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15 mars 10

Les actualités du 15 mars 1910

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Le tramway fou fait 4 victimes

Un accident qui a fait plusieurs victimes s'est produit hier après-midi, à quelques centaines de mètres de Montmorency, sur la ligne des tramways du Nord-Parisien. Vers deux heures un quart, l'un de ces véhicules, le numéro 715, conduit par le wattman Augustin Mandrin, sortait de Montmorency, se dirigeant sur Enghien ; il venait de s'engager dans la descente rapide qui aboutit au lieudit "l'Orangerie", lorsque, pour une cause encore inexpliquée, le "palonnier" qui commande les deux freins principaux cessa de fonctionner.

Sans perdre son sang-froid, bien qu'il sentît la situation extrêmement périlleuse, le conducteur essaya de se servir de son frein à main; mais ce moyen ne suffit pas à enrayer la vitesse considérable déjà acquise par la voiture qui, en quelques secondes, atteignit le bas de la côte, dérailla au moment où elle arrivait au tournant brusque qui y fait suite, et après avoir culbuté l'abri de la station, vint défoncer, sur une longueur de sept mètres le mur d'une propriété voisine, appartenant à Mme Duval.

Outre un certain nombre de personnes qui, peu grièvement atteintes, regagnèrent leur domicile après un pansement sommaire, l'accident avait fait quatre victimes : M. Laurencin, soixante ans, rentier, rue de Paris, à Montmorency, avait été tué net par la chute du toit de l'abri, qui avait très grièvement blessé sur diverses parties du corps Mme Lecomte, trente ans, habitant Paris.

Un voyageur du tramway. M, Marignac, cinquante-cinq ans, maître d'institution à Goslay, fut relevé le crâne fracturé. Enfin le receveur du tramway, Georges Beaudoin, trente-cinq ans, avait une jambe brisée et portait à la tête une plaie profonde. Les blessés ont été transportés à l'hôpital de Montmorency. L'état de M. Marignac laisse peu d'espoir.

Détail à noter : la ligne des tramways Nord-Parisien n'était avant-hier encore utilisée que jusqu'à la station de Saint-Valéry. Par décision récente du conseil municipal, elle avait été prolongée jusqu'à la station Saint-Jacques, et c'était hier justement que devait avoir lieu la réception officielle du nouveau tronçon sur le parcours duquel l'accident se produisit. Au moment où il eut lieu les ingénieurs du contrôle de l'Etat, accompagnés de M. Aimon, sénateur, effectuaient dans une voiture officielle un essai de parcours. Mais à la suite de cet incident, ils ont remis à plus tard le réception définitive de la ligne.

Le Matin -15 mars 1910


EN BREF

Arrestation mouvementée - Dimanche soir, à la sortie de la représentation cinématographique, place Voltaire, à Issy-les-Moulineaux, une bande d'apaches terrorisait les passants en tirant des coups de revolver. Il n'y avait là aucun agent. M. Cherrel, secrétaire du commissariat de Vanves, qui demeure non loin de là, accourut. En le voyant, les rôdeurs sautèrent dans un fiacre, qui partit à toute vitesse dans la direction de Paris, M. Cherrel courut après, s'accrocha aux ressorts, et, arrivé à la barrière, où se trouvaient deux agents du quinzième arrondissement, il descendit et les appela. Après une lutte terrible dans laquelle le courageux secrétaire a été blessé au poignet droit et où l'agent Chaumaizon a reçu un terrible coup de canne plombée, trois des rôdeurs, qui sont des repris de justice, ont été arrêtés. Le Figaro – 15 mars 1910

Pénible incident dans un cimetière — Un incident pénible s'est produit au cimetière de Saint-Ouen-Parisien. Le convoi funèbre de Mlle S. D..., fille de commerçants de l'avenue de Clichy, venait de s'engager dans la nécropole et de gagner la division où devait avoir lieu l'inhumation, lorsqu'on s'aperçut que la fosse qui devait recevoir le cercueil de Mlle S. D..., n'avait pas été préparée. Des fossoyeurs accoururent et se mirent à creuser le trou sous les yeux de la famille éplorée et des amis qui faisaient cortège à la morte. Or, les débris d'un cercueil apparurent bientôt sous la pelle des ouvriers, laissant voir un squelette; au crâne adhérait encore une abondante chevelure. Des cris de frayeur se firent entendre et des protestations indignées éclatèrent. Le squelette fût rapidement enlevé et l'on descendit à sa place le corps de Mlle S. D..., La scène avait duré plus d'une heure. Deux des assistants rédigèrent aussitôt une lettre de protestation, qui fut envoyée à la prélecture de la Seine. Le Temps – 15 mars 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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