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26 avr. 10

Les actualité du 26 avril 1910

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Sanglante bagarre à Saint-Denis

saint denis place de la gare

Une sanglante bagarre, provoquée par les terrassiers en grève, s'est produite hier à Saint-Denis. Les terrassiers employés par la Compagnie du Nord à la réfection de la voie avaient conçu le projet, du jour où ils avaient cessé le travail, de saboter les fils métalliques qui actionnent les signaux. A diverses reprises, ils avaient troublé l'ordre et il y a quelques jours, ils n'avaient pas hésité à lancer sur les trains de grosses pierres, au risque de blesser les voyageurs.

Pour prévenir de semblables violences, d'importantes mesures d'ordre avaient été prises, et les abords de la gare de Saint-Denis étaient gardés par des fantassins et des cuirassiers. Hier, à l'issue d'un meeting qu'ils avaient tenu salle de l'Avenir social, rue des Ursulines, les grévistes se rendirent vers onze heures sur la place de la Gare. Ils menacèrent, prononcèrent de violents discours, mais agents et gendarmes n'eurent pas de peine à rétablir 1'ordre.

On eût pu croire, après cette démonstration, que la journée serait calme. Il n'en fut rien. Vers une heure après-midi, cent cinquante terrassiers environ se rendirent aux abords de la gare avec la ferme intention de saboter la voie. Mais le poste veillait et d assez violentes bagarres eurent lieu. Un cuirassier nommé Michel Marchand eut l'oreille arrachée; l'agent Legrand fut assez grièvement blessé, toutefois les grévistes durent se replier.

Pendant que ces événements se déroulaient, le poste de police était prévenu et M. Gauthier, secrétaire de M. Magnan, commissaire de police du quartier Nord, se rendait, à la tête de quelques agents et d'un peloton de cuirassiers, sur les lieux où les grévistes manifestaient. La rencontre eut lieu place de l'Etoile. La bagarre, de suite, fut des plus vives. Les grévistes lançaient sur les agents de lourdes pierres. Bientôt M. Gauthier était atteint et roulait sur le sol, le visage en sang; l'agent Roger ne tardait pas à être blessé à son tour; et plusieurs cavaliers n'avaient dû qu'à leur cuirasse de n'être pas meurtris.

C'est alors que le sous-brigadier de police Counot, se voyant entouré par des grévistes menaçants, tira son revolver et, s'adressant à l'un d'eux: Si tu lances la pierre que, tu tiens à la main, je fais feu! Le terrassier n'hésita pas. La pierre partit, suivie presque aussitôt du bruit d'une détonation. II y eut une reculade, mais le terrassier était étendu sur le sol sans connaissance. On le transporta aussitôt à l'hôpital où l'interne de service reconnut que la balle qui l'avait frappé avait traversé le foie. Dans ses poches on trouva des papiers au nom de Jean-Louis Philippe, terrassier, âgé de vingt-neuf ans, demeurant avenue de Paris, à Saint-Denis. Son état est extrêmement grave et on désespère de le sauver.

La manifestation, après que le blessé eût été transporté à l'hôpital, ne dura pas longtemps. Quelques charges vinrent à bout des terrassiers. Un quart d'heure après environ, les grévistes tentèrent bien de prendre d'assaut le poste de police; mais ce fut en vain les cuirassiers les dispersèrent aussitôt. Dans la soirée, les terrassiers se réunirent à nouveau. Bien que leur réunion fût strictement privée, nous avons pu savoir qu'ils se proposent de faire son affaire au sous-brigadier qui a blessé un des leurs. Toutefois de sérieuses mesures ont été prises, et la voie du chemin de fer sera plus spécialement surveillée.

Le Figaro – 26 avril 1910


EN BREF

Un monument perdu - Gavarni, qui n'avait pas eu beaucoup de chance pendant sa vie, eut une infortune posthume vraiment digne de compassion. On avait songé à honorer sa mémoire d'un monument, qui fut inauguré, il y a quelques années sur la place Saint-Georges. Mais à peine ce monument fut-il installé devant l'hôtel de Thiers que les ingénieurs du Métropolitain accoururent et requirent son déplacement immédiat, sous prétexte qu'ils devaient ouvrir là un chantier. Le chantier fut ouvert à l'époque ou les électeurs qui votaient dimanche pour la première fois étaient encore des petits garçons qui venaient de faire leur première communion. Et ce chantier resta ouvert jusqu'à la semaine dernière. Mais enfin on vient de le fermer. Et comme il n'y a plus aucune raison maintenant de ne pas remettre à sa place le monument de Gavarni, on cherche dans les dépôts des marbres de l'Etat et de la Ville de Paris ce monument. On le cherche depuis huit jours. Jusqu'à présent on n'en a pas retrouvé le moindre fragment, et une inquiétude commence à percer dans la correspondance échangée à ce sujet entre, l'Etat et la Ville. Qu'est devenu le monument de Gavarni ? Le Figaro – 26 avril 1910

Espagne Un aérodrome dévasté par la foule - Madrid, 25 avril - On mande de Durango qu'à l'aérodrome de cette ville, le public, énervé par une attente de plusieurs heures et voyant qu'aucun aviateur ne s'élevait, prit d'assaut le hangar, brisa les appareils et mit le feu. La gendarmerie fut impuissante à empêcher ces désordres. Elle dut charger à plusieurs reprises. Un spectateur a été grièvement blessé d'un coup de feu parti du hangar. On signale, en outre, quelques contusionnés. Le Juge d'instruction a commencé à instruire l'affaire. Des arrestations ont été opérées, parmi lesquelles celles de MM. Drevotan et Gibbis qui, d'ailleurs, ont été relâchés. Les pertes s'élèvent à 90.000 francs. Le Petit Parisien – 26 avril 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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