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20 avr. 10

Les actualité du 20 avril 1910

Sommeil d'Antiope

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Le vendeur de faux tableaux escroquait le magnat du cuivre

Ce comte d'Aulby de Gatigny, dit aussi prince de Lusignan, qui vient d'être arrêté en son castel de la Tour, près de Tours, paraît être un personnage des plus extraordinaires, autant du moins qu'on en puisse juger par le peu de renseignements recueillis sur lui jusqu'ici. Ce qui est certain, c'est que sa véritable identité n'a pu être encore établie. Les uns croient qu'il est l'ancien masseur d'un prince de Lusignan de noblesse douteuse lui aussi — qui fonda "l'ordre de Mélusine", en son logis de l'avenue Victor-Hugo, 122, et qui était un ancien prêtre maronite du nom de Kafta. M. Jean de Bonnefon, dans le Journal, publie ses souvenirs à ce sujet.

La femme de ce faux prince remarqua le jeune masseur, qui se nommait Aubry, et en fit le secrétaire général de "l'ordre souverain de Mélusine, chevalerie d'honneur de S. A. Marie de Lusignan, princesse de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie". Aubry serait devenu prince de Lusignan et grand-maître de l'ordre de Mélusine à la mort de l'ancien prêtre maronite et de sa femme. Il se fit plusieurs fois photographier avec les insignes de ce haut grade et portant un uniforme qui tient de celui des amiraux et de celui des sous-pregets.

D'autres croient le faux comte d'Aulby de Gatigny de nationalité anglaise. D'après, eux, voici dix-sept ans qu'il se livrerait au commerce des tableaux. Il ferait partie d'une bande internationale dont le centre serait à Londres et qui aurait, dans cette ville, une sorte de comité judiciaire composé de juristes savants bien qu'obscurs. De hauts personnages traiteraient avec cette bande et de grands noms seraient mêlés à l'affaire si le scandale éclatait.Enfin, Sherlock Holmes et Arsène Lupin sont des œuvres enfantines auprès de l'histoire que d'aucune narrent au sujet de l'arrestation du comte et de la comtesse.

Mme Lucy Charles Hamilton Paine, qui déposa une plainte contre les deux mystérieux châtelains de Tours, est la veuve de M. Paine, le richissime roi du cuivre décédé à la fin de l'an dernier. C'est, au cours d'un voyage de New-York en France, que, sur le paquebot, M. et Mme Paine tirent connaissance avec le comte et la comtesse d'Aulby. Ceux-ci, dès leur arrivée en France, leur firent visiter leur château de Touraine, et comme les deux Américains avaient le projet de s'installer à Paris, les châtelains leur proposèrent de les aider de leurs conseils et de leur expérience.

Il arriva que le faux comte sut se rendre indispensable à M. Paine, qui crut devoir accepter aveuglément toutes les propositions de cet ami trop dévoué. Car ce n'est pas seulement une galerie de tableaux que le comte d'Aulby vendit aux Américains, mais tous les meubles, tentures, bibelots du vaste appartement qu'ils habitaient avenue du Bois-de-Boulogne. Un jour même, le grand-maitre de l'ordre de Mélusine prétendit fournir de beurre la maison de son riche client et ami...Ajoutons que, sous le nom d'Edward Maryon, le comte d'Aulny de Gatigny était critique musical; une revue anglaise, notamment, a publié un long article de lui.

Notre correspondant de Tours nous envoie d'autre part les renseignements suivants : Le comte Jean d'Aulby est né à Londres en 1867. Au cours d'une traversée en Amérique, il fit connaissance de Francesca Monty Lunt, fille d'un journaliste de Boston, née dans cette ville en 1869. Il l'épousa à New-York. Mme veuve Paine a chargé Maître Plumont, du barreau de Paris, de défendre ses intérêts. Mme Paine est venue à Tours pour assister à la première enquête.

Chacun des faux tableaux anciens vendus à .M. Paine était accompagné d'une notice portant indication de ses propriétaires successifs. Sur une toile attribuée à Murillo, on pouvait lire: "Ayant appartenu au roi d'Angleterre". Le comte, pour vanter ses tableaux, avait affirmé à Mme Paine que le Sommeil d'Antiope, du Louvre, n'était qu'une mauvaise copie du chef-d'œuvre qu'il lui cédait.

Au mois de décembre dernier, Mme Paine avait chargé le comte d'Aulby de lui monter sa cave. Elle reçut un télégramme l'informant de l'envoi de vins fins contre 16,500 francs. Elle envoya l'argent, mais ne reçut pas la marchandise. L'escroc avait de plus emprunté 45,000 francs à M. Paine. Avec cette somme, il se procura de nouveaux tableaux truqués et proposa à Mme veuve Paine de les lui coder contre la nouvelle somme de 1 million. Au moment de son arrestation, le comte était possesseur d'une quinzaine de mille francs. On aurait demandé hier la mise en liberté sous caution du comte et de la comtesse d'Aulby de Gatigny, mais le parquet a maintenu l'emprisonnement.

Le Temps – 20 avril 1910

EN BREF

Étreinte mortelle - Narbonne, 19 Avril - Un accident des plus navrants s'est produit, hier, a Armissan, petite commune des environs de Narbonne, où M. Jules Martin, administrateur en chef des colonies, passe son congé. M. Martin se disposait à nettoyer un revolver qu'il tenait dans sa main, lorsque sa fille Marie-Louise, âgée de 19 ans, est entrée dans l'appartement et s'est jetée à son cou pour l'embrasser. Une détonation retentit ; et la pauvre jeune fille s'abattit à terre comme une masse. La secousse avait fait jouer la gâchette et le chien s'était abattu sur l'unique cartouche que renfermait le barillet. Atteinte au crâne, la malheureuse enfant avait été foudroyée. Le désespoir des parents est indicible. Le Petit Journal – 20 avril 1910

us-1908 Mort d'une femme colosse - New-York, 19 Avril - Mlle Louise Ambrodine, une des femmes colosses les plus célèbres du monde entier, vient de mourir, à New-York, d'une attaque de rhumatisme aigu. Elle pesait 500 livres anglaises et sa hauteur ne dépassait pas 4 pieds 4 pouces, soit environ 1 mètre 30. C'était une vraie boule de graisse. Le Petit Journal – 20 avril 1910

belgique Descente de police dans un théâtre - Anvers, 19 Avril - Le Parquet et la police ont fait, hier, une descente au théâtre moderne d'Anvers où on jouait une pièce assez légère contenant des attaques contre la magistrature. Les issues furent fermées, la police s'empara du manuscrit ; le directeur, le régisseur et deux actrices furent arrêtés et conduits à pied, en maillot et pelisse, au bureau de police. L'arrestation d'une des deux actrices, une Parisienne, fut seule maintenue pour outrage public aux mœurs. L'auteur sera poursuivi en vertu de la loi Woeste ; les représentations seront interdites. Le Petit Journal – 20 avril 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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