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26 févr. 10

Les actualités du 26 février 1910

vierge folle

La vierge folle au Gymnase

On apporte aux pièces de M Henry Bataille une noble curiosité, faite surtout de l'espérance de belles choses On suit d'avance maintenant que l'œuvre, fût-elle inégale, contiendra des passages, des actes d'une réelle puissance qui parlent autant à notre intelligence qu'à notre cœur. C'est le privilège des artistes véritables d'inspirer des sentiments aussi sincères et des joies aussi pures; Sans doute, il se mêle à l'âpre franchise de M Bataille un charme pervers, une pointe de morbidezza, mais cet air de langueur et ces élégants stigmates du vice répandus sur ses ouvrages donnent un attrait de plus : la captivante tristesse de la vie.

Cette fois, la Vierge toile n'a pas trompé nos espérances. C'est un franc et magnifique succès et rien n'est plus agréable au critique que de le constater : il entre dans son aveu la reconnaissance que l'auditeur doit a l'auteur pour le plaisir offert. Dès le début, l'action s'engage avec une netteté et une rapidité remarquables; pas d'hésitation, de piétinements. M Bataille se collette avec son sujet; il le saisit d'une main ferme et le mène rondement, il montre par là qu'il n'a rien à envier aux vieux routiers du théâtre et qu'il sait, lui aussi, traiter de la façon la plus dramatique le plus douloureux fait divers.

Le sujet de la Vierge folle n'est pas autre chose et pourrait se résumer en quelques mots : une toute jeune fille de haute noblesse est séduite par un bourgeois, marié, avocat illustre, quadragénaire vigoureux. Sa faute découverte, la jeune fille promet à sa famille d'entrer dans un couvent jusqu'à sa majorité ; mais elle se rend auprés de son amant et fuit avec lui. Ce dernier abandonne sa femme qui, elle, ne l'abandonne pas : elle reste fidèle à son amour. Aussi lorsque la jeune fille découvre la force et la beauté héroïque de cet amour, avec cet esprit chevaleresque de sacrifice et de mépris de la mort qu'a la jeunesse, elle se tue.

Certes, ce n'est point pour dénaturer et trahir l'œuvre de M. Bataille que je l'ai réduite à sa plus simple expression, mais pour affirmer que sur ce thème, qui n'est point nouveau, le poète a réussi à écrire un drame pathétique, plein de cette originalité qui vient de la vérité même des situations décrites et des sentiments exprimés. Oui, de cette aventure banale comme les plus tragiques choses humaines, M. Bataille a fait quatre actes émouvants. II s'y montre à la fois tendre, amer, touchant et profond.

De quelle main sûre et légère il met à nu le cœur meurtri de la femme délaissée ! Car c'est elle la figure principale de la pièce, le morceau de prédilection du peintre dramatique. Avec quel art des nuances, il expose sa misère, sa détresse ! Il a des trouvailles d'expression magnifiques, qui nous donnent le frisson parce qu'elles nous frappent au plus vif de notre être. Les larmes jaillissent naturellement, sans qu'on les ait provoquées par des moyens grossiers et artificiels. Nous assistons à des scènes vivantes ; nous voyons souffrir le cœur humain. C'est là le triomphe et la récompense de l'artiste.

Le Petit Parisien – 26 février 1910


EN BREF

Une reine de Bohême aux fêtes de la Mi--Carême — Le comité des fêtes de Paris a eu la délicate pensée de profiter des fêtes de la Mi-Carême pour témoigner à la nation tchèque les sentiments de cordiale fraternité qui animent la population parisienne à son égard.Dans cette intention, il s'est assuré la collaboration d'un groupe de Tchèques résidant à Paris et qui ont bien voulu se charger de faire venir à Paris une reine, nommée par les Parisiens résidant à Prague, et par les Tchèques ayant visité Paris. Cette jeune beauté se présentera à Paris en costume national de Bohême. Une délégation importante de notables commerçants de la ville de Prague l'accompagnera. La délégation arrivera samedi soir par l'express de Strasbourg. Le Temps – 26 février 1910

Un ouragan sur Paris cause d'importants dégâts - Un véritable ouragan s'est abattu sur Paris, hier, vers la fin de l'après-midi, et a causé plusieurs accidents. En gare de Paris-Austerlitz, le train postal de- Bordeaux était amené à quai, vers cinq heures et demie de l'après-midi, lorsque tout à coup a éclaté un bruit assourdissant qui a fait croire, au premier abord, à quelque tamponnement de trains. La première surprise passée, on s'est aperçu que les voies et les quais étaient recouverts par des milliers d'éclats de verre tombés du haut de la marquise, d'une hauteur de trente mètres. Voici ce qui s'était passé: Le vent qui, pendant tout l'après-midi, a soufflé avec une grande violence, s'est introduit en tourbillon sous le vaste hall de la gare, par le côté ouvert de la marquise. Parvenue vers le milieu du hall, la tornade, ne trouvant plus d'issue, a littéralement soulevé tout, un panneau de la toiture, d'une surface de cinquante mètres carrés environ, et a passé au travers. En retombant, les verres se sont brisés, criblant le train postal et le quai de milliers de, projectiles. C'est miracle que les nombreux postiers ambulants, qui se trouvaient, là, ainsi que de nombreux agents de la gare et quelques voyageurs n'aient pas été. blessés. Les verres brisés sont très épais, et on s'imagine aisément les blessures qu'ils auraient pu faire, tombant d'une pareille hauteur. La zone dangereuse, où il continuait à pleuvoir de temps en temps, de nouveaux éclats de verre, a été immédiatement isolée, et le service de la gare a pu se continuer sans encombre. Par suite de la violence du vent, un échafaudage servant à la construction d'un immeuble, 100, rue Caulaincourt, a menacé de tomber. Il a été consolidé en attendant que l'entrepreneur prenne les dispositions, nécessaires. La circulation a été interrompue sur ce point en raison du danger que présente la chute des sapines. Une palissade de 4 m. 50 de hauteur et 10 mètres de longueur s'est renversée rue Vaneau, en face du n° 65 sur Mlle Marguerite Masson, demeurant 34 rue de Babylone. Mlle Masson a été blessée assez grièvement et transportée à l'hôpital Laënnec. Le Petit Journal – 26 février 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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