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02 mars 10

Les actualités du 2 mars 1910

halluin

Violents incidents de grève à Halluin

Halluin (Nord), 1e Mars. Après plusieurs longs mois de calme, calme d'autant plus étonnant que la misère règne, la grève des tisseurs de toile d'Halluin menace de prendre une tournure tragique, qui n'est pas sans donner de vives inquiétudes aux autorités. Le point de départ des troubles a été le suivant : au cours d'une réunion tenue samedi, les grévistes avaient décide que les ouvriers des établissements Dafretin et Lemaître-Demeestere, où l'accord est conclu, se présenteraient le lundi matin devant les usines pour réclamer l'ouverture des portes et pour reprendre le travail. C'était chose impossible car les patrons, aux termes du contrat passé entre eux, ne peuvent rouvrir leurs usines isolément, le travail ne pouvant être repris que dans toutes les usines à la fois.

Dès huit heures du matin, plus de 3.000 grévistes sont devant les établissements, gardés par des gendarmes, l'arme au pied. Les ouvriers des usines non en grève quittent le travail pour se joindre à eux. Il y a de l'orage dans l'air ; on sent que tous ces hommes, sans pain depuis longtemps, veulent, bon gré, mal gré, reprendre le travail pour nourrir leurs enfants. Cependant; bien que la porte de l'usine Lemaître-Demeestere ait été enfoncée, force reste aux gendarmes, et l'agitation est de courte durée.

Il n'en a pas été de même ensuite. La première manifestation commença vers neuf heures devant l'usine Lemaître dont la porte est toujours close. Quatre à cinq cents grévistes en font le siège, brisant les vitres à coups de brique. Lorsque arrive la gendarmerie à cheval, la fureur des manifestants se tourne contre les représentants de l'autorité qui sont, eux et leurs chevaux, frappés avec violence. Les grévistes, dont le nombre augmente de minute en minute, sont, à dix heures, devant l'usine et l'habitation de M. Defretin.

Bientôt, les briques pleuvent ; les fenêtres sont arrachées ; les vitres sont brisées. La foule est maîtresse de la rue, malgré les charges répétées des gendarmes a pied et à cheval, ordonnées par M. Tavernon; commissaire de police. A onze heures, de 500 le nombre des perturbateurs est passé à 3.000. Il ne reste plus une seule vitre au tissage Ovigneur, dont la porte cochère a été enfoncée avec le timon d'un camion. Malgré les charges, les bureaux des établissements André, Huet et Cie sont mis à sac, les employés roués de coups. Le tissage Lemartre-Demeestere est saccagé du haut en bas. Le service d'ordre est totalement débordé. Une gréviste, arrêtée par les gendarmes, est délivrée par la foule furieuse.

La rage des émeutiers ne connaît plus de bornes ; tout est fermé à Halluin, la poste, les banques, les maisons particulières. Le spectacle est navrant, d'autant plus qu'il n'y a dans là ville, qu'une soixantaine de gendarmes pour veiller à la sécurité. Des renforts de troupes sont demandés.

Le Petit Journal – 2 mars 1910


EN BREF

La saison d'opéra de Marseille arrêtée par une grève - Marseille, 1er Mars - Les machinistes et les musiciens de l'orchestre de l'Opéra municipal de Marseille, qui est subventionné par la ville, viennent de se mettre en grève. Déjà, hier soir, la représentation de Werther avait failli ne pas avoir lieu, les musiciens et les machinistes ayant présenté au dernier moment au directeur de notre première scène, M. Saugey, un programme de revendications qui ne fut pas accepté. Mais, grâce à l'intervention de M. Roger adjoint au maire, délégué aux Beaux-Arts, les pourparlers furent renvoyés à cet après-midi et Werther fut joué sans incident. Les délégués du syndicat des musiciens et ceux du syndicat des machinistes ont eu une dernière conférence ce soir, avec M. Saugey, à la mairie, en présence de l'adjoint, M. Roger. Les réclamations du personnel du Grand-Théâtre portaient plus particulièrement sur le payement d'heures supplémentaires pour certaines répétitions, et pour les spectacles qui excèdent 4 heures de durée. Les musiciens demandèrent aussi le rengagement, pour la prochaine saison, de tous les artistes de l'orchestre actuel, et une augmentation de un franc par jour et par musicien ; les machinistes demandaient le repos hebdomadaire. L'accord n'a pu se faire, et les musiciens et les machinistes, réunis ce soir en assemblée générale, ont voté la grève immédiate. Dans ces conditions, l'Opéra municipal a annoncé relâche pour ce soir, alors que déjà un nombreux public faisait la queue sur la place du Grand-Théâtre pour la deuxième représentation de Monna Vanna. D'autre part, M. Saugey vient d'informer le maire qu'il se voit contraint de fermer définitivement les portes de l'Opéra municipal, dont la saison ne devait prendre fin que le 15 avril. Le Petit Journal – 2 mars 1910

Noyé dans un chantier — Hier, boulevard Saint-Germain, un ouvrier terrassier, Camille Mathieu, 40 ans, s'est noyé dans un chantier inondé du Métropolitain nord-sud. Il se trouvait sur un radeau, en compagnie de deux autres ouvriers. Tous trois inspectaient la voûte et les parois du souterrain quand tout à coup l'embarcation chavira. Le malheureux Mathieu disparut tandis que ses camarades parvenaient à s'accrocher a des madriers. Le corps a été retrouvé quatre heures après. La Croix – 2 mars 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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