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15 avr. 10

Les actualité du 15 avril 1910

Institutrice classe

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L'institutrice n'a pas su plaire aux habitants

Nous recevions tout récemment une lettre venant de la commune de Chanteloup en Seine-et-Oise, et signée d'un groupe de pères de famille, dans laquelle ces derniers déclaraient partir en guerre contre l'institutrice, Mlle Denis, qui dirige l'école de filles de cette localité. Tous les habitants, sans distinction d'opinion, nous était-il dit, sont très mécontents, sous tous les rapports, des services de l'institutrice, et demandent son renvoi immédiat; d'accord avec la grande majorité du conseil municipal.

Et les signataires de la lettre déclaraient qu'afin d'obtenir satisfaction, ils avaient, à l'issue de plusieurs réunions, décidé la grève des écolières de Chanteloup, grève appliquée depuis le 10 courant. Une enquête s'imposait, nous l'avons faite, et des renseignements que nous avons recueillis, nous avons emporté l'impression que Mlle Denis ne mérite pas, tant s'en faut, l'animosité que lui témoignent les habitants de Chanteloup.

Il est exact que depuis la date fixée, la majorité des écolières, — probablement à la grande joie de ces dernières, — a manqué la classe. Mais toutes n'ont pas fait grève, puisque sur trente-deux inscrites, huit assistaient à la classe de mercredi soir. Les pères de famille ne sont donc pas complètement d'accord. Il est également vrai que la plupart des conseillers municipaux font chorus avec les mécontents. Mais leur chef de file, M. Legrand, maire de la commune, n'est nullement de leur avis, et en la circonstance les modérés ne semblent pas avoir tort.

Car, en somme, que reproche-t-on à Mlle Denis ? Oh ! rien de bien grave ! On ne lui fait grief d'aucune faute professionnelle ; nul ne trouve à critiquer sa méthode d'enseignement, et jamais elle ne se laissa aller à sortir de son rôle d'éducatrice en appréciant dans un sens ou dans l'autre les questions confessionnelles. Alors? Alors, ceux qui veulent sa perte, c'est-à-dire son renvoi, invoquent des motifs en quelque sortes bien puérils. Mlle Denis commencerait sa classe trop tard pour la finir trop tôt, brûlerait trop de charbon en hiver et vendrait les fournitures scolaires plus cher que ne les vend son collègue du sexe fort. Le grief le plus sérieux invoqué contre elle serait que Mlle Denis fait, dit-on, balayer l'école par les fillettes.

En somme, ce sont là des vétilles, et l'on comprend que dans ces conditions cette levée, de boucliers de tout un village contre une pauvre institutrice n'ait pas eu à la préfecture de Seine-et-Oise le succès qu'on en espérait. En désespoir de cause, des pères de famille des petites grévistes, qui se refusent à envoyer leurs fillettes à l'école, demandent pour ce fait à être poursuivis, en vertu de la loi de 1882 sur l'enseignement primaire, afin d'avoir enfin l'occasion de s'expliquer. Si le procès a lieu, il ne sera pas banal.

Le Petit Parisien – 15 avril 1910


EN BREF

Fatale erreur d'une somnambule - Mme Marie Drouet, trente ans, femme d'un employé des tramways de l'Est parisien, demeurant rue de Bagnolet était sujette à des accès de somnambulisme. La nuit dernière, comme son mari rentrait, elle s'imagina avoir affaire à un cambrioleur. Pour échapper au malfaiteur imaginaire elle ouvrit la fenêtre et se précipita dans le vide. Elle s'est tuée sur le coup. Le Petit Parisien – 15 avril 1910

allemagne Un torpilleur allemand est coupé eu deux - Berlin, 14 avril — Un des plus graves accidents qu'ait eu à déplorer la flotte allemande s'est produit cette nuit, au large de Sassnitz. Au cours des exercices exécutés par la flottille des torpilleurs et un groupe de cinq croiseurs, le petit croiseur München, à la suite d'une fausse manœuvre, est entré en collision avec le torpilleur 5-122 et l'a presque coupé en deux. Une partie des machines sont complètement détruites. Deux mécaniciens ont été tués sur le coup ; leurs cadavres sont affreusement déchiquetés. Un autre mécanicien agonise. Plusieurs hommes de l'équipage ont été blessés. La promptitude des secours a permis de sauver le torpilleur au moment où il commençait à couler. Il a pu être remorqué à Stettin par deux autres torpilleurs. Le S-122 a un déplacement de 470 tonneaux et une vitesse de 28 nœuds. Son armement est constitué par trois canons à tir rapide, deux mitrailleuses et trois tubes lance-torpilles. Le petit croiseur München dont l'avant est endommagé, a été construit en 1904. Comme les autres bâtiments du même type, il a un déplacement de 3,278 tonneaux. A la suite de cet accident, les manœuvres ont été interrompues. Tous les torpilleurs ont leur pavillon en berne. L'escadrille, composée de quarante-quatre unités placées sous le commandement du prince Adalbert de Prusse, troisième fils de l'empereur, était partie de Kiel le 11 avril, accompagnée de cinq croiseurs, pour faire des exercices de nuit près de l'ile de Rügen ; ces exercices avaient commencé avant-hier. Le Matin – 15 avril 1910

uk Tué par une flammèche - Londres, 14 avril — Un cas de mort des plus curieux, venu aujourd'hui devant le coroner de Mortlake, montre le danger qu'il y a à voyager en chemin de fer avec les vitres des portières baissées. M. O. Smith, qui revenait de Newbury à Londres par le train, avait, par suite de la douceur de la température, ouvert la vitre de la portière près de laquelle il se trouvait. Un grain de charbon enflammé craché par la locomotive vint se loger dans son œil et y causa une telle inflammation qu'à l'arrivée du médecin, mandé en toute hâte au premier arrêt du train, il fut complètement impossible de lui soulever la paupière. Il fallut procéder sur-le-champ à une opération, mais M. Smith succomba peu après des suites d'une syncope. Le Matin – 15 avril 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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