CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

09 mars 10

Les actualités du 9 mars 1910

Le roi d'Angleterre à Paris

1909

edouard vii à paris

S.M..Edouard VII n'a pas voulu traverser, Paris, même incognito, sans faire une visite au Président de la République. Il s'est fait conduire, hier matin,, à onze heures-et demie, à l'Elysée. Il était accompagné des colonels sir Arthur Davidson et Holford, ses écuyers, et du docteur sir James Reid. Un bataillon du 46e de ligne, avec drapeau, sous le commandement du colonel Rouvier, a rendu les honneurs au souverain qu'ont salué à sa descente de voiture M.Mollard, introducteur des ambassadeurs, le commandant Guise, officier de jour, et le colonel Jacquillat, gouverneur du Palais. Les tambours et clairons, ont battu et sonné aux champs, puis la musique a joué le God save the King.

Le Président de la République s'est avancé jusqu'au vestibule à la rencontre de S. M; Edouard VII et lui a souhaité la bienvenue. Les deux chefs d'Etat se sont serré la main très cordialement et se sont retirés dans le grand salon du Centre, dont les portes ont été refermées sur eux. L'entretien du roi Edouard et de M. Fallières n'a pas duré moins d'une demi-heure. A l'issue de cet entretien, ont eu lieu, selon le cérémonial d'usage, dans le salon des Aides-de-Camp, les présentations des personnes de la suite du Roi et de la maison du. Président. S. M. Edouard VII s'est retiré un peu avant midi.

A une heure moins le quart le roi d'Angleterre a quitté l'hôtel Bristol, accompagné du colonel Holford, et s'est rendu en automobile rue Auguste-Vacquerie, chez Mme Waddington, la veuve de notre ancien ambassadeur à Londres, qui a offert en l'honneur de Sa Majesté un déjeuner intime. Le Roi avait tenu à donner, ce témoignage particulier de sa sympathie à la veuve de celui qui représenta si bien la France auprès de S. M. la reine Victoria. Et il y avait dans l'acceptation de cette invitation quelque chose de particulièrement flatteur pour notre pays, car c'est M. Waddington qui, le premier, par sa diplomatie clairvoyante et patriotique jeta les premières bases de l'entente anglo-française. Nos ministres des affaires étrangères n'ont fait que continuer avec succès les négociations qu'il avait commencées avec tant de bonheur.

Les convives de Mme Waddington étaient: Princesse de Poix, comtesse Edmond de Pourtalès, marquis et marquise de Ganay, marquis et. marquise de Breteuil, comtesse et Mlle de Gontaut-Biron, Mlle King, sœur de Mme Waddington, S. Exe. L'ambassadeur d'Angleterre, sir Francis Bertie; marquis du Lau d'Allemans, M. Edouard Detaille, sir Arthur Davidson, sir James Reid, colonel Helford, M. Richard Waddington, sénateur, M. et Mme-Francis Waddington, le fils et la belle-fille de la maîtresse de la maison.

Le Roi était à trois heures précises à l'ambassade d'Angleterre, et y recevait M. Fallières, qui venait lui rendre sa visite de la matinée à l'Elysée. La nouvelle entrevue des deux chefs d'Etat n'a pris fin qu'a trois heures et demie. S.M. Edouard VII est allée à cinq heures prendre le thé chez M. et Mme Standish; puis, après une promenade dans Paris, il est rentré à l'hôtel Bristol, où il a dîné avec sir Francis Bertie, les colonels sir Arthur Davidson et Holford, et le docteur sir James Reid.

Il a passé la soirée au théâtre du Gymnase. Il y est arrivé à neuf heures moins le quart et a été reçu par M. Franck, qui l'a conduit à l'avant-scène de gauche. Parmi les spectateurs se trouvait M. Millerand. La représentation de la Vierge folle a commencé aussitôt. L'admirable comédie de M. Henry Bataille a vivement intéressé le Roi qui, à plusieurs reprises, a chaleureusement applaudi Mme Berthe Bady, MM. Dumény, Calmettes, Bour, Mlle Monna Delza et tous les artistes. En partant, le Roi a tenu à féliciter M. Franck, directeur du Gymnase. C'est une très belle pièce, lui a-t-il dit, et une pièce très bien jouée.

Le roi d'Angleterre quitte Paris ce matin, par train spécial, à dix heures et demie. Il partira par la gare du quai d'Orsay, avec les personnes de sa cour qui l'ont accompagne à Paris et M. Poncet, commissaire spécial mis à la disposition de Sa Majesté par le gouvernement français pour toute la durée de son séjour à Biarritz.

Le Figaro – 9 mars 1910


EN BREF

autriche-hongrie Un hongrois se suicide par peur de la comète - Berlin, 8 mars. — Selon un télégramme de Budapest à la Gazette de Francfort, le propriétaire Adam Toma, de la localité de Zzozona, s'est suicidé par crainte de la comète de Halley. Il a déclaré préférer se donner lui-même la mort plutôt que d'être tué par l'astre annoncé. Le Matin – 9 mars 1910

On inaugure au père Lachaise un monument à la gloire de Thery - Ce matin a eu lieu au cimetière du Père-Lachaise l'inauguration du monument élevé à la mémoire du regretté Théry, qui par deux fois fut le glorieux vainqueur de la Coupe Gordon-Bennett. Toutes les personnalités du monde de l'automobile assistaient à cette cérémonie Parmi la nombreuse assistance nous avons remarqué : M. et Mme Brasier, Mme Théry, MM. Georges Prade, Jacques Miral, Faroux, René Masson, Caillois, Muller, l'ancien mécanicien de Théry, Rigal, de Lambretch, venu de Lyon spécialement, Gleize, Teste, de Lafreté, Veber, Agrinhac, peintre argentin, Paul Faure, Henri Loste, Brouazin, Armand Massard, Daniel Cousin, etc. Notre confrère Georges Prade, directeur des Sports, au nom du comité du monument, rappelle en quelques paroles émues la brillante carrière du défunt qui, par ses deux victoires répétées, conserva pendant deux ans à la France la coupe Gordon-Bennett, donnant ainsi à l'industrie automobile française une prépondérance marquée sur les industries étrangères. Le monument, dû au ciseau habile de M. Marc Robert, représente Théry en tenue de chauffeur, au volant de sa voiture. Le buste, d'une exécution remarquable, est d'une ressemblance frappante. Cette cérémonie qui, malgré sa simplicité, avait attiré un très grand nombre de personnalités de l'industrie automobile, a pris fin vers onze heures et demie. La Presse – 9 mars 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires

Poster un commentaire