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24 avr. 10

Les actualité du 24 avril 1910

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Inauguration solennelle de l'Exposition de Bruxelles par le roi et la reine des Belges

inauguration bruxelles 1910

belgique C'est par un temps splendide, par une merveilleuse journée de printemps, que l'Exposition universelle a été solennellement inaugurée aujourd'hui en présence, du roi Albert et de la reine Elisabeth, du corps diplomatique, des autorités civiles et militaires, des membres du Parlement et d'une foule immense. Aux côtés du Roi, on remarquait les principaux organisateurs de l'Exposition, la plus importante qui ait eu lieu en Europe depuis celle de Paris en 1900: le duc d'Ursel, le baron Janssen, le comte Van der Burch, M. Eugène Keym. Le deuil de la cour avait été interrompu pour aujourd'hui; la Reine portait une toilette claire et un manteau de moire violette, avec un chapeau orné de plumes mauves.

La cérémonie de l'inauguration a eu lieu dans la salle des Fêtes, haute et claire, ornée de symboliques statues d'or où se pressaient deux mille huit cents invités, élite de la société bruxelloise et de la colonie étrangère. Le baron Janssen, président du comité exécutif, a pris le premier la parole et a rendu d'abord hommage au Roi, à la Reine, à la comtesse de Flandre et à la princesse Clémentine, puis il a souhaité la bienvenue aux représentants de toutes les nations. M. Hubert, ministre du travail, a prononcé ensuite un discours très éloquent. Le Roi a répondu assez brièvement. Après avoir rendu hommage à Léopold II, promoteur du grand mouvement d'expansion de l'industrie belge, il s'est félicité d'ouvrir l'Exposition qui attestera aux yeux du monde les immenses progrès réalisés pendant un peu plus de trois quarts de siècle par la Belgique dans tous les domaines.

La visite des sections a ensuite commencé et c'est naturellement à la section belge que les souverains se sont d'abord rendus. Ils y ont pénétré par le grand escalier sur les marches duquel se tenaient deux cent cinquante soldats portant des drapeaux, et ont d'abord admiré les magnifiques portiques que surmontent des statues allégoriques aux dorures éclatantes et qui ont valu à l'architecte, auteur de cette admirable façade monumentale, les félicitations de Leurs Majestés.

Malheureusement, comme toute Exposition qui se respecte, l'Exposition de Bruxelles a été inaugurée avant d'être achevée, et ce n'est guère ayant huit jours que la section belge sera achevée. Les souverains ont parcouru d'abord le Palais de la Femme, où la Reine s'est entretenue longtemps avec de vieilles dentelières de Malines; puis, après une visite naturellement hâtive des autres pavillons, ils ont passé à la section anglaise et à la section française, deux des plus importantes de l'Exposition, toutes deux dans un état de préparation relativement très avancé, mais qui seront fort brillantes, la française surtout qui est décorée d'une façon exquise et où l'on remarque particulièrement le salon, international, orné de tapisseries des Gobelins empruntées à la série des châteaux de France.

M. Beau, ministre de France, a reçu le Roi et la Reine à l'entrée de la section il leur a présenté, le commissaire. général, M. Chaptal, et ses adjoints, et les a conduits dans le salon d'honneur, où la garde était montée par des spahis et des tirailleurs sénégalais et où un thé leur a été servi, pour les guider ensuite à travers les diverses salles. Leurs Majestés se sont arrêtées longuement devant le stand de Siot-Decauville, l'un des seuls qui soient prêts. Il est vrai que le célèbre fondeur a voulu que la représentation de son effort fût complète: il y a là la grande sculpture, celle qui porte le reflet de la haute pensée de l'esthétique française, et la petite sculpture, celle qui, en menus chefs-d'œuvre, tels le surtout et le plafonnier, la Comète de Larche, répand dans nos intérieurs le sourire et l'éclat du métal aidant à l'expression de l'esprit délicat et de la forme belle. Autour de la Bourrée, la statue de Mercié, que Siot-Decauville a exécutée en une grande pièce, d'une admirable venue, il y a toute une collection d'oeuvres de Larche, Gérome, Meissonier, Gardet, Bartholomé, Clerget, Boucher, Valton, Carlès, Michel, Kann, Max Blondat aux patines variées, aux ciselures d'une finition incomparable, qui défendent, en même temps que la vieille réputation de la fonderie fameuse, la gloire robuste et inébranlable de l'art français.

La section coloniale française est presque complètement prête, grâce à l'énergie de son président, M. Georges Schwob, et dont les pittoresques bâtisses ont déjà excité l'admiration de tous ceux qui les ont vues notamment le pavillon de l'Indochine, avec sa double toiture de pagode, de ton rouge sang, gardée, à chacun de ses angles incurvés, par les fabuleux dragons asiatiques; et l'espèce de fortin de l'Afrique occidentale française, dont la masse argileuse hérissée de dents monstrueuses, surplombe les blancheurs du pavillon algérien et du bâtiment de la métropole. L''inauguration officielle de cette belle section coloniale française aura lieu le 5 mai, et il n'est nullement impossible que sa Majesté y assiste.

Leurs Majestés se rendent ensuite, par les jardins, à la section allemande, où elles sont accueillies au son des cloches. La section allemande, d'architecture trapue et grise, d'aspect puissant mais mélancolique, est très complète déjà; on y remarque les halls de machines qui intéressent vivement le Roi; puis le cortège passe au délicieux pavillon hollandais de briques roses et blanches, avec ses pittoresques pignons et sa tour élevée, à la section espagnole, surtout remarquable par une reproduction intégrale de la cour des Lions de l'Alhambra, et enfin les souverains parcoururent le ravissant pavillon de la ville de Bruxelles, de style Renaissance flamande.

