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25 avr. 10

Les actualité du 25 avril 1910

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Le premier tour des élections législatives

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Il ne peut encore se dégager du scrutin d'hier que des impressions générales. Pour en apprécier l'exacte portée, une analyse particulière des résultats obtenus dans les diverses circonsriptions serait nécessaire, et elle est en ce moment matériellement impossible. On constate toutefois, dès aujourd'hui, avec la disparition à peu près complète des candidats d'opposition anticonstitutionnelle, c'est-à-dire antirépublicains, le recul de la droite, dans les départements de l'Ouest notamment, où elle perd plusieurs sièges.

D'autre part, il semble qu'un mouvement assez sérieux se soit prononcé vers les républicains de gauche, dont l'Alliance républicaine démocratique symbolise plus spécialement l'orientation. Le premier tour de scrutin leur donne déjà un gain total de huit sièges et dans beaucoup de collèges ils figurent en très bon rang pour les ballottages. Ceux-ci d'ailleurs n'ont jamais été aussi nombreux. Alors qu'en 1906 il ne restait à pourvoir que 169 sièges après le premier tour, aujourd'hui il y a encore lutte pour l'attribution de 231 mandats.

Cela tend à démontrer que les compétitions personnelles, sinon les divergences de programme; ont eu dans ces circonscriptions un caractère d'acuité tout spécial. Dans un certain nombre d'entre elles, au surplus, les socialistes, qui gagnent dès maintenant trois sièges, paraissent pouvoir faire pencher à leur gré la balance dans un sens ou dans un autre. Ceux qui sont le plus diminués, au moins moralement à cette première épreuve, ce sont les radicaux socialistes, surtout sortants, qui ont vu dans maints collèges, où leur prépondérance était autrefois assurée, décroître sensiblement leur force.

Autant qu'on en puisse juger par une rapide comparaison du présent avec le passé, le suffrage universel a opéré, quoique avec une inégale intensité, une double évolution. D'un côté, il est allé aux républicains de gouvernement offrant des gages de résistance à la démagogie; de l'autre, mais d'une façon moins accusée, il a donné sa préférence aux socialistes, dont les programmes sont nets, plutôt qu'aux conceptions ambigües des radicaux socialistes. Il était, du reste, fatal qu'il en fût un jour ainsi, et les radicaux qui se croyaient habiles en colorant de socialisme leurs professions de foi, doivent s'apercevoir maintenant qu'ils ont fait un mauvais calcul. A quoi leur ont servi leurs surenchères ? Rien de démonstratif à cet égard comme la mésaventure arrivée dans les Bouches-du-Rhône a M. Camille Pelletan, élu, il est vrai, mais avec environ deux mille voix de moins que précédemment, voix recueillies par son concurrent socialiste unifié.

Un fait résulte, au surplus, de cette première rencontre, et il est même le plus clair: c'est que la réforme électorale a obtenu dans le pays une énorme majorité; et parmi les moyens préconisés pour l'accomplir le scrutin de liste avec représentation proportionnelle est manifestement celui qui réunit le plus d'adhésions. II y a là une indication décisive dont il n'est pas possible que les pouvoirs publics ne tiennent pas compte. On ne saurait s'étonner que nous considérions comme significatif le succès remporté par M. Charles Benoist dans le 6e arrondissement de Paris, malgré des difficultés particulières dues à la composition même de ce collège électoral formé de deux circonscriptions jadis séparées.

Il est clair que si M. Charles Benoist, le principal apôtre de la R.P., distance d'environ quatre mille voix son concurrent M. Prache, qui représentait une de ces circonscriptions comme lui-même représentait l'autre, c'est que les électeurs ont voulu lui témoigner leur gratitude pour la courageuse propagande dont il a été l'organisateur. Le scrutin d'arrondissement est condamné : voilà ce qui ressort nettement de ce premier tour de scrutin et le second ne peut plus qu'accentuer cette condamnation. Sur divers points, du reste, il semble qu'il ait pris à tâche de fournir à ses adversaires un supplément d'arguments. Une des objections principales opposées par les arrondissementiers à la représentation proportionnelle était que ce mode de scrutin aurait pour inévitable conséquence le triomphe des médiocrités au détriment des chefs, des leaders. M. Millerand mis en ballottage à Paris, M. Brisson à Marseille, M. Jaures dans le Tarn M. Paul Doumer dans l'Aisne, tel est cependant le spectacle que nous offre ce premier tour de scrutin N'y a-t-il pas là une nouvelle et éclatante preuve, par le fait, du peu que pèse le plus souvent la valeur personnelle dans l'atmosphère des mares stagnantes du scrutin d'arrondissement où tout est subordonné à de mesquines ou égoïstes préoccupations ?

Quand la question reviendra devant la Chambre — et il faut qu'elle y revienne sans tarder — cet exemple pourra être utilement rappelé, et au besoin à M. Brisson lui-même, qui n'a professé jusqu'ici pour la représentation proportionnelle qu'un goût médiocre. Il y a des expériences personnelles qui valent mieux que les démonstrations théoriques les plus suggestives.

Le Temps – 25 avril 1910


EN BREF

Un maire tué dans un bureau de vote - Angoulême, 24 Avril - M. Richard, maire d'Eraville, arrondissement de Cognac, a été tué ce matin pendant qu'il présidait le bureau électoral. Au moment où il recevait un bulletin de vote, un électeur, nommé Dallemagne, âgé de 51 ans, lui a tiré un coup de revolver dans la tête. La mort a été foudroyante. Le meurtrier, est gardé à vue par la gendarmerie. La politique serait étrangère à ce drame. On ne sait s'il s'agit d'une vengeance ou d'un crime de la folie. Le Petit Journal – 25 avril 1910

Un plancher s'effondre - Au cours dû dépouillement du scrutin qui avait lieu ce soir dans l'école des filles du village de Saint-Joseph, dans la banlieue de Marseille, le plancher s'est effondré et une quarantaine de personnes ont été précipitées dans les sous-sols d'une hauteur d'un mètre cinquante. L'accident n'a pas eu de conséquences graves. Quatre personnes seulement ont été fortement contusionnées. Les autres n'ont eu aucun mal. Le Petit Journal – 25 avril 1910

Au Puy, deux propagandistes se sont battus - un candidat blessé - Le Puy, 24 Avril - La campagne électorale dans La première circonscription du Puy, assez calme jusqu'à présent, ainsi que dans les arrondissements voisins, s'est terminée par un conflit sanglant survenu à Coubon, entre les partisans du député sortant, M. Louis Vigouroux, et ceux du candidat radical, M. Joseph Boutaud. L'un des propagandistes de la candidature de M. Vigouroux, M. Hippolyte Grail, avocat, ayant voulu parler à l'issue d'une conférence de M. Boutaud et ayant allégué que le député sortant avait un adversaire déloyal, sollicitant les voix des socialistes et celles des libéraux, l'un des amis du candidat ainsi mis en cause adressa à l'orateur des épithètes outrageantes. M, Grail descendit de la tribune et un corps à corps s'engagea entre lui et l'interpellateur, M. Louis Bonnet, avocat également. Les coups pleuvaient dru. Ce dernier eut la figure balafrée et mise en sang. M. Grail s'armant d'une pierre, se disposait à frapper plus grièvement son collègue au barreau du Puy, il lança le pavé que M. Bonnet évita en se détournant et qui vint atteindre M. Boutaud lui-même en pleine figure. M. Boutaud a été assez grièvement blessé et a dû rentrer immédiatement au Puy. Le Petit Journal – 25 avril 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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