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16 avr. 10

Les actualité du 16 avril 1910

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Un cyclone ravage le camp de Chalons

Ouragan camp chalons

Châlons-sur-Marne, 15 Avril - Un cyclone d'une violence incalculable s'est abattu, au commencement de cet après-midi, sur le camp de Châlons, qu'il a ravagé. Le phénomène, qui n'a duré que quelques minutes, a tout bouleversé sur son passage. Il a tout particulièrement sévi sur le champ d'expériences des aviateurs, où sont installés de nombreux hangars. Malheureusement, il n'y pas eu que des dégâts matériels et l'ouragan a fait plusieurs victimes : il y a trois morts d'hommes à déplorer, du moins d'après les premiers renseignements recueillis. C'est dans la partie de la plaine réservée aux aviateurs pour les expériences que le cyclone a particulièrement sévi.

Là, en, effet, sont établis, de place en place, de nombreux hangars et ateliers destinés, pour la plupart, à recevoir les aéroplanes de construction récente destinés aux essais pour le réglage. Il était une heure et demie lorsque le cataclysme s'est manifesté. Un vent d'une extrême violence, accompagné de tourbillons de poussière, s'est élevé tout à coup, annonçant et précédant de quelques secondes le passage de la trombe.

Puis le cyclone arriva à son tour, en quelques secondes, se déchaînant avec une rage à laquelle rien ne saurait faire obstacle, renversa, brisa et emporta au loin tout ce qu'il rencontra sur son passage. Le phénomène a été accompagné d'un orage des plus violents : la grêle, est tombée en abondance au milieu de grondements de tonnerre, et tandis que les éclairs sillonnaient au loin la campagne. Lorsqu'il eut cessé, on constata que tous les hangars qu'il avait rencontrés étaient détruits. Des pièces de bois, des débris d'appareils, des matériaux de toutes sortes gisaient épars, emportés comme fétus de paille sous la violence du vent. Deux hangars, servant d'ateliers de montage, et appartenant à la maison Farman, ont été particulièrement éprouvés. Rien n'est resté debout : six appareils qui s'y trouvaient enfermés ont été totalement détruits.

Heureusement, les nombreux ouvriers qui travaillaient à l'abri de ces hangars, étaient absents au moment où le cyclone se déchaîna. Partis à l'heure du déjeuner, ils s'apprêtaient seulement à rentrer lorsque se produisit le phénomène, auquel ils assistèrent impuissants. Seuls, deux ouvriers restés en surveillance ont été atteints par l'écroulement des hangars, mais leurs blessures ne mettent pas leurs jours en danger. L'un d'eux, gardien de nuit, s'en est tiré avec de fortes contusions, l'autre ouvrier, nommé Bosselaire, plus gravement atteint, a été frappé aux reins par un madrier. Ce dernier a dû être transporté à l'hôpital militaire.

Malheureusement, l'ouragan a eu ailleurs des conséquences plus graves encore. Dans un des hangars écroulés, situé à quelque distance de la gare de Mourmelon, se trouvaient plusieurs hommes, dont trois n'ont pas eu le temps de se sauver et sont restés pris sous la chute des décombres. Le bruit court qu'ils sont morts, jamais on n'a pu jusqu'ici avoir confirmation du fait. On signale plusieurs autres blessés.

Un autre hangar, que l'aviateur Sommer a fait récemment construire, a été enlevé d'un seul bloc par le cyclone et transporté à 500 mètres de son emplacement. Le hangar qui, sert pendant la belle saison à remiser les ballons dirigeables a été également, démoli. Une vaste tente appartenant au prince Polotoff s'est effondrée. Les dégâts sont énormes. Toutefois, la construction des appareils ne sera retardée que de quelques jours les hangars détruits ne contenant pas de matériel; Le phénomène poursuivant sa route, a exercé ses ravages jusqu'à Berru, où de nombreuses exploitations agricoles ont été aussi terriblement endommagées.

Le Petit Journal - 16 avril 1910


EN BREF

Chine Graves troubles en Chine - Londres, 15 avril — Un message de Hankéou, reçu cet après-midi par l'agence Reuter, montre la gravité de la situation actuelle a Chang-Sha, où l'exportation du riz par les fonctionnaires, alors que la famine sévit dans le district, a provoqué de graves désordres. La résidence officielle du gouverneur a été incendiée. Le consulat de Grande-Bretagne et les bureaux des douanes maritimes impériales ont été abandonnés. Les étrangers, se sont réfugiés à bord d'un navire marchand. Plusieurs canonnières anglaises sont actuellement en route pour Chang-Sha, ville de trois cent mille habitants, située sur la rive droite du Siang-Kiang, en face du collège, de Yo-Lo, l'un des plus célèbres de Chine. Le Foreign Office, qui a reçu ce soir des télégrammes confirmant ceux de l'agence Reuter, considère la situation comme grave. Les dépêches arrivées à Downing street ne signalent aucun mort. A la légation de Chine, le ministre déclare que selon lui ces troubles ne seront que locaux. Des désordres de ce genre se renouvellent de temps à autre. Le gouvernement chinois agit invariablement avec promptitude et énergie pour les réprimer. Le gouverneur de la province a reçu l'ordre de prendre des mesures immédiates et efficaces pour protéger la vie et les biens des étrangers et rétablir la tranquillité. Le Matin – 16 avril 1910

Par ruse, une mère ravit sa fille à son gendre - Mantes, 15 avril - Sur la plainte d'un jeune homme de vingt-neuf ans, M Henri Lefèvre, agriculteur à la Bretèche, commune de Génainville, le parquet de Mantes vient d'entreprendre une enquête sur des faits assez étranges qui se sont déroulés dans la propriété du plaignant. Disons tout d'abord que la jeune femme de ce dernier est malade depuis de longs mois et alitée. Avant-hier soir, M. Lefèvre voyait entrer dans la cour de sa ferme une superbe automobile d'où descendirent sa belle-mère, un de ses cousins et deux personnages fort élégamment mis. Aussitôt l'un des nouveaux venus lui déclara : Je suis médecin et je viens me rendre compte de l'état de votre femme qui depuis dix-huit mois, nous le savons, n'a pas quitté sa chambre. Je suis assisté d'un huissier de Mantes chargé de consigner mes constatations. Cette visite inattendue surprit étrangement M. Lefèvre, qui répondit : Je m'oppose momentanément à l'accomplissement de votre mission. Ma femme est alitée depuis de longs mois et je vais me rendre immédiatament à Magny-en-Vexin pour y chercher le docteur Fourniols qui la soigne habituellement. Vous constaterez alors tout ce qu'il vous plaira. Cette proposition fut acceptée par les visiteurs et M. Lefèvre prit place dans l'automobile qui avait amené ces derniers. Le praticien était absent et le cultivateur attendit vainement jusqu'à sept heures du soir, après quoi il regagna sa ferme. Là une nouvelle surprise l'attendait : sa belle-mère et ses compagnons étaient partis, emmenant sa femme. M. Lefèvre retourna à Magny-en-Vexin et déposa une plainte à la gendarmerie. Le cultivateur suppose que ses interlocuteurs ont pris une fausse qualité en se donnant l'un comme médecin, l'autre comme officier ministériel. Le Petit Parisien – 16 avril 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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