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12 avr. 10

Les actualité du 12 avril 1910

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Turquie La révolte Albanaise

soldats albanais

Le printemps, dans les Balkans, n'est pas seulement la saison des roses ; c'est aussi l'époque de l'année où les têtes plus volontiers s'échauffent, où les fusils partent tout seuls... Un printemps sans alertes serait un grave manquement aux traditions de ces remuantes contrées. Au temps où Bulgares, Serbes et Turcs se regardaient de travers, on se plaisait à nous prédire régulièrement la guerre pour le printemps et, régulièrement, tout se terminait par quelques massacres en Macédoine. Mais depuis que Bulgares, Serbes et Turcs se sont réconciliés dans un but de sécurité commune, il a fallu chercher autre chose ; on a trouvé : le programme de la "season" balkanique nous offre, cette fois, une révolte albanaise.

Les Arnautes sont sortis de leurs cavernes ; au premier, abord, cela évoque des souvenirs romantiques ; on se représente ces révoltés vêtus de vestes courtes brodées d'argent, la ceinture garnie de pistolets damasquinés. Ce n'est pourtant pas une histoire de brigands. Le mouvement est sérieux ; Constantinople s'inquiète ; le gouvernement se voit obligé d'organiser une véritable expédition et prend des mesures répressives fort énergiques. Les Albanais, en effet, sont des êtres bizarres, qui ont la rancune tenace. Ils ne pardonnent pas au régime nouveau d'avoir dérangé leurs habitudes en les traitant en simples citoyens;, c'est-à-dire en les obligeant à payer l'impôt et à se soumettre aux lois.

Pour comprendre leur mentalité spéciale, il faut se rappeler qu'ils échappaient jadis à toutes les servitudes. Ce sont eux, en effet, qui faisaient la loi ; ils tenaient le Sultan par la terreur et la complicité, car ils étaient devenus les auxiliaires de son despotisme féroce. Se révoltaient-ils ? Abdul-Hamid se hâtait de leur donner satisfaction. C'est ainsi qu'un bataillon albanais ayant un jour emprisonné ses officiers, dont il avait à se plaindre, le Sultan s'empressa de nommer les soldats rebelles au grade de sous-officier... et l'incident fut clos. On juge donc de la surprise et de l'exaspération qu'éprouvèrent les Albanais lorsque le nouveau régime s'avisa de leur appliquer la loi commune.

Telles sont, semble-t-il, les causes réelles de la révolte actuelle. Les journaux russes assurent que l'influence de l'Autriche n'y serait pas étrangère ; il est vrai que les rebelles ont déclaré vouloir demander protection aux Autrichiens ; il est également vrai que l'Autriche voit d'un mauvais œil le rapprochement qui s'opère entre les peuples balkaniques et les Turcs ; peut-être ne serait-elle pas fâchée de tailler quelques croupières au gouvernement ottoman, dont les velléités d'émancipation l'inquiètent. Mais de là à supposer qu'elle ait ourdi le soulèvement albanais paraît excessif .Tout au plus, serait-elle disposée à l'encourager. Les autorités en auront sans doute assez facilement raison, étant donnés les moyens dont elles disposent.

Nous retiendrons de cet incident ce fait: c'est que le nouveau régime turc n'est point, en somme, à l'abri des graves difficultés intérieures, qu'il se flattait avoir résolues. Nous constaterons également qu'en dépit d'un accord récent, la méfiance subsiste entre Pétersbourg et Vienne...

Le Gaulois – 12 avril 1910


EN BREF

allemagne Un scandale de mœurs aux environs de Berlin - Berlin, 11 avril — Un grave scandale vient d'éclater à Rixdorf, un des faubourgs de Berlin, causant ici une très vive émotion. Un médecin, le docteur Hartung, établi depuis deux ans à Rixdorf et qui s'était spécialisé dans le traitement par les rayons X, a été dénoncé comme ayant abusé d'un grand nombre de jeunes filles et de mineures qui étaient venues le consulter. Suivant certains témoignages très catégoriques, de véritables scènes d'orgie se seraient déroulées dans l'appartement du docteur. Pour briser toute résistance de la part de ses victimes, il avait généralement soin de les hypnotiser auparavant. Le docteur Hartung nie tous les faits qui lui sont reprochés. Le parquet a cependant refusé de le remettre en liberté malgré la caution de 125,000 francs offerte par lui. Ajoutons que c'est le second médecin arrêté pour des faits de cette nature. Le Matin – 12 avril 1910

Sanglant engagement an Congo - Paris, 11 avril. — Le ministre vient de recevoir de Brazzaville la nouvelle d'un engagement assez grave qui a eu lieu dans le Kouam le 26 novembre dernier, et dont il n'a jamais été parlé. Le 25 novembre, le lieutenant Moutot se trouvait avec ses chameaux à Onachemkaté, ne disposant que de 40 tirailleurs. Il fut attaqué par 300 Kouam (Senoussia). Grâce à son attitude énergique, et bien que blessé assez grièvement au début du combat, le lieutenant Moutot conserva le commandement de ses troupes et réussi à en conserver la moitié, C'est à 45 kilomètres au nord-est de Maho qu'eut lieu ce rezzou, accompli selon le mode des Senouassia. L'Ouest-Eclair – 12 avril 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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