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07 mars 10

Les actualités du 7 mars 1910

allemagne Berlin manifeste pour le suffrage universel

manifestation berlin

Berlin, 6 Mars. Je vous ai dit, hier, les craintes qu'avait suscitées, dans les milieux officiels l'annonce de la manifestation socialiste organisée par le Vorwaerts pour l'obtention du suffrage universel en Prusse. Ce matin, le Vorwaerts, pour ne pas encore tomber sous le coup de la loi en ayant l'air de convier la population à des manifestations politiques bruyantes, avait simplement annoncé pour une heure et demie de l'après-midi, une "promenade" sans indiquer le parcours.

Des mesures d'ordre très sérieuses avaient été prises ; des emplacements ordinairement ouverts au public, comme le parc de Treptow, avaient été interdits ; des troupes en nombre imposant avaient été tenues en réserve. C'est au Thiergarten, par un beau soleil, qu'a eu lieu la manifestation proprement dite. Une trentaine de mille personnes ont envahi le Thiergarten par petits paquets sans que l'ordre fût troublé. Les manifestants qui circulaient paisiblement criaient de temps à autre : "Vive le suffrage universel !" Les allées étaient noires de monde.

La police qui redoutait une surprise avait mobilisé ses forces depuis ce matin. L'accès des Linden et des avenues conduisant au palais était barré. Les avenues conduisant à Treptow étaient interdites, même aux tramways, et les trains de banlieue ne s'arrêtaient pas à Treptow. A ce moment, la manifestation était très paisible et l'on pouvait espérer que la journée se passerait sans incidents.

Le calme qui avait régné dans les premières heures de l'après-midi ne s'est malheureusement pas maintenu par la suite. A Treptow et sur différents points on signale de plus ou moins violentes rencontres avec la police. Il semble, jusqu'à présent, que ce soit à Treptow que ces rencontres, aient eu le caractère le plus grave. Plus de 50.000 personnes s'y étaient rendues, malgré la fermeture annoncée du parc.

Bientôt la foule, fatalement concentrée sur certains points, par suite des nombreux barrages établis, commença à être nerveuse. La Marseillaise du Travail, entonnée par intervalles, prenait un ton plus agressif. La police et la gendarmerie, obligées de repousser, à plusieurs reprises, les manifestants, perdaient patience. Des témoins oculaires prétendent que certaines des charges qu'elles firent sabre au clair furent assez brutales. Il y aurait eu une cinquantaine d'arrestations. Plusieurs blessés auraient également été relevés.

A Berlin même, où de grosses forces de police avaient été déployées, il y a eu d'assez chaudes rencontres, bien qu'officiellement on n'indique encore que trois blessés, dont deux, il est vrai, durent être transportés à l'hôpital. Il en fut de même au Grand-Carrefour du Thiergarten, où la police dut faire plusieurs sommations suivies d'une charge sabre au clair ; au Petit-Carrefour, où le même spectacle se reproduisit, et devant le Reichstag, un certain nombre de manifestants avaient gravi les degrés qui font face à la statue de Bismarck et à la colonne de la Victoire. D'autres auraient pu, dit-on, monter sur la plate-forme supérieure de la colonne et de là auraient agité le drapeau rouge. La police put, non sans peine, refouler les manifestants du Reichstag et faire évacuer la colonne de la Victoire.

Quant aux Linden, ils étaient, plus encore qu'aux dernières manifestations, barrés par la police à pied et à cheval. Personne, en dehors de quelques privilégiés, ne pouvait s'approcher du château ; celui-ci était, extérieurement et intérieurement, étroitement gardé. Les manifestations en faveur du suffrage universel ont pris fin vers trois heures de l'après-midi. Lorsque l'empereur, accompagné de l'impératrice, a traversé, vers quatre heures, le Thiergarten en automobile découverte, les manifestants avaient déjà presque complètement disparu.

Le Petit Journal – 7 mars 1910


EN BREF

Mort d'un boxeur sur le ring - Le Wonderland fut, hier soir, le théâtre d'un accident mortel. Curlie Watson. L'ex-champion de la marine, soutenait un assaut de boxe contre Franck Inglis, le champion des midlands. Au dixième round, Inglis porta une série de coups que Watson ne put parer. Il se relevait cependant lorsqu'il reçut un coup direct qui le mit knock-out. Les aides lui donnèrent en vain de l'oxygène. Tous leurs efforts furent inutiles, et le boxeur mourut ce matin sans avoir repris connaissance. Le Journal – 7 mars 1910

Éboulement fatal - Nantua. Ce matin, une équipe d'ouvriers était occupée, sur la route de Cerdon à Nantua, au Pont-d'Enfer, à couper les rochers qui surplombent la route, pour le passage d'une ligne de tramways en construction. Soudain, un énorme, bloc de rocher se détacha des flancs de la montagne et vint s'écraser sur la route. Dans sa chute, il ensevelissait cinq ouvriers et réduisait en miettes la voiture publique de Nantua à Cerdon, qui passait au même moment, heureusement vide de voyageurs. Le conducteur de la voiture a été grièvement blessé et les quatre ouvriers sont dans un état désespéré. Le Figaro– 7 mars 1910

Un ballon tombé en mer - Un ballon monté par deux aéronautes, qui avait été lancé cet après-midi, au cours d'une fête donnée sur la place de la Plaine, au bénéfice des victimes de la catastrophe du Général-Chanzy, est tombé à la mer, au large de la grande jetée, dans la baie de l'Estaque. Les deux aéronautes et l'aérostat ont été recueillis par des remorqueurs, qui se sont immédiatement portés à leur secours. Cet émouvant sauvetage a été accompli en présence d'une foule considérable de curieux qui s'étaient portés sur la grande jetée et sur les quais, en voyant le ballon se diriger vers la rade. Le Petit Journal – 7 mars 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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