CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

07 févr. 10

Les actualités du 7 février 1910

Inondation 1910 epaves

La décrue continue, mais on constate les immenses dégâts causés par le fléau

Paris, 6 février — La baissa continue toujours. Depuis vingt-quatre heures, le niveau du fleuve s'est abaissé encore de 48 centimètres. Au pont de la Tournelle, où la cote maxima a été de 8 m. 50, on cotait ce matin, à trois heures, 4 m. 42, soit une décrue totale de 4. m. 08. On prévoit une nouvelle baisse de 68 centimètres d'ici 24 heures.

Le spectacle des quais est maintenant extrêmement curieux. Tous les arbres et arbustes, ainsi que les arches ajourées des ponts en fer ont arrêté une multitude de débris de toutes sortes, brins de paille, feuilles de papier, lambeaux d'étoffe multicolores, qui leur font une chevelure bariolée des plus pittoresques. Un peu partout, sur les berges du fleuve, on a entassé les épaves les plus hétéroclites, futailles, madriers, cages d'oiseaux, voire même des instruments de musique, etc., bref de quoi monter le magasin de bric-à-brac le mieux achalandé. Malgré la pluie, qui tombe aujourd'hui de façon a peu près continue, une foule énorme afflue partout, contemplant ces ruines et faisant force réflexions cocasses.

La circulation des tramways a été rétablie quai du Louvre sur des voies provisoires, à neuf heures ce matin. Dans la nuit, l'eau a complètement évacué la rue Leblanc et les autres voies inondées du quartier de Javel. L'eau a également disparu rue des Pâtures et rue Félicien David, une des plus éprouvées par la crue.

Par contre, on signale des affaissements qui n'ont fort heureusement occasionné aucun accident de personne. Dans le 17* arrondissement, on signale une excavation de quatre mètres de long sur trois mètres de large boulevard Gouvion-Saint-Cyr. La chaussée s'est également affaissée à la porte de Clichy, en face des tramways. Ceux-ci ne peuvent plus circuler que sur une voie. D'autre part, un affaissement de 1 m. 50 de long sur 1 mètre de large et 2 mètres de profondeur s'est produit en face le numéro 154 de la rue de Rivoli.

A Choisy-le-Roi, le personnel sera rappelé demain et l'effectif de l'infanterie réduit à 50 hommes. A Vanves, l'eau s'étant complètement retirée, le matériel de sauvetage et notamment les canots Berton vont être ramenés a Paris.

M. Briand, président du conseil, et M. Viviani, ministre du travail, se sont rendus ce matin au grand séminaire de St-Sulpice, où ont été recueillis un certain nombre de sinistrés ces jours derniers. M. Briand a adressé des félicitations aux dames patronesses et aux soldats de l'infanterie coloniale, ainsi qu'à leurs sergents, qui ont montré un admirable dévouement au cours de la période douloureuse que nous avons traversée.

Ouest-Eclair – 7 février 1910


EN BREF

Football-Rugby – un match rocambolesque voit la victoire du racing - Les préliminaires du match-retour du championnat de Paris entre le Racing et le Sporting furent des plus troublés. Ni l'un ni l'autre des deux clubs ne possédant de terrain, la Seine ayant pris possession du Stade du Matin et du Polo Club de Bagatelle, on chercha une pelouse neutre. Le Sporting désigna le terrain du Stade Versaillais à Glatigny et fît constater par ministère d'huissier que la pelouse était en bon état, et qu'étant confortablement entourée, elle offrait le moyen d'y faire recette. Le Racing tenait a la date du 13 février. Finalement, le match fut fixé à Versailles, le Sporting abandonnant son droit à la recette. On dit qu'à la suite de la décision de la commission de football rugby, le Racing dépêcha une auto à Limoges pour y chercher un équipier en déplacement !...Enfin les deux équipes furent présentes hier sur le terrain. On se souvient qu'au match aller, disputé au Stade du Matin, le Sporting gagna dans les dernières minutes par 8 points contre 5. Le Racing savait que le terrain de Glatigny est très mou. Aussi les quinze hommes furent-ils accompagnés d'un cordonnier qui avant la partie, renforça les crampons des chaussures: cette méthode tout a. fait admise, nous vient d'Angleterre. Le Sporting ne fut pas aussi prévoyant. Tandis que les bleu et blanc tenaient très bien sur le terrain, les noir et blanc tombaient comme des châteaux de cartes. Cette circonstance spéciale fut en partie, une des causes de la défaite du Sporting qui, dans les premières minutes du jeu, se fit marquer 8 points à rien. S'étant ressaisis les noir et blanc jouèrent mieux, mais leurs attaques échouaient par la chute d'un ou plusieurs joueurs. A la reprise, le Racing mit encore un essai a son actif, manqua de peu d'autres essais et s'en revint avec une victoire assez décisive de 11 points (3 essais. 1 luit), à rien. Le Matin – 7 février 1910

Une liaison malheureuse — Après avoir échappé aux balles de revolver, puis au vitriol de Mlle Deporter, M. Janson ne se sentit plus en sûreté à Lille. Il abandonna donc sa vílle natale, son ménage et ses affaires, et vint se réfugier à Paris. Il y était depuis un mois et se cachait dans un hôtel meublé de la rue Pigalle, lorsque sa persécutrice, un beau matin força sa porte. Une fois dans la place, elle refusa absolument d'en sortir, et le revolver au poing, elle fit entendre qu'elle voulait renouer les relations anciennes, faute de quoi elle userait des balles et du vitriol qu'elle avait encore à sa disposition. Le malheureux vécut huit jours ainsi avec sa terrible compagne. Le neuvième jour — c'était le 20 octobre dernier — une querelle violente éclata; mais cette fois Janson, prévoyant que tout cela finirait par des coups de revolver, se hâta de tirer le premier et tua net Mlle Déporter. M. Kastler, juge d'instruction, a rendu hier une ordonnance renvoyant Janson devant la cour d'assises sous l'inculpation de meurtre. Le Temps – 7 février 1910

Décapitée par un train — Une femme s'élançait hier sur un quai d'embarquement, a la gare Saint-Lazare, au moment où un train de banlieue se mettait en marche. Elle voulut sauter sur le marchepied d'un wagon; mais elle avait mal calculé son élan et tomba sous les roues d'un fourgon. La malheureuse fut décapitée. C'est Mlle Boniface, rentière, demeurant 6, rue Parchappe, à Bois-Colombes. Son corps a été transporté au dépôt mortuaire. Le Temps – 7 février 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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