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27 mars 10

Les actualités du 27 mars 1910

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On a pu téléphoner de Stockholm à Paris

Central telephonique

Par-dessus les vallées, les forêts et les plaines, la voix humaine peut ; aujourd'hui se faire entendre à des centaines de kilomètres de distance. C'est au merveilleux téléphone découvert par Graham Bell, il y a plus de trente ans, que ce prodige est dû. Le son, amplifié par un microphone et transformé en vibrations électriques, chemine le long d'un fil métallique, pour renaître au loin avec le même timbre, le même accent, la même force qu'au départ. De Paris, on peut téléphoner à Londres, à Rome, à Berlin.

Deux ingénieurs suédois, MM. Egner et Gunnar-Holmstrœm viennent de découvrir un nouveau microphone qui leur a permis de téléphoner sans aucune difficulté du petit village de Sundsvall, situé aux confins nord de la Suède, à Paris. Les premières expériences faites avec ce microphone, qui surpasse en force, tous les appareils employés jusqu'ici, furent tentées entre Stockholm et Berlin. Les 30 et 31. mai, 1er et 2 juin 1909, des essais ont été faits entre ces deux villes, et les résultats obtenus furent excellents.

Le son reçu à Stockholm était à peu près de la même force qu'en téléphonant entre Stockholm, et Norrkœping, qui est à une distance de 180 kilomètres. Les 5 et 6 juin; les savants suédois téléphonèrent de Stockholm à Cologne, sur une distance de 1.512 kilomètres. Les 11 et 12 juin enfin, des expériences téléphoniques furent faites entre Paris et Stockholm, séparés par plus de 2.270 kilomètres. Les communications transmises furent excellentes.

Mme Allizé, de Paris, put s'entretenir d'une façon parfaite avec son mari, alors ministre à Stockholm. L'articulation de la voix féminine était merveilleusement rendue. A cette ligne de Stockholm à Paris, passant par Francfort, Hambourg et Copenhague, on accouplait encore la ligne de Stockolm à Sundsvall, d'une longueur de 581 kilomètres. Le son de Paris était très compréhensible à Sundsvall, de sorte que la communication téléphonique entre Paris et Sundsvall, élognés de 2.851 kilomètres, s'est montrée possible.

Dans tous ces essais, le nouveau microphone à haut courant travaillait avec un courant d'alimentation d'environ un ampère. MM. Egner et Gunhar-Holmstrœm ont essayé leur microphone pour la téléphonie sans fil. Leurs premières expériences ont été faites chez l'ingénieur danois Waldemar Poulsen, dont on connaît les remarquables travaux en téléphonie sans fil. Le microphone installé au poste parleur de Lyngby, a envoyé des sons très nets au récepteur d'Esjerg, en Danemark. La distance des deux postes est de 280 kilomètres environ. Les communications furent très nettement entendues.

La nouvelle victoire téléphonique remportée par les savants suédois permettra sans doute l'établissement rapide de communications verbales, entre la France et les pays de l'Orient de l'Europe.

Le Matin – 27 mars 1910


EN BREF

uk Un soldat meurt à Londres dans un accès d'hydrophobie - Londres, 26 mars — Aujourd'hui est venu devant le coroner de Hackney un cas de mort excessivement curieux. Il s'agit d'un cas d'hydrophobie. La victime, George-Edgar Seaman, en garnison a Gibraltar, se trouva mordue dans cette ville, au mois de septembre dernier, par un chien enragé. La Compagnie du Lloyd allemand ayant refusé de prendre à bord d'un de ses navires le malheureux soldat, celui-ci dut attendre le départ d'un bateau d'une autre compagnie pour se rendre à Paris, à l'Institut Pasteur. Seaman, après avoir suivi le traitement nécessaire, rentra dans sa famille, a Hackney, et rien depuis cette époque jusqu'à samedi dernier, jour où il commença a manifester des signes de malaise inquiétants, ne pouvait faire prévoir l'horrible mort qui le guettait. L'ancien soldat commença par se plaindre de violentes douleurs dans le coude, à l'endroit où il avait été mordu. Le lundi il ne lui fût plus possible de rien avaler et il déclara qu'il se sentait devenu fou. Son état était tel dans la soirée de ce même jour que sa mère dut appeler pour le maintenir deux policemen qui se virent obligés de le conduire peu après à l'hôpital. Seaman poussait des cris déchirants et demandait qu'on lui coupât la gorge afin de mettre fin a ses souffrances. Le docteur ayant, prescrit un bain chaud au malade, celui-ci, à la vue de l'eau, devint absolument fou furieux et dut être solidement ligoté. Il mourut peu de temps après, dans des convulsions horribles. Le Matin – 27 mars 1910

Paysan assassin

Un drame au village — Un drame s'est déroulé à Flins-sur-Seine, petite localité du canton de Meulan. Un cultivateur, M. Louis Michel, qui était parti depuis plusieurs années, abandonnant sa femme et ses enfants, est revenu subitement hier, vers deux heures de l'après-midi. Il se rendit à la maison où habite sa vieille mère, et qui se trouve à peu de distance de l'habitation de Mme Louis Michel. En pénétrant dans la cour, il aperçut son neveu, M. Gustave Michel, qui rangeait des ottes de paille sous un hangar. Il se dirigea vers lui, et tirant un revolver de sa poche, fit feu à deux reprises sans prononcer un mot. Le jeune homme tomba. Louis Michel entra alors dans l'habitation. Sa mère, attirée par les détonations, accourut. Deux nouveaux coups de feu retentirent, et la pauvre femme tomba a son tour. Après avoir accompli son forfait, le meurtrier revint vers le hangar où gisait son neveu, s'étendit sur une botte de paille et se brûla la cervelle. Quand le maire et les gendarmes, prévenus par les voisins, arrivèrent, ils constatèrent que les deux victimes de Louis Michel respiraient encore. M. Gustave Michel avait été atteint au côté droit du crâne ; sa grand'mère portait deux blessures, l'une à la tête et l'autre à l'épaule. Ni l'un ni l'autre ne paraissent en danger de mort. Depuis son départ de Flins, Louis Michel était resté longtemps sans donner de ses nouvelles ; dernièrement, il avait écrit à sa femme pour lui manifester son intention de revenir. Mme Louis Michel s'était refusée énergiquement à le recevoir, ayant eu déjà trop à souffrir des brutalités de son mari, alcoolique invétéré. Furieux, Louis Michel avait voulu se venger sur sa mère, qui avait déclaré, elle aussi, ne vouloir plus revoir son fils. Le Temps – 27 mars 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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