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20 févr. 10

Les actualités du 20 février 1910

boxeurs

Le championnat de boxe s'achève sans vainqueur

Le titre de champion de boxe anglaise de la catégorie des poids mi-moyens (welter-weight) reste toujours en compétition. Le match qui eut lieu hier soir n'eut pas de résultat malgré ses vingt-cinq reprises de trois minutes. L'arbitre le déclara nul.

Il ne faudrait pas en conclure que la rencontre qui mettait aux prises Harry Lewis et Willie Lewis fut quelconque. Bien au contraire elle fut passionnante de bout en bout, et rarement il fut donné au public parisien un tel match de boxe, également scientifique et combatif. Willie Lewis, dont la garde était défectueuse au début, roula à terre deux fois à la première reprise, d'abord quatre secondes, puis sept secondes. On le crût un moment vaincu, mais il parvint à tenir jusqu'à la troisième minute.

Cette entrée émouvante fit chanceler la confiance de Willie qui pendant douze reprises se défendra contre les coups redoublés de son adversaire dont le jeu rapide, vif, bien suivi, ravit l'assistance. Une fois de plus, à la onzième reprise, Willie reçoit un cross à la mâchoire qui l'abat. Il se relève chancelant et résiste jusqu'à la fin de ce round malgré les attaques incessantes de Harry.

Le match continue splendide. A la trente-sixième minute, Willie s'est enfin ressaisi ; au quatorzième round, il s'est repris complètement, et le public retrouve le Willie dont la garde impeccable s'allie au jeu rapide et plus scientifique que celui de Harry. A partir du dix-septième round, il mène la danse des poings qui vont à la mâchoire de son adversaire. Mais celui-ci ne pare même pas ; il a mieux qu'une bouche en bois, il possède une mâchoire en ciment armé : les swings, les cross, les uppercuts ne donnent aucun résultat.

A ce moment, et jusqu'à la fin du match, Willie possède un avantage marqué. De temps en temps, Harry semble reprendre le meilleur ; mais Willie se défend comme un lion. Et la décision de l'arbitre, M. Lawrence, l'entraîneur bien connu, semble donc juste. Elle fut cependant diversement appréciée, soit par les partisans de Willie qui applaudirent à outrance, soit par ceux de Harry qui protestèrent hautement. Le titre de champion reste donc en compétition. Willie Lewis et Harry Lewis auront toujours toutes facilité pour se mesurer contre Gardiner et contre Sullivan.

Le Matin – 20 février 1910


EN BREF

Un ouragan sans précédent à Saint-Etienne - Saint-Etienne, 19 Février. Depuis ce matin, il souffle sur la ville et dans la région un vent d'une violence telle qu'on ne se souvient pas d'en avoir vu de pareil depuis longtemps, sinon depuis toujours. C'est au point qu'en certaines rues, notamment nue Gérentet, on a dû poster des agents pour écarter les passants de maisons dont les toits tombent tuile par tuile sur la chaussée, et qu'en certains quartiers, par exemple place Fourneyron, des barrages de gardiens de la paix ont été établis pour empêcher le passage. Encore ces braves gens étaient-ils parfois aussi, violemment roulés et bousculés que les passants à la sécurité desquels ils étaient commis, ce qui ne paraîtra pas étonnant lorsqu'on saura que des attelages complets, cheval et voiture, ont été jetés en dehors de leur route par l'ouragan. Quant aux cheminées abattues et aux vitres brisées, on ne les compte pas. Une veuve Fayard qui passait rue de la Bourse a été tuée par un châssis de lucarne qui lui est tombé sur la tête. Sa fille qui l'accompagnait a été blessée. Aux environs, une voiture d'un train-tramway a été soulevée hors des rails et renversée par la violence du vent. Le Petit Journal – 20 février 1910

us-1908 Explosion d'une poudrerie en Amérique - New-York, 18 Février.La ville de San Lorenzo, dans la Californie, a été violemment secouée, hier, par une formidable explosion. La poudrerie Trojan venait de sauter en l'air et était complètement détruite par les flammes. Le bruit de la détonation a été entendu à plusieurs lieues à la ronde et presque toutes les vitres de la ville ont volé en éclats. Un certain nombre d'employés de l'usine ont disparu. On craint que leurs cadavres ne se trouvent sous les décombres. Le Petit Journal – 19 février 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]