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08 avr. 10

Les actualités du 8 avril 1910

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Le meeting des canots automobiles de Monte-Carlo

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Canot automoibile monte carlo

Monte-Carlo, 7 avril - Un orage, puis un coup de vent qui a balayé les nues et nous avons retrouvé ce matin la Cote d'Azur dans sa divine splendeur. Comme le ciel, la mer était prodigieusement belle. Tout aussitôt, du rocher de Monaco aux terrasses de Monte-Carlo, la féerique principauté s'emplit de joie et de mouvement. Du matin au soir, ce fut une fête dans ce pays de rêve. Massées sur les jetées du port, accoudées aux rampes du vieux Monaco ou groupées dans les jardins fleuris et embaumés de Monte-Carlo, des foules étaient accourues de tous les points de la côte pour assister aux courses de l'après-midi.

Ces épreuves furent d'ailleurs un merveilleux spectacle. Sur l'eau d'un bleu prodigieux, les canots s'ouvraient un chemin d'argent, glissant dans une gerbe de diamants étincelants. Le plus impressionnant des concurrents, est le canot anglais du duc de Westminster, Ursula. Follement rapide et de lignes superbes, il semblait un splendide monstre de la mer, animé d une puissance, mystérieuse et commandé par une volonté secrète. Encapoté de l'avant à l'arrière ou presque il semblait abandonné à son intelligence mécanique. C'est à peine si un œil exercé apercevait, émergeant à l'avant, le suroît du barreur immobile et devinait à l'arrière, perdus sous le capot, les deux mécaniciens. Le léger racer s'en allait dans une nage d'une telle beauté qu'à chacun de ses passages une rumeur d'admiration et d'enthousiasme le saluait.

L'Ursula se couvrit d'ailleurs de gloire, et dans un seul et victorieux effort triompha dans deux courses : le prix de Monte-Carlo, épreuve de cinquante kilomètres, qu'il gagna en 51'44", le plus aisément du monde, et la finale de l'Omnium, course handicap dans laquelle il battit de prestesse le Sizaire-et-Naudin, auquel il rendait d'ailleurs 12' 30" sur les douze kilomètres cinq cents mètres que comportait l'épreuve. Ces douze mille cinq cents mètres, l'Ursula les parcourut à une allure insensée en 11' 5", temps qui donne une vitesse moyenne de plus de soixante-huit kilomètres à l'heure.

On avait espéré entre l'anglais Ursula et le français Brasier-Despujols une lutte homérique. Moins à son aise que son rival anglais sur la mer houleuse, le canot français ne put suivre le train. Il termina le parcours en douze minutes une seconde, soit donc du soixante à l'heure : ce qui est vraiment très bien, si l'on songe à l'écart des puissances motrices. L'Ursula dispose, en effet, de 800 chevaux et le Brasier-Despujols de 200. Il est donc facile d'entonner dans la. circonstance la classique antienne de la victoire morale. Il n'est pas douteux que l'exploit du Brasier-Despujols est tout à fait remarquable, qu'il fait le plus grand honneur au constructeur de la coque et à celui du moteur.

Mais là n'est pas la question. Le meeting de Monaco est pour nos industries automobile et navale l'occasion, de se mesurer avec les industries étrangères. Les nôtres ont un renom à défendre et, à leur gloire ancienne, une gloire nouvelle à ajouter. Or, il n'est pour cela qu'un résultat qui compte : la victoire. S'il est bien vrai que, mécaniquement, la prouesse du champion français ait plus de valeur que celle du champion anglais; il n'en restera pas moins établi que l'un — le nôtre — est battu, que l'autre — l'anglais — est vainqueur, en mettant de plus à son actif le record du monde de la vitesse en mer.

Les Anglais ne viennent chaque année au meeting de Monaco qu'avec un ou deux représentants. Mais ils ont chaque fois fait l'effort qui convenait pour vaincre dans la coupe des Nations. Ils l'ont gagnée en 1909. Je crois bien qu'ils la gagneront encore cette année. On courut, l'après-midi, mais on avait aussi couru le matin. Des petits cruisers avaient été invités à disputer, sur cinquante kilomètres, le prix du Tir aux pigeons. Ils le firent très correctement et même très allègrement. Le Grégoire-VIII gagna devant le Grégoire-VII, second devant le Labor.

Le Figaro – 8 avril 1910


EN BREF

Duel mortelDuel mortel - Alger. — Un duel provoqué par les élections et dont l'issue a été fatale pour un des deux adversaires a eu lieu ce matin entre M Houbé, conseiller général d'Alger, et M. Robert, délégué financier et maire a Orléansville, tous deux candidats à Alger, au siège de M. Begey, qui ne se représente pas. La rencontre a été motivée par un article dans un journal local. Les conditions étaient les suivantes : deux balles au commandement à vingt-cinq pas. Les adversaires étant en présence, dit le procès-verbal, le pistolet levé, M. Tedeschi, directeur du combat, a prononcé a haute voix le commandement : "Attention ! Feu, un, deux, trois", en frappant rapidement dans ses mains, conformément aux conditions débattues et précisées par les témoins. Après le commandement de Feu, a l'instant du commandement de "un", M. Houbé a baissé vivement son arme et a fait feu. Au même instant M. Robert, qui avait abaissé son arme sans avoir tiré, s'affaissait. Les docteurs Segui et Bernasconi, intervenant aussitôt, ont constaté une blessure consistant en une plaie pénétrante à l'abdomen. M. Robert est mort peu après a la clinique où il avait été transporté. Cet après-midi, le conseil général a levé sa séance en signe de deuil. Le Gaulois – 8 avril 1910

Momies inondées - Au retour d'un voyage dans l'Amérique du Sud, M. L... rapportait, il y a quatre ans, deux momies péruviennes. Il en fit cadeau à un de ses amis, propriétaire au Cours-la-Reine, qui, après les avoir longtemps exhibées comme curiosités, les fit descendre dans le sous-sol. Survint l'inondation. Pendant quinze jours les malheureuses momies baignèrent dans les eaux de la Seine. Quand on les retrouva, elles étaient tellement décomposées, ces momies qui avaient bravé des siècles, qu'elles exhalaient une odeur insupportable. M. Chanot, commissaire de police des Champs-Elysées, prévenu, les a fait transporter aux Catacombes. Le Gaulois – 8 avril 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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