une couleur jaunâtre et un goût saumâtre elle est devenue suspecte.

Les maisons envahies par l'eau sont devenues terriblement humides et le resteront longtemps après que les eaux se seront retirées, car le sol, gorgé d'humidité, ne résorbera que lentement. Jusqu'à ce que les murs et les planchers se soient asséchés, les habitants de ces demeures resteront, en ce temps hivernal, exposés aux multiples affections qu'engendrent le froid et l'humidité.

L'évacuation forcée des quartiers inondés a amené dans d'autres quartiers, dans les hôpitaux, dans les refuges et dans les asiles improvisés, un encombrement par de nombreux sinistrés, dénués de ressources et vivant dans de mauvaises conditions hygiéniques. En outre, quoi qu'on fasse, la misère régnera pendant longtemps dans les régions dévastées par l'inondation. Encombrement et misère, ce sont là les conditions les plus favorables à l'éclosion des maladies et à l'extension des épidémies.

Si l'on tient compte enfin des effondrements du sol, des écroulements des maisons, des ruptures de conduites de gaz et des nombreux accidents qui seront la conséquence directe ou indirecte de l'inondation, on voit combien de maux sont à redouter.

Parmi les maladies qui sont le plus à craindre, il y a d'abord la fièvre typhoïde de l'état endémique elle peut passer à l'état épidémique. Mais nous saurons nous prémunir contre elle. Diverses sortes d'infections intestinales, fièvres paratyphoïdes, dysenterie, choléra peuvent aussi se produire mais le choléra indien qui n'est pas une maladie de notre pays et qui ne peut s'y produire que si le germe y est apporté par un malade venu d'une région infectée, n'est pas à redouter; de plus la saison hivernale, défavorable aux affections intestinales, nous protège en partie contre les maladies que je viens de citer.

Journal des débats politiques et littéraires – 4 février 1910


EN BREF

Un ouragan à Bordeaux - Bordeaux, 3 Février. Après deux jours d'accalmie relative, le baromètre a subitement baissé, le tonnerre a grondé hier avec des éclairs, et il a gelé cette nuit. Un vent violent s'est levé ; il souffle maintenant en tempête. Depuis bien longtemps, nous n'avions pas vu dans la région un hiver aussi mauvais à tous les points de vue. Le Petit Journal – 4 février 1910

allemagne Explosion dans une école de jeunes filles - Berlin, 3 Février - Un grave accident s'est produit ce matin entre onze heures et midi à l'école communale des jeunes filles de la Rubensstrasse. Un des professeurs, M. Schmidt, faisait son cours de chimie à la classe de deuxième. Le mortier dans lequel il était en train de mélanger du sucre, du soufre, et du carbonate, de potasse, fit explosion. Le professeur eût le bras droit enlevé. Cinq jeunes filles ont été blessées. Le Petit Journal – 4 février 1910

Voilier chavire - deux noyés - Lorient, 3 Février - Hier soir, en revenant de l'Armorbaden, le voilier de passage Zélie, monté par le patron Tatihouet et le matelot Izilic, et faisant le trajet entre Locmariaquer et port-Navalo a été surpris par une violente rafale, quand il virait de bord. Le voilier a chaviré et coulé à pic. Le naufrage avait été aperçu par plusieurs barques qui se sont portées au secours des deux marins; les sauveteurs ont réussi à les ramener à l'ile Vesy, mais les deux marins étaient déjà morts quand on les a repêchés. Le Petit Journal – 4 février

Déraillement de l'express de Paris - Trois voyageurs blessés - Lille, 3 Février - Ce soir, le train de voyageurs quittant Lille pour Paris, à 7 heures 38, a déraillé près du pont Sainte-Agnès. Deux fourgons de queue du train se sont renversés sur la voie à un endroit appelé "la Guillotine", en raison de son étroitesse. Plusieurs wagons se sont entrechoqués. Trois voyageurs, dont un ecclésiastique de Paris, ont été blessés, mais aucun d'eux n'est gravement atteint. Ils ont été transportés à l'hôpital de Lille. La circulation des trains dans les deux sens a été interrompue toute la soirée. Le Petit Journal – 4 février

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]