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07 avr. 10

Les actualités du 7 avril 1910

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nue sofa

La beauté sans voiles n'émeut pas la police

Dans les établissements où l'on s'amuse, Louise Mathiot, connue sous le nom de Nelly Rossen, comptait de nombreux adorateurs. C'est, d'ailleurs, une fort belle fille, au regard étrangement fascinateur. Bien rares étaient ceux qui n'avaient souhaité être distingués par cette reine des cabarets de nuit. Cependant nul n'ignorait que ses victimes étaient nombreuses. Il y avait belle lurette en effet, que le culte de l'argent avait remplacé chez elle toute autre passion moins prosaïque.

Pour se procurer les toilettes, les bijoux, les équipages qu'elle ambitionnait, aucun moyen ne lui paraissait trop risqué. Elle avait englouti des fortunes. Alors qu'elle venait de débuter dans la vie galante, le fils d'un honorable officier ministériel s'était, pour ses beaux yeux, fait sauter la cervelle. On racontait aussi qu'un secrétaire de légation, complètement ruiné, avait dû fuir Paris et la France, pour se soustraire à l'influence qu'exerçait, sur lui, Nelly Rossen. Bref, c'était une dangereuse personne, d'autant plus qu'elle ne reculait pas devant le chantage. C'est d'ailleurs ce qui vient d'amener son arrestation. Depuis hier soir, Nelly Rossen est à Saint-Lazare.

Il y a dix-huit mois, Nelly entretenait, avec le fils d'un gros négociant, des relations suivies. Certain jour, l'idée lui vint de raconter, à son amant, qu'elle allait être mère. Elle ajouta, pour corser la chose, que son jeune ami lui avait communiqué une maladie honteuse. Rien de cela n'était exact, mais la donzelle réussit, néanmoins, à se faire verser, à diverses reprises, par le négociant, des sommes dont le total s'élevait à une centaine de mille francs.

Finalement, comme elle continuait à inonder de lettres de menaces les membres de la famille de son pseudo-séducteur, le parquet fut avisé et M. Berthelot, commissaire aux délégations judiciaires, reçut mission de mettre un terme à ses exploits. Le magistrat se présenta, rue Laugier, au domicile, de la demi-mondaine. Il trouva la porte verrouillée. Un serrurier, requis, dut faire sauter la serrure. Dans un coquet boudoir, dont le parquet était tapissé de pétales de rose, Nelly Rossen attendait...

Débarrassée de tous voiles, et lascivement allongée sur un sopha, elle promenait sur son visage les ailes diaphanes d'un minuscule éventail. Arrêtez-moi, si vous en avez le courage, dit-elle, au représentant de la loi. Je vous donne dix minutes pour vous habiller, répliqua le magistrat, insensible. Une heure plus tard. Nelly était au dépôt. Traduite devant le tribunal correctionnel, elle simula un si profond repentir que les magistrats se bornèrent à lui octroyer dix-huit mois de prison avec sursis.

A peine rendue à la liberté, Nelly n'eut plus qu'une idée : se venger. Elle recommença son coupable manège, en menaçant, cette fois, ses victimes de les asperger de vitriol. Une nouvelle plainte fut déposée contre la vindicative demi-mondaine que M. Berthelot a pour le seconde fois, cueilli, hier, comme elle sortait de chez elle.

Le Petit Parisien – 7 avril 1910


EN BREF

A l'enterrement d'un suicidé - Lille, 6 Avril - Désespéré de la mort de sa femme, M. Arthur Marle s'était pendu dans son grenier à Armentières. Au moment où les corps pénétraient dans l'église Notre-Dame, le clergé, après avoir laissé passer le cercueil de Mme Marle, refusa l'entrée de l'église à la bière du mari suicidé. Las parents et amis intervinrent et de force, repoussant les prêtres, ils portèrent les deux cercueils dans la nef. Un vicaire monta en chaire pour expliquer la cause de l'interdiction opposée à rentrée du corps d'un suicidé. Les assistants n'acceptèrent pas ces explications et brisèrent des chaises. Il fallut l'intervention de la police pour faire cesser ce désordre. Le Petit Journal - 7 avril 1910

Le froid dans le Midi — De nouvelles gelées se sont produites dans les Pyrénées-Orientales, causant aux vignobles d'énormes ravages. Les arbres fruitiers et les primeurs ont également beaucoup souffert. Les communications sont toujours difficiles sinon impossibles. D'autre part, on nous télégraphie de Mende que la neige est tombée en grande abondance, hier et la nuit dernière, dans toute la région des Cévennes. L'épaisseur de la couche varie de 30 à 50 centimètres. Sur le mont Lozère et les monts de la Margeride, de mémoire d'homme on n'avait vu une chute si considérable à pareille époque. Tous les travaux des champs ont dû être suspendus et les candidats aux élections législatives ont été obligés d'interrompre leurs tournées, les chemins étant impraticables. Le Temps - 7 avril 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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