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28 mars 10

Les actualités du 28 mars 1910

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Sous un soleil magnifique, Or du Rhin remporte le prix du Président de la République

prix du president

La réunion d'aujourd'hui compte, à juste titré, parmi les plus importantes de l'année et, à tous points de vue, elle a fort bien tenu ce qu'elle promettait. Les Parisiens ont profité des fêtes pour venir encore plus nombreux peut-être que d'habitude et nos gracieuses sportswomen ont, pour la première fois, cette année, mis de façon sérieuse couturiers et modistes à contribution. Le cadre d'Auteuil se prête bien à de telles manifestations et le pesage offrait un ravissant coup d'œil.

La partie sportive a offert, d'autre part, un intérêt de premier ordre. Déjà le prix Le Gourzy eut paru, en temps ordinaire, un régal suffisant, mais nous avions encore un military et, comme morceau capital, le prix du Président de la République. Presque toujours ce très important handicap est revenu à un bon cheval et parmi les derniers vainqueurs, nous trouvons les noms de Violon II, Fragilité, Dandolo et enfin Journaliste. Les concurrents qui se sont mis en ligne cette année possédaient presque tous des titres sérieux et la course a présenté le plus vif attrait. Un temps superbe a également contribué à la réussite de la réunion.

Le président de la République et Mme Fallières sont arrivés avant le prix Le Gourzy. Ils ont été reçus et conduits avec le cérémonial habituel à la tribune officielle, où ont pris place MM. Briand, président du conseil, Jean Dupuy, ministre du commerce, Ruau, ministre de l'agriculture, et le directeur de son cabinet. M. Reingeisen, René Renoult, sous-secrétaire d'Etat aux finances.

La course a été magnifique et s'est terminée par urne très jolie arrivée entre Or du Rhin III, Troyen et Mario que le juge n'a pu départager. Carnegie a longtemps assuré le train devant Diadoque, Golden Pheasant, Héron, Conte Bleu et Monsieur Monestyr. Après la rivière des tribunes où Gradignan tombait, Carnegie précédait Diadoque, Héron et Golden Pheasant. L'ordre était le même au huit, où cependant le peloton se resserrait quoique peu. Au talus. Conte Bleu et Diadoque culbutaient.

Dans le tournant, Mario passait en tête devant Carnegie, Monsieur Monestyr et Or du Rhin III. Dans la ligne droite, Carter amenait Troyen et sur le plat rejoignait Mario et Or du Rhin. III. La lutte s'engageait entre ces trois chevaux et restait longtemps indécise. Le juge accordait un léger avantage à Or du Rhin III sur Troyen et Mario, que suivaient d'assez près Héron, La Corse et Monsieur Monestyr, ensemble. Le Président de la République et Madame Fallières ont quitté l'hippodrome après le steeple-chase militaire.

La Presse – 28 mars 1910


EN BREF

Le dentiste errant - Rennes, 27 mars — Un dentiste américain, M. Edward Layton, s'est présenté au commissariat central, demandant un billet de logement. Il a raconté que se rendant, sur son yacht, du Havre à Paris, il avait perdu en vue de Quillebeuf un portefeuille contenant tout son avoir. Il retourna au Havre. Le consul le fit héberger, ainsi que sa sœur, âgée de quatorze ans, avec qui il voyageait ; mais le consul confisqua le yacht pour se garantir des avances faites. M. Layton porta plainte devant le procureur de la République ; mais celui-ci objecta qu'une décision consulaire étant intervenue, il considérait l'affaire comme trop délicate pour s'interposer. En désespoir de cause, l'infortuné dentiste se rendit à Nantes et s'adressa sans plus de succès à son consul en cette ville. Depuis il erra, avec sa sœur, à travers les routes, couchant dans les fermes, vivant d'aumônes ou de secours que lui procuraient les municipalités. M. Edward Layton est ainsi arrivé à Rennes ; il a été conduit à la préfecture qui l'a fait diriger, ainsi que sa sœur, aux frais du département, sur Nantes d'où ils venaient, en si pitoyable état. Le Matin – 28 mars 1910

Femme s'immole

Elle s'immole par erreur - Depuis une dizaine de jours, une journalière, Ernestine Jacood, âgée de 18 ans, s'était mise en ménage avec un de ses compatriotes, Charles Bianchini, 76, rue du Landit, à Aubervilliers. Samedi soir, vers sept heures, ne voyant pas revenir son compagnon et se croyant abandonnée, elle résolut de mourir. Elle passa dans sa cuisine et au moyen d'un bidon, imbiba ses vêtements de pétrole. Puis elle y mit le feu. En quelques secondes la désespérée fut environnée de flammes. En proie aux plus vives souffrances, elle s'enfuit dans la rue, où elle tomba inanimée, couverte d'horribles brûlures. Quand des voisins arrivèrent à son secours, ses vêtements étaient entièrement consumés et son corps ne formait plus qu'une plaie. Transportée à l'hôpital Saint-Louis, elle y est morte, hier matin, sans avoir repris connaissance. Dix minutes après le drame, son ami Bianchini, qui avait été retardé par son travail, rentrait tranquillement. Le Petit Journal – 28 mars 1910

Cambrioleurs assassins — Dans la nuit de jeudi à vendredi, deux malfaiteurs assiégèrent une maisonnette isolée, située, au Pâtis, commune d'Yvré-le-Polin, et habitée par deux octogénaires, les époux Boivin. Au bruit. M. Julien Boivin se leva et cria. Les malfaiteurs lui répondirent par deux coups de feu qui ne l'atteignirent pas. Il se barricada à l'intérieur et les assiégeants. se retirèrent de guerre lasse. La nuit suivante, à 15 kilomètres de là, des malfaiteurs — les mêmes probablement — ont assassiné dans une maison de la commune de Mézeray, Mme veuve Delong, âgée de soixante-dix-neuf ans. qui vivait seule et était assise dans sa chambre, près de la cheminée, lorsqu'on a tiré sur elle un coup de fusil par la fenêtre. Atteinte au côté droit, Mme Delong est tombée. Son assassin est alors entré, a enroulé une vieille paire de guides autour du cou de l'octogénaire et l'a étranglée. Le vol a été le mobile du crime, qui a été découvert hier matin par M. Bossuet, mari de la petite-fille de la victime. Le Temps – 28 mars 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]