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17 mars 10

Les actualités du 17 mars 1910

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Le dernier des Franconi

cirque d'hiver

Charles Franconi vient de mourir. C'est un parfait gentleman, un homme charmant qui disparaît et qui rappelle une génération élégante, fière sans pédanterie et aimable, qui passa de la fin de l'Empire sur les premiers temps de la République athénienne. Et, de fait, ce fut une famille presque historique que celle des Franconi qui, date, pour la chronique, d'Antoine Franconi, né à Venise en 1738, lequel, forcé de s'expatrier à la suite d'un duel, vint en France acquérir une nouvelle naturalisation et profita de ses talents d'écuyer pour y fonder l'un des premiers cirques dont on ait conservé le brillant souvenir.

La généalogie devait continuer avec son fils Laurent, le fils de celui-ci, Victor Franconi, demeuré justement célèbre, non seulement comme homme de cheval d'une rare autorité, mais encore comme directeur habile et heureux du Cirque d'hiver et du Cirque d'été; enfin avec celui qui vient de s'éteindre,Charles, digne descendant sur tous les rapports d'une glorieuse famille.

Victor Franconi avait été appelé à dresser certains chevaux destinés à Napoléon III, et la faveur impériale lui était demeurée acquise, aussi Charles, en grandissant, se lia tout naturellement avec la jeunesse bonapartiste qui entourait le chef de 1'Etat et notamment avec Paul de Cassagnac qui le tenait en grande estime.

De haute taille, de stature élancée, beau et solide cavalier, rompu à tous les exercices du corps, notamment à l'escrime, Charles Franconi était encore séduisant par son affabilité naturelle et son caractère de réelle droiture et de loyauté qui le rendaient sympathique à tous ceux qui l'approchaient. Patriote convaincu, il s'était engagé en 1870 dans les éclaireurs à cheval de Franchetti qui déployèrent une si noble bravoure à Champigny où ils furent des plus éprouvés.

Sous la direction Victor et Charles Franconi, le Cirque d'Hiver et le Cirque d'Eté acquirent une réputation européenne. La haute école et tous les exercices équestres y furent tenus au premier rang et la vogue des deux établissements fut à son apogée. Puis Victor Franconi disparut, et son fils, demeuré seul, abandonna peu à peu la direction des cirques pour se retirer, mélancolique, avec ses regrets de toutes sortes, parmi quelques amis fidèles.

Nous ne reverrons plus le beau cavalier il avait si peu vieilli à la moustache blonde, aux yeux bleus, à l'allure martiale qui arpentait volontiers solitaire le boulevard et les Champs-Elysées. Bien des regrets vont le suivre à sa demeure dernière.

Le Figaro – 16 mars 1910


EN BREF

Guêt apens tendu par des grêvistes - A Montreuil-sous-Bois, deux voitures de l'usine Leclaire, dont la majeure partie des ouvriers est en grève, étaient allées hier, escortées chacune d'agents cyclistes, à la gare de Fontenay-sous-Bois pour y prendre un chargement de tôle. Cent cinquante grévistes se rendirent sur la route et attendirent le passage des véhicules. Lorsque le premier arriva, les grévistes se précipitèrent, coupèrent les traits des chevaux, culbutèrent le chargement et jetèrent les feuilles de tôle a droite et à gauche. Les agents qui voulaient s'opposer, à cette déprédation, furent renversés et piétinés. Heureusement deux autres agents; Perret et Joyeu, de la brigade des Lilas, qui escortaient la seconde voiture, accoururent à bicyclette et vinrent secourir leurs camarades. A eux quatre, ils réussirent à arrêter un des forcenés, Jules Honoré, âgé de vingt-quatre ans, qui était porteur d'une matraque et d'une canne plombée. Les quatre agents ont été assez sérieusement blessés. Journal des débats politiques et littéraires – 17 mars 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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