CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

15 févr. 10

Les actualités du 15 février 1910

Cora Laparcerie

Gaby aux bouffes Parisiens

II faut croire que le destin lui-même est sensible à un sourire de femme, car il semble bien que depuis que Mme Cora Laparcerie est devenue directrice des Bouffes-Parisiens tout va le mieux du monde pour ce théâtre, depuis si longtemps brouillé avec la veine. Nous voici au milieu de février, c'est-à-dire plus qu'au milieu de la saison théâtrale, et Mme Laparcerie entame seulement sa seconde pièce, après avoir réalisé avec la première et une reprise de très agréables recettes.

La seconde pièce dont il s'agit répond au nom court et gentil de Gaby; c'est évidemment un nom porte-chance, et l'accueil que le public de la répétition a fait à la pièce indique qu'il ne s'agit pas seulement d'une sympathie euphonique. L'action à la fois simple et émouvante de Gaby se déroule en province, dans un petit pays qui s'appelle Chantenelle. Où ça, Chantenelle. ? Vous êtes bien curieux. Chantenelle, dirait un gendarme, est une petite ville hypothétique située dans un département imaginatif et de supposition.

Le premier acte se passe dans le jardin en terrasse d'une maison de campagne bourgeoise, cossue et fleurie. On voit a gauche la façade de ladite maison. A droite, c'est la grille ouvragée de la porte. Au fond, un escalier descend dans la propriété que rien ne nous empêche de supposer vaste et magnifique. Au troisième acte, c'est le même avec effet de nuit et de clair de lune.

Le second acte se passe dans un intérieur, chez des voisins. La voisine est un peu mûre parce que c'est une brave maman incarnée avec talent par Mme Marie Laure, et que c'est l'usage absolu au théâtre que les mamans qui ont un fils un peu grand portent les cheveux blancs. C'est aussi, d'ailleurs, l'usage pour les pères. La convention dramatique est sans pitié

Nous sommes dans une salle à manger campagnarde tendue en toile de Jouy à dessins rouges. C'est gai et plaisant. A gauche, une armoire à linge dans laquelle Mme Laparcerie elle-même, une charmante, espiègle et aussi tragique Gaby, prend le linge amassé, damassé,veux-je dire. La pièce de M. Thurner, pas plus d'ailleurs que la petite pièce, Son auteur, de MM, Maurice Landay et Jean Valdier, ne prêtait à une mise en scène chic. Pourtant comme il importait que l'élément select fût représenté dans la mise en scène du théâtre des Bouffes.

Bien parisiens, on a soigné les toilettes. C'est dire qu'on en a confié l'invention et l'exécution à la maison Paquin qui a habillé avec son art accoutumé la maîtresse de céans, étoile et directrice, et aussi Mmes Vermell et Blanche Guy.

Le Figaro – 15 février 1910


EN BREF

Une femme tuée dans une rue du Mans - Le Mans, 14 Février. Rue des Trois-Sonnettes, habitaient deux sœurs, Constance et Marie Houlbert, dix-neuf et vingt-quatre ans, de vie très facile. Constance logeait dans une pièce du rez-de-chaussée, Marie occupait une chambre au premier étage. Ce matin, vers six heures, Frédéric Covello, vingt-quatre ans, ami de Constance, se présentait en compagnie d'un camarade, Pierre Journet. Une querelle éclata, entre Covello et Constance Houlbert. Entendant du bruit, Marie Houlbert se leva, passa un peignoir et descendit en courant au rez-de-chaussée, pour défendre sa sœur. Très énergique, Marie Houlbert expulsa les deux hommes et les poursuivit sur la voie publique. Covello et Journet montèrent la rue de la Truie-qui-File ; Marie Houlbert, malgré ses vêtements sommaires et le froid vif, les suivit en les invectivant. Covello tira alors son couteau ouvert de la poche droite de son veston et en porta un coup furieux à Marie Houlbert. La malheureuse s'affaissa dans, une mare de sang ; la lame, pénétrant profondément dans la cuisse gauche, avait sectionné l'artère fémorale, une hémorragie abondante se produisit et relevée et transportée sur son lit, Marie Houlbert expira quelques instants après. La police a arrêté Frédéric Covello une heure après le crime ; il a fait des aveux complets devant MM. Job, procureur de la République et Rousseau, juge d'instruction; on l'a écroué a la prison du Mans, pendant que le corps de Marié Houlbert était transporté à la Morgue. Le Petit Journal – 15 février 1910

Les nouveaux projecteurs militaires - Un nouveau projecteur automobile, destiné au service de reconnaissance des corps d'armée en campagne, a été expérimenté récemment, au cours de manœuvres effectuées dans la vallée de Chevreuse et a donné de magnifiques résultats. Ce projecteur, de 0m90 de diamètre, reçoit le courant électrique de la dynamo actionnée par le moteur en même temps que la voiture elle-même; allumé, il permet au conducteur de reconnaître à la contrée traversée et de choisir le point le plus propice aux reconnaissances. Quand le point est trouvé, la voiture arrêtée, un fil de quelques millimètres de diamètre, instantanément déroulé, permet à l'officier de s'éloigner du projecteur dans un rayon de plus de 300 mètres pour choisir son poste d'observation. Ce merveilleux appareil, dont la simplicité, la souplesse, la robustesse répondent à toutes les exigences militaires, fait le plus grand honneur aux constructeurs, MM. Harlé et Cie, dont les usines ont créé, en 1867, le premier, projecteur électrique du monde entier. Le Figaro – 15 février 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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