CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

17 févr. 10

Les actualités du 17 février 1910

guet apens ouadai fiegenschuh

Un détachement français massacré au Soudan

Un détachement, français, commandé par le capitaine Fiegenschuh, a été presque entièrement détruit à Abra-Taouit, près de Massalit. L'héroïque et malheureux capitaine Fiegenschuh n'aura pas survécu un an au magnifique fait d'armes qui lui valut, le 2 juin dernier, la prise et l'occupation d'Abécher; on se souvient qu'il n'avait alors échappé que par miracle à la mort: une balle lui traversant le cou de part on part était rassortie en lui brisant la maxillaire gauche. Le lieutenant Delacommune a trouvé la mort dans ce combat. On a dû annoncer hier par télégramme cotte triste nouvelle à sa mère qui habite Pau. Le lieutenant était l'un de ses sept enfants.

Le capitaine Fiegenschuh avait pu accomplir ce tour de force glorieux de s'emparer d'Abécher, défendu par plusieurs milliers d'hommes avec 180 réguliers et 50 auxiliaires, après avoir remporté 1a veille à Djohamé un premier et très vif succès. Il avait remplacé Doudmourrah, le sultan du Ouadaï, par notre protégé Acyl, et comme nous l'avons dit l'occupation du Ouadaï est indispensable pour assurer la sécurité de nos possessions du Tchad, perpétuellement menacée par ces bandes de noirs islamisées a qui nous interdisons la traite des esclaves et le pillage, leur seule ressource.

Mais pour défendre une frontière de 1.200 kilomètres, pour maintenir la paix sur un territoire de 186,000 kilomètres carrés, noua disposons de 1.200 hommes, et il n'existe qu'une compagnie de méharistes, alors qu'il en faudrait trois, et quatre compagnies de tirailleurs ne seraient pas de trop. Enfin. il faudrait créer un service de renseignements analogue à celui qui existe dans le Haut-Sénégal-Niger. Dans les conditions actuelles, on est obligé de remplacer la force par l'audace; mais l'on ne peut éviter toujours de graves incidents comme celui dont la nouvelle vient de nous parvenir. Voici la note par laquelle le ministère des colonies communique les renseignements détaillés qu'il vient de recevoir par la voie Zinder-Dakar sur le guet-apens dont la colonne Fiegenschuh a été victime au Ouadaï ;

Le capitaine Fiegenschuh, commandant une compagnie de tirailleurs sénégalais stationnée à Abécher capitale du Ouadaï, depuis la prise de cette ville, le 2 juin 1909, s'est porté vers le Massalit au début de janvier 1910 pour y effectuer une reconnaissance. Confiant dans une lettre qu'il avait reçue du sultan de cette région, Tagedin, il avait tout lieu de croire que cette reconnaissance s'effectuerait pacifiquement. Il était accompagné de 109 tirailleurs sénégalais et d'un certain nombre de partisans armés de fusils et encadrés par le lieutenant d'artillerie coloniale Delacommune, le lieutenant de cavalerie Vasseur, le sergent d'infanterie coloniale Béranger et le maréchal des logis Breuillac.

A trois jours de marche au sud-est d'Abécher sur l'oued Kadja, à la frontière nord-ouest du Massabit, la colonne Fiegenschuh fut attaquée à l'improviste le 4 janvier 1910 à un point de passage très encaissé à Aber-Taouil, où elle s'était engagée sans méfiance. L'ennemi, dissimulé dans les rochers et les broussailles épineuses, décima la colonne sans qu'elle pût se défendre efficacement. Seuls, huit tirailleurs et quelques partisans s'échappèrent et purent rentrer à Abécher. Ont été tués le capitaine Fiegenschuh, les lieutenants Delacommune et Vasseur, le sergent Béranger, le maréchal des logis Breuillac, 101 tirailleurs et des partisans en nombre inconnu.

En transmettant ces tristes nouvelles, le lieutenant-colonel Moll, commandant du territoire militaire du Tchad, fait savoir qu'il a pris toutes mesures pour renforcer les effectifs militaires à Abécher. Les forces dont nous disposons au Ouadaï et dans la région avoisinante s'élèvent à environ cinq cents hommes répartis le long du Bahr-el-GhazaI entre Atya (Ati) et Abécher. Notamment, cette ville avait une garnison de 310 hommes avant la disparition de la colonne Fiegenschuh. D'autre part, des ordres ont été immédiatement télégraphiés à Brazzaville pour mettre à la disposition du commandant militaire du Tchad la compagnie en résidence à N'Délé (Dar-Kouti) prélevée sur les troupes de la colonne de l'Oubanghi-Chari. Il y a tout lieu de penser que ces mesures de précaution suffiront, pour le moment du moins, à assurer la sécurité de nos postes et à prévenir toute répercussion fâcheuse sur les territoires détachés de l'ancien Ouadai et sur lesquels s'exerce depuis plusieurs années déjà notre autorité.

Le Temps – 17 février 1910

Expédition contre les pirates en Indochine

Qui a découvert le Pôle Nord

Mise en service du croiseur Ernest Renan


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Pluie de ballons

Combat dans l'Adrar - 19 bléssés

Le nouveau spectacle du Grand Guignol

EN BREF

Explosion dans une parfumerie - La rupture d'un alambic a occasionné hier une explosion d'une certaine gravité dans le laboratoire de parfumerie de M. Bing, 5, rue Pierre-l'Ermite. M. Henri. Raynard, chimiste, qui se trouvait dans le laboratoire, a été grièvement brûlé à la tête et aux mains. On l'a transporté à Lariboisière. En outre, la gardienne de l'immeuble, Mme C. Cartigny, et ses deux jeunes enfants, Marcel et Georgette, ont été blessés par des éclats de verre. Ces quatre personnes se trouvaient enfermées dans le local où le feu s'était déclaré, l'explosion ayant fait tomber la devanture en fer. Il a fallu qu'elles fussent délivrées par les gardiens de la paix venus pour éteindre l'incendie qui avait gagné le premier étage.Les dégâts sont importants. Le Figaro - 17 février 1910

Tempête sur Tarbes - Pendant plusieurs heures, cette nuit, un vent d'une violence extrême a causé en ville et surtout dans la campagne des dégâts considérables. Plusieurs fermes ont été emportées ou ensevelies par la tourmente, notamment dans l'arrondissement d'Argelès. Si les pluies torrentielles continuent, des inondations et des avalanches sont à craindre. Le Figaro - 17 février 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]