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03 mars 10

Les actualités du 3 mars 1910

Les mystères sanglants de la rue Botzaris

Rue botzaris

Le 30 octobre 1892, on découvrit, dans un chantier de la rue Botzaris, derrière une palissade, le cadavre d'une femme, coupé en douze morceaux enveloppés dans un tablier de toile bleue. La tête manquait. Or, hier, rue Botzaris encore, derrière une palissade, dans un terrain vague, on a trouvé une tête de femme fraîchement coupée, enveloppée dans un tablier de toile bleue. L'enquête policière n'a fourni encore aucun indice. En 1892, les investigations de M. Goron se prolongèrent pendant plusieurs mois sans aboutir. On ne connut pas l'identité du cadavre décapité. A plus forte raison ne sut-on pas le nom des assassins.

La rue Botzaris longe le parc des Buttes-Chaumont. Elle est bordée d'un côté par la grille de ce parc. De l'autre, par des maisons que séparent des terrains vagues. Dès la nuit tombée, l'endroit est suspect et l'on ne s'y aventure qu'avec méfiance. A deux cents mètres de là s'étendent, bordées par de mauvaises palissades, les anciennes carrières d'Amérique, où se réfugient, depuis cinquante ans, les rôdeurs et les escarpes.

Hier matin, vers onze heures et demie, l'agent Louvelle, qui habite rue Botzaris, sortit pour une petite promenade. Son chien gambadait devant lui.L'agent pénétra dans un grand terrain vide. Ce terrain, c'est le n° 52 de la rue Botzaris. Soudain, le chien tomba en arrêt devant un assez gros paquet enveloppé d'un tablier bleu, un gros tablier de ménagère. En vain son maître essaya de le rappeler. L'animal jouait avec le paquet et grognait sourdement.

A ce moment arriva M. Sinsarric. M.Sinsarric est gérant du terrain. Chaque jour; il vient y faire une ronde. Il vit le paquet, enleva le tablier, déchira plusieurs journaux et eut entre les mains une tête coupée. C'était la tète d'une jeune fille horriblement mutilée. Le nez et l'oreille droite avaient été coupés, la lèvre supérieure arrachée. Il semblait que l'assassin eût tranché le cou avec un mauvais couteau. Et il avait aussi tailladé l'oreille gauche et la lèvre inférieure. Les yeux brun clair étaient grands ouverts, sous les sourcils foncés, nettement dessinés. Les cheveux blonds décolorés, semble-t-il-très fins et abondants, restaient attachés à cette tête sanglante, qui laissait couler encore des gouttes tièdes sur les mains de M. Sinsarric.

Celui-ci ne put supporter cette vue. Il s'évanouit. La tête roula sur le sol. L'agent Louvelle la ramassa et la porta au commissariat de la rue Pradier. M. le commissaire Guvillier prévint aussitôt le service de la Sûreté et l'enquête commença. Elle n'a donné encore aucun résultat. On a trouvé, mêlées à la chevelure, des épingles noires en celluloïd, et puis quelques touffes de faux cheveux. M. Bertillon a photographié la tète. Des agents, porteurs de cette photographie, se sont rendus chez les hôteliers et les logeurs des dix-neuvième et vingtième arrondissements. Peut-être l'un de ces commerçants pourra-t-il reconnaître la victime, malgré les mutilations du visage. D'autre part, on recherche si une jeune femme n'a pas disparu dans l'un des quartiers voisins.

On suppose que la tête coupée a été jetée dans le terrain vague après huit heures du matin. En effet, à cette heure-là, le chien de l'agent Louvelle était dans le terrain vague, et ne s'est pas arrêté. Les habitants de la rue Botzaris n'ont entendu aucun bruit. On ne sait rien. M. le juge Warrain a été chargé d'instruire sur ce crime mystérieux. Il a commis le docteur Socquet pour examiner la tête coupée.

Le Figaro – 2 mars 1910


EN BREF

IndiaArrivée triomphale du Dalai-Lama à Darjeeling Darjeeling – 1er mars - Le dalai-lama est arrivé ici en grande pompe, à quatre heures un quart cet après-midi, accompagné du radjah Koumar du Sikkim et de tous les représentants de la communauté thibétaine. Eh tête du cortège marchaient les lamas de Darjeeling, portant des bannières de soie jaune et jouant d'étranges instruments. Derrière eux venaient des forces de police bengalaise et des Thibétains montés sur des mules efflanquées. La route était bordée de photographes et d'opérateurs de cinématographes. Le dalaï-lama était porté dans un palanquin de soie jaune. Il était suivi de plusieurs centaines d'indigènes et d'enfants revêtus d'étoffes jaunes ou rouges. De Pashok à Darjeeling, le dalai-lama fit le trajet sur un poney complètement recouvert de soie jaune ornée de pierreries et tissée d'or. Sa Sainteté, dont le teint est fort bronzé, semble d'une intelligence supérieure. Avant d'entrer dans Darjeeling, le dalai-lama et sa suite pénétrèrent dans une chaumière, où un déjeuner thibétain leur fut servi. C'est pendant ce déjeuner que le représentant du gouvernement et le secrétaire de la communauté bouddhhiste de Darjeeling vinrent le saluer. De tous côtés la foule brûlait de l'encens, multipliait les génuflexions et jetait du riz à pleines poignées. une foule énorme assistait à l'entrée du dalai-lama dans la ville. Un magnifique tapis rouge était étendu devant l'entrée de son hôtel. Le représentant du gouvernement, le radjad Koumar et le propriétaire de l'hôtel conduisirent le dalai-lama dans la chambre qu'ils lui avaient réservée à l'étage supérieur de l'édifice. ' J'ai appris que le dalai-lama allait offrir bientôt une réception dans le grand salon de l'hôtel. La communauté bouddhiste de Darjeeling va tenir demain une réunion pour protester contre l'attitude du gouvernement chinois à l'égard du dalaï-lama et demander au gouvernement des Indes de venir en aide au souverain thibétain si le besoin s'en faisait sentir. Le Matin – 3 mars 1910

us-1908

Deux trains ensevelis aux Etats-Unis - Everett (Etat de Washington), 2 mars - Une avalanche qui a glissé tout le long des pentes ouest des montagnes Cascade a enseveli deux trains de voyageurs et quatre locomotives électriques sur la ligne du Great Northern. L'avalanche a brisé tous les fils télégraphiques dans un rayon de plus de 25 kilomètres. Aussitôt que la nouvelle du désastre fut connue à Everett, qui se trouve situé a 160 kilomètres à l'ouest des montagnes Cascade, un train spécial partit immédiatement, emportant des médecins et des infirmiers. Près de Wellington, une partie de la ligne ayant été arrachée par l'avalanche, les docteurs et les infirmiers durent descendre et accomplir à pied tout le reste du trajet jusqu'au lieu du désastre. On annonce que la station, d'électricité de la Great Northern Company ainsi que le réservoir d'eau de la gare sont détruits. Le Matin – 3 mars 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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