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28 févr. 10

Les actualités du 28 février 1910

belgique Les inondations en Belgique

Liege inondation

Des nouvelles graves nous arrivent de la Belgique, qui subit depuis deux jours une crue formidable de tous les cours d'eau qui la baignent et est menacée de désastres comparables à ceux qu'ont éprouvés Paris et ses environs. Bruxelles, elle-même, n'est pas indemne, car la Senne y a débordé et recouvre les faubourgs et la banlieue. De Gand, on signale le débordement en de nombreux points des Flandres, de l'Escaut et de son affluent, la Lys. D'immenses étendues de terrains sont inondées. Mais c'est surtout dans les bassins de la Sambre et de la Meuse que l'inondation se fait terriblement sentir.

On mande de Mons que le niveau de la Sambre a monté de plus de deux mètres à Guesmes, Baudour, Gulin, Maisières, Neuville. Des affaissements de terrains se sont produits; les chemins sont coupés. L'infiltration des eaux a provoqué d'énormes dégâts à Baisieux. Les autres rivières ont toutes débordé aussi dans la nuit de samedi à dimanche. La Trouille a monté de plus de 2 m. 50, Dans les maisons riveraines, tous les rez-de-chaussée ont 2 mètres d'eau. A la frontière de Bavay et à La Longueville, les cours d'eau français arrivent en torrents.

Dans la région de Charleroi, la situation est des plus critiques. La Sambre a débordé sur de nombreux points de son parcours. A Charleroi, deux rues sont déjà envahies par les eaux. Les bouches des égouts et toutes les caves riveraines de la ville basse sont inondées. A Marchiennes, la. place Verte, le pont Beghin, la route de Gosselies et la rue Ranaud sont submergées depuis cinq heures de l'après-midi. A Chatelet, la station est envahie. Les trains vers Liège et Paris passent dans l'eau. Les rues du quartier de la station sont inondées à Chatelineau. Les établissements industriels à Marchiennes-Est ont été envahis par les eaux à six heures du soir; le travail devra donc être suspendu. Environ 5,000 ouvriers sont obligés de chômer.

De Namur on télégraphie que la Meuse était, hier matin à neuf heures, à 1 mètre au-dessus de la plus haute cote atteinte le mois dernier. A la frontière française, le bureau de l'octroi est isolé. Il y a 0 m. 50 d'eau dans l'église d'Anseremme. A Dinant, les quais et les promenades sont submergés. Les caves sont inondées, ainsi qu'un certain nombre de cuisines. L'eau a envahi la place de Meuse et s'est répandue dans les rues avoisinantes. Le fleuve a débordé, sur tout son cours de Dinant à Namur, où les caves de l'hôpital ont été. envahies et où la rue du Lombard est inondée. A Andenne et à Seilles, des maisons ont été envahies par les eaux.

La situation n'est pas meilleure pour les localités baignées par les affluents. La Lesse, la Semoy se sont répandues dans les, campagnes, causant partout d'énormes dégâts. L'Heure déborde à Walcourt. La ligne du chemin de fer est en grande partie submergée. A Liège, enfin, la situation s'est fortement aggravée pendant la nuit, le long de la Meuse et de ses affluents. Dimanche, à midi, le fleuve, monté à quatre mètres au-dessus de son étiage normal, a franchi les rives et inondé la vallée. A Tilleur, l'eau atteint .cinquante centimètres dans les rues. A Jumeppe, toutes les rues du centre sont inondées, de nombreuses maisons ont dû être évacuées d'urgence et sont sous l'eau.

A Plemelle-Grande, toute la campagne est inondée et plus de 200 maisons sont inondées. A Ombret, plusieurs usines sont submergées, ainsi que les réservoirs à charbon. Les ouvriers ont dû quitter le travail. Et on annonce pour aujourd'hui une hausse nouvelle de 60 centimêtres de la Meuse. L'anxiété est à son comble.

Le Figaro – 28 février 1910


EN BREF

Visite désagréable - Une vingtaine de clients, la plupart artistes de music-hall, dînaient samedi soir dans un restaurant du faubourg Saint-Martin, lorsque M. Vallet, chef de la brigade mobile, fit irruption dans l'établissement, accompagné d'agents. Toutes les personnes présentes durent se rendre au poste de la mairie du dixième arrondissement où, après avoir été interrogées et fouillées, elles furent remises en liberté. Il paraît qu'on avait signalé ce restaurant comme servant de lieu de rendez-vous à une bande de cambrioleurs dite bande des Marseillais. C'est pour cela qu'en vertu d'un mandat délivré par le préfet de police, le commissaire y était, venu. Le patron affirme qu'il y a là une erreur, et que, depuis qu'il a pris l'établissement, la clientèle a été soigneusement apurée et renouvelée.Cette affaire a provoqué une vive émotion dans le monde des cafés-concerts. Le Figaro – 28 février 1910

Tempête en Gascogne - Bayonne. Une tempête très violente sévit depuis hier dans le golfe de Gascogne. Le vent, la grêle, la pluie et le tonnerre font rage. Dans les vallées du pays basque, des inondations sont à craindre. On signale de fortes chutes de neige dans les montagnes de Navarre et d'Aragon. Une barque de pêche, montée par cinq hommes, a chaviré sur des brisants en voulant rentrer dans le port de Guethary. Un homme de l'équipage s'est noyé, il laisse une veuve et trois enfants. Le Figaro – 28 février 1910

La mi-carême. — Une reine déposée — La reine des reines, élue le 6 février, se trouvant gravement malade et ne pouvant prendre part à aucune des cérémonies et fêtes des jours prochains, le bureau du comité des fêtes de Paris a décidé de proclamer reine des reines pour 1910 la jeune fille qui fut désignée aussitôt après elle par le scrutin, Mlle Elisa Gaillard, couturière, reine du syndicat des marchands du carreau du Temple. Le Temps - 28 février 1910

Une mort affreuse — Samedi matin, à leur arrivée au travail, les ouvriers des verreries Gallé, à Nancy, durent éteindre un tas de coke placé à proximité des fours qui étaient en pleine incandescence. Tandis qu'on déblayait le tas de coke calciné, on trouva au milieu des cendres des débris d'ossements calcinés et un morceau de fémur auquel adhérait encore quelque chair. C'étaient les restes du veilleur de nuit, Joseph Fromin, âgé de quarante-deux ans. Le malheureux qui était chargé d'alimenter les fours de la verrerie, avait accompli cette tâche, ainsi qu'en témoignent les enregistreurs de rétablissement, jusqu'à trois heures du matin. On suppose qu'à cette heure, comme il s'acquittait de ce travail, il a dû être asphyxié par un retour de flammes et de gaz. Il se sera affaisse à côté du four d'où des charbons incandescents sont tombés sur le tas de coke qui prit feu et le corps du malheureux fut entièrement carbonisé. Le Temps - 28 février 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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