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18 févr. 10

Les actualités du 18 février 1910

Duc des Abruzzes

L'exploration de l'Himalaya par le Duc des Abruzzes

Le duc des Abruzzes a fait, mercredi soir, au théâtre Victor-Emmanuel, à Turin, devant une nombreuse assistance; où l'on remarquait la princesse Laetitia, duchesse d'Aoste et le duc de Gênes, une conférence sur l'expédition audacieuse qu'il vient de faire dans l'Asie centrale, et au cours de laquelle il a battu tous les records pour les ascensions de montagne.

Cette campagne périlleuse a duré du 17 avril, date de l'arrivée de l'expédition à Srinnagar, capitale du Kashmire, au 11 août, date de son retour dans cette ville. Pendant quatre mois, le prince et ses compagnons ont été sans cesse par monts et par vaux à des altitudes insensées. Le 24 mai, ils campent devant le mont Goldwin Austen, le second sommet du monde, jusque-là connu il a 8,610 mètres, tandis que son voisin l'Everest en compte 8,840 au point de jonction de trois immenses glaciers qui mesurent 65 kilomètres de long. Ils sont à 5,033 mètres d'altitude.

Les voyageurs y campent pour explorer les versants de la montagne dont ils tentent l'escalade par trois côtés différents. Au cours d'une de ces tentatives, ils arrivent, à 6,666.mètres, à un col inexploré auquel le prince donne le nom de col de Savoie et d'où il embrasse au nord et au nord-est la vallée d'Oprang sur le versant inexploré qui mène au Thibet.

Tout le mois de juin se passa en ascensions diverses, dans l'immense région inexplorée qui s'étend à l'est. Du Karakoram. En juillet, le .duc des Abbruzzes et ses compagnons, son aide de camp, le marquis Negrotto; M. Victor Salla, le docteur Philippe de Filippi et huit guides alpins, sont au Bride Peak; le 10, il campe à 6,604 mètres sur une crête du Brida, et le 17, il montait jusqu'à une altitude, de 7,493 mètres, qui n'avait jamais été atteinte par aucun homme sur les montagnes.

Des relevés que rapporte le prince, il ressort que le second sommet du monde est non pas le Goldwin Austen, mais bien le Bride Peak, qui a 8;270 mètres; il a en outre fait d'importantes observations sur la raréfaction de l'air à ces hautes altitudes.. Jusqu'à 5,000 mètres, aucun membre de l'expédition ne s'est senti incommodé. Entre5,000 et 6,000 mètres, il y a ,eu des cas d'insomnie et de manque d'appétit, ét le pouls a été plus fréquent que dans les conditions normales mais on a pu cependant marcher régulièrement.

Au-dessus de 6,500 mètres, le duc et trois guides sont restés pendant plus de huit jours sans éprouver de troubles ils ont ressenti seulement une accélération du pouls, Sur les pentes peu inclinées, jusqu'à 6,800 mètres, on a pu faire des marches de plus d'une, heure sans arrêt. Au-dessus de 6,800 mètres, sur la crête rapide du Bride Peak, avec une mauvaise neige, on a dû beaucoup ralentir la marche et s'arrêter tous les quarts d'heure.

Le duc fait remarquer que les forces physiques des membres de l'expédition, après cinquante jours passés sur le Baltors, étaient certainement diminuées. Le duc attribue la diminution des forces à l'altitude et non pas à l'alimentation avec des viandes de conserve. Il pense que du moment que l'organisme supporte,à 7,500 mètres une diminution de pression d'environ 450 millimètres, il peut résister encore à une pression de 50 millimètres sur les sommets les plus élevés de la terre; mais on ne peut certainement faire à des altitudes très élevées les mêmes efforts qu'à des altitudes moindres. Les difficultés, sur les cimes de l'Himalaya, sont les mêmes que sur les Alpes, mais elles ont des proportions beaucoup plus grandes.

Le duc des Abruzzes, à la fin de la conférence a été l'objet d'une ovation enthousiaste, et il a dû se représenter pour remercier le public qui, debout, l'a bruyamment acclamé.

Le Figaro – 18 février 1910


EN BREF

Trop velu pour faire un soldat - Oran, 18 février— Parmi les jeunes gens examinés ce matin par le conseil de révision d'Oran se trouvait un cas physiologique exceptionnel. Un conscrit nommé Sanchez s'est révélé au conseil velu comme un homme préhistorique, mais seulement du coté gauche. La démarcation est nettement tranchée. Bien qu'il fût solidement constitué, ce conscrit a été exempté. Le conseil a voulu sans doute éviter les plaisanteries dont il aurait sûrement été l'objet à la caserne de la part de ses camarades. Le Matin – 19 février 1910

Incendie meurtrier a bord d'un sloop – Brest - Un sloop, Jeanne d'Arc, mouillé dans le bassin du port de commerce, était chargé de celluloïd. Ce matin, un matelot commit l'imprudence d'approcher une chandelle trop près du chargement qui prit feu. On dut couler le bâtiment pour éteindre l'incendie. La coque, qui reste seule, a été relevée cet après-midi, et on a retrouvé les corps du capitaine Keromnes et du mousse Moal, complètement carbonisés. Le matelot Mageas et le mousse Mevel ont été très grièvement brûlés. Le Figaro – 18 février 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]