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14 mars 10

Les actualités du 14 mars 1910

Émouvantes funérailles de deux jeunes infirmiers militaires

funerailles chars couronnes

La municipalité et le conseil municipal de Bourg-la-Reine ont fait, hier après-midi, des obsèques simples mais imposantes à deux enfants de la localité, les soldats Gaston Bastart et Auguste Poggiolini, morts, à Casablanca, au cours ce l'expédition marocaine, vers la fin de l'année 1908.

La vie parallèle de ces deux jeunes gens est d'ailleurs curieuse à raconter. Ils sont nés tous deux, en 1886, à quelques jours d'intervalle, à Bourg-la-Reine. Tous deux, ils ont fréquenté l'école communale jusqu'à 13 ans et, si les professions qu'ils ont embrassées n'étaient pas les mêmes (l'un était maçon et l'autre menuisier), il n'était pas de jour qu'ils ne se rencontrassent. C'était deux vrais inséparables.

Au moment de servir leur pays, en passant devant le conseil de révision, Bastart et Poggiolini se retrouvaient encore réunis. Ils demandaient tous deux à aller en Algérie et, le 8 octobre 1907, ils partaient ensemble à Oran, où ils étalent affectés à la 19e section des infirmiers militaires. Un an après, lors de l'expédition marocaine, Bastart et Poggiolini se faisaient inscrire parmi les volontaires et partaient ensemble à Casablanca donner leurs soins à leurs camarades. Ils contractent la fièvre typhoïde qui les emporte tous les deux, vers la fin de 1908. Bastart venait d'être nommé caporal.

La municipalité de Bourg-la-Reine a tenu à honorer la mémoire de ces deux glorieux jeunes gens. Comme ils ne s'étaient jamais quittés dans la vie, elle a voulu qu'ils fussent unis dans la mort. Avec l'assentiment des parents qui habitent Bourg-la-Reine et qui sont honorablement connus, les corps ont été ramenés de Casablanca.

La cérémonie a eu lieu, hier, à une heure de l'après-midi. Toutes les sociétés locales y assistaient. Le ministre de la Guerre s'était fait représenter. Les deux chars, surchargés de couronnes, suivaient côte à côte ; les cercueils étaient recouverts d'un drap aux couleurs nationales. Après la cérémonie religieuse, l'inhumation a eu lieu au cimetière communal, dans la concession réservée aux victimes du devoir. Le colonel Candelot, maire, a prononcé un discours ému. Après le maire, M. Carmignac, conseiller général, a dit quelques mots.

Le Petit Journal – 14 mars 1910


EN BREF

Italie Roméo et Juliette se sont battus en duel - Rome, 13 Mars -La rage de duels qui sévit, depuis quelques jours, en Italie, a eu un contre-coup assez imprévu, à Taurasi, près d'Avellino. Pasquale Santossuoso et Maria Maraio, deux jeunes gens de cette localité, devaient se marier Prochainement. Mais le démon de la jalousie ayant soufflé sur eux, ils commencèrent par échanger des propos aigres-doux puis ils en vinrent aux reproches violents, et ils finirent par convenir entre eux qu'un duel était inévitable. Sans témoins, armés chacun d'un revolver à cinq coups, ils se sont rencontrés, en rase campagne, et au lieu d'échanger des baisers, ils se sont envoyé des balles. Quand le combat cessa, faute de munitions, Roméo et Juliette étaient assez sérieusement blessés. Le Petit Journal – 14 mars 1910

Fête sportive militaire anglo-française - Nice, 13 Mars - Une réunion sportive militaire et navale anglo-française a eu lieu cet après-midi sur le terrain municipal des sports décoré de drapeaux anglais et français, sous la présidence d'honneur du ministre de la Guerre, représenté par le commandant Chatillon et le maire de Nice. Dans l'assistance, on remarquait le contre-amiral La Morghan et le capitaine commandant du Duncan, le préfet, le général Ducray, gouverneur de Nice, le général Beaudenom de Lamaze commandant la 29e division, le grand-duc Pierre de Russie. La fanfare du 6e chasseurs alpins et la musique du Duncan ont joué alternativement l'hymne anglais et la Marseillaise. Premier match de football entre l'équipe des marins de la République, venus de Toulon et les chasseurs alpins, 6e et 23e : l'équipe de la République a gagné par trois points contre zéro. L'équipe anglaise du Duncan, en tricots bleus, a joué ensuite un football contre les chasseurs alpins du 6e et du 23e. L'équipe anglaise a fait trois points dans la première mi-temps et six points dans la deuxième. L'équipe française a fait deux points à la deuxième mi-temps. La victoire des Anglais a été saluée par des applaudissements. Le championnat de cross-country comprenant 305 coureurs de tous les corps de l'armée française, sauf du 7e corps, a été ensuite couru sur 17 kilomètres. Sont arrivés : 1er Bouin, du 10e corps, champion de France ; 2e Fremont, de la garnison de Paris ; 3e Terret, de l'artilllerie de Nice ; 4e Dubrey, de l'infanterie de Soissons; 5e Berga, de l'infanterie de Lérouville. Le capitaine commandant du Duncan a remis une coupe en argent à Bouin et il a félicité les deux premiers arrivés. Tous les Anglais ont poussé des hourras répétés. Le Petit Journal – 14 mars 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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