Au départ comme à l'arrivée, le ciel était souriant, et des ovations enthousiastes on, été faites au Roi, que la foule remerciait d'avoir démocratiquement insisté pour que, en dehors des invités, le public fût admis dans l'Exposition pour l'inauguration malgré le protocole traditionnel. Tous les étrangers présents trouvent l'Exposition à la fois grandiose et riante, justifiant le mot appliqué naguère à l'Etat du Congo: l'Oeuvre géante de pygmées.

La solennité d'aujourd'hui avait été précédée hier soir de l'inauguration du quartier le plus joyeux de l'Exposition, le quartier du vieux Bruxelles, Bruxelles-Kermesse. Les ruelles de ce vieux Bruxelles, arrosées par une source qu'on traverse sur des ponts à dos d'âne et qu'éclairaient les reflets de mille lumières électriques, offraient dans cette nuit l'aspect le plus fantastique et s'animaient de chœurs de chanteurs de rues, en costumes anciens du plus piquant effet. Cette fête s'est terminée par une rétraite aux flambeaux, scandée par la populaire marche de Bruxelles-Kermesse, comme la solennité d'aujourd'hui s'est dénouée, entre huit heures et minuit, par une retraite militaire, sous les torrents de feu d'une illumination vraiment éblouissante et originale, l'orée du bois de la Cambre étant éclairée d'appareils électriques dont la forme reproduit toutes les variétés d'oiseaux et notamment du perroquet, au multicolore plumage.

Le Figaro – 24 avril 1910


EN BREF

Quarante mille francs de perles au cou de Loulou — Se souviendra-t-elle plus tard qu'elle se promena pendant toute une journée avec un collier de vraies perles représentant une vraie fortune, la petite Loulou des Buttes-Chaumont? Voici dans quelles circonstances cette aventure quasi merveilleuse lui advint. La marquise de L..., une riche Américaine oui vient chaque année passer quelques mois à Paris, s'aperçut mercredi de la disparition d'un collier de perles d'une valeur de 80,000 francs. Elle porta plainte à M. Péchard, commissaire de police du quartier Gaillon. Les domestiques de l'hôtel de la rue de la Paix, où elle est descendue, étant au-dessus de tout soupçon, le magistrat dut porter ailleurs ses investigations. Il apprit que dans la matinée le groom d'un grand bottier était venu livrer des chaussures à Mme de L... M. Péchard le manda à son commissariat, et là le jeune Marius Paul ne fit aucune difficulté pour reconnaître qu'il avait dérobé le collier qu'il croyait sans valeur. Qu'en as-tu fait? demanda M. Pechard. Ma mère me l'a pris. Le magistrat se rendit aussitôt rue de la Chapelle où habite la mère du groom. Celle-ci déclara qu'elle l'avait donné à la petite Loulou, sa nièce, une fillette de trois ans. M. Péchard partit pour le parc des Buttes-Chaumont où la fillette jouait; il la rencontra avec sa mère près du labyrinthe. Le collier de verre? dit la maman; mais le voilà. Le commissaire s'empara du joyau; il y manquait la moitié des perles. La maman lui dit que le reste était chez elle dans une boite à boutons.M. Péchard trouva en effet les autres perles et s'empressa de les rapporter à la marquise de L....Celle-ci a refusé de porter plainte contre le groom, qui s'en est tiré avec une sévère admonestation. Le Temps – 24 avril 1910

Au meeting aérien de Nice: admirable croisière aérienne Nice-Cap Ferrat- Nice, 23 avril - Le programme d'aujourd'hui était particulièrement intéressant: il comportait La première croisière Nice-Cap Ferrat (24 kilomètres). Le temps, dans la matinée, était superbe, et malgré une légère brise, on escomptait la complète réussite de cette croisière aérienne. De bonne heure la foule s'est échelonnée sur le parcours pour voir passer les aviateurs se rendant de Nice au cap Ferrat. Latham est le grand favori de l'épreuve, mais on prévoit une chaude lutte. Dans l'après-midi la chaleur est torride et le vent est tombé. A partir de trois heures, le départ est donné à tour de rôle à chaque aviateur. A trois heures une minute; Van den Born prend le départ. Duray, qui part à 3 h. 5, se Lance à sa poursuite et le rattrape au cap Ferrat; Une lutte admirable s'engage et Duray arrive à passer son concurrent et rentre avant lui à Nice au milieu de folles ovations. Les six aviateurs qui ont pris le départ ont d'ailleurs tous les six accompli le parcours complet au-dessus de la mer sans incidents. Décrire les acclamations enthousiastes de la foule est impossible. Voici d'ailleurs Le classement de ce raid admirable: 1. Latham, en 16 min. 46 sec. 3/5, sur Monoplan Antoinette, moteur Antoinette ; 2. Duray, en 18 min. 36 sec, sur biplan Farman ; 3. Van den Born, en 19 min. 56 sec. 2/5, sur biplan Farman, moteur Gnôme ; 4. Efimoff, en 20 min. 21 sec. 4/5, sur biplan Farman, moteur Gnôme ; 5. Chavez, en 20 min. 25 sec, sur biplan Farman, moteur Gnôme ; 6. Rolls, en 20 min. 58 sec. 3/5, sur biplan Wright. La Presse – 24 avril 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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