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28 avr. 10

Les actualité du 28 avril 1910

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La mort de Mme Félyne

Felyne

Nous avons reçu hier, à midi, ce télégramme: Suis désolé d'avoir vous annoncer la mort de Renée Félyne. Reding, directeur du théâtre du Par. Le sentiment de tristesse que nous avons éprouvé la lecture de ce télégramme, on l'a ressenti hier dans tous les théâtres. Camarade charmante et bonne, Mme Félyne n'y comptait que des amitiés.: il n'y a eu qu'une voix pour déplorer le coup brutal du destin qui enlève en pleine jeunesse, dans tout l'éclat de sa beauté, une de nos comédiennes les plus séduisantes et les plus appréciées.

Mme Renée Félyne avait débuté à l'Athénée, au sortir du Conservatoire après d'intéressantes créations à l'Octéon et aux Nouveautés, elle avait été appelée au Gymnase par M. Franck pour tenir l'emploi des grandes coquettes. Elle s'y était imposée à l'attention du grand public comme de la critique par sa beauté, son élégance, son autorité chaque jour grandissante.

Plusieurs créations, notamment dans l'Eventail, Mademoiselle Josette, ma femme; le Bonheur de Jacqueline, lui avaient rapidement conquis une place enviée parmi les artistes sur lesquels les auteurs fondent légitimement de grandes espérances. Au début de la saison, la direction des Bouffes-Parisiens, heureusement inspirée, lui avait confié le rôle de Salabaccha dans la reprise de Lysistrata, de M. Maurice Donnay, où elle fut exquise de charme, d'esthétiques attitudes et de gaieté. A la demande de M. Reding, elle avait accepté d'aller jouer Lysistrata à Bruxelles, et nos voisins lui avaient fait fête comme les Parisiens.

Mais brusquement, au bout de quelques représentations, elle s'était sentie gravement souffrante, et on avait dû la remplacer. Rien ne faisait prévoir cependant une issue fatale. La malade croyait si bien à s on prochain rétablissement qu'elle songeait à reprendre son rôle et à préparer une conférence qu'elle devait faire, au théâtre du Parc, sur la Femme et le parfum.

Partageant cet espoir, des amis rentrés vendredi de Bruxelles, nous apportaient la nouvelle d'une amélioration sensible dans son état et d'un commencement de convalescence. Mais avant-hier, soudainement, la maladie s'aggravait et une foudroyante rechute de péritonite, en dépit de la science et du dévouement des docteurs Cordemans et Laborde, emportait Mme Renée Félyne hier matin, à l'aube. Elle avait vingt-six ans.

Le Figaro – 28 avril 1910


EN BREF

ballon sur la ville

Atterrissage d'un ballon en plein Paris - Un ballon sphérique a atterri, hier, en plein Paris, dans la cour d'une maison, 5, rue des Grands-Augustins. Voici dans quelles circonstances s'est produite cette randonnée aérienne mouvementée. Le ballon Baladeur, de l'Aéro-Club de France, piloté par M. Jules Dubois, l'ancien coureur cycliste, ayant à bord MM. Thiéville et de Fouchy, était parti, hier matin, à onze heures, du parc de Saint-Cloud. Dès son départ, l'aérostat atteignit une très grande hauteur, il parvint jusqu'à 2.000 mètres d'altitude. Mais, en arrivant au-dessus de Paris, il commença à tomber lentement. Les passagers jetèrent du lest, mais en vain. Le Baladeur passa au-dessus de la tour Eiffel, puis alla du côté de l'Arc de Triomphe de l'Etoile, fut repoussé du côté de la gare Montparnasse et, finalement, revint près de la Seine. Les passagers firent tous leurs efforts pour empêcher que le ballon ne tombât dans le fleuve. Trois agents cyclistes, les agents Grumbler, Lagier et Kaissler, assistaient depuis quelques instants a la chute lente du Baladeur. Ils le suivirent jusqu'au moment où, complètement dégonflé, le ballon arriva au-dessus de la rue des Grands-Augustins. Dans la cour du n° 5, les agents s'emparèrent du guide-rope et aidèrent à la manœuvre de descente. On avertissait, pendant ce temps, les locataires de l'immeuble d'avoir à fermer leurs fenêtres, de peur d'explosion. Le ballon s'accrocha à une fenêtre, au passage, puis sans encombre, il arriva à terre. Les passagers n'avaient aucune égratignure. Ils aidèrent aussitôt à plier le ballon et à ranger la nacelle soigneusement. Le Baladeur fut empaqueté et transporté dans une voiture à Puteaux, où se trouve son hangar. Il n'y avait plus que cinq sacs de lest à bord, au moment de l'atterrissage. Le Petit Journal – 28 avril 1910

Turquie La situation s'aggrave en Albanie - Salonique, 27 Avril. La situation en Albanie est devenue grave par suite de la fausse manœuvre du commandant en chef, qui a permis aux révoltés d'occuper le défilé de Katchanik, qui commande le chemin de fer d'Uskub à Mitrovitza. Les révoltés arrêtent la circulation des trains, empêchant ainsi les transports dans lesquels ils trouvent des vivres et des munitions. Mitrovitza, où deux mille hommes sont consignés, est isolée du gros de l'armée. Le nombre des Albanais prêts à combattre est évalué à quarante mille. Le ministre de la Guerre a ordonné à Tourghout pacha de s'emparer à tout prix du défilé. Tourghout pacha prend ses dispositions pour attaquer les révoltés dès demain. On craint un combat sanglant, les insurgés paraissant décidés à une résistance acharnée. Le gouvernement envoie la flotte ottomane de Valona à Scutari (Albanie) pour surveiller les Albanais de cette région et les empêcher de joindre les rebelles. La convocation des rédifs provoque ici un fort mécontentement parmi la population. Une partie de la population d'Ipek s'est rangée du côté des rebelles, en voyant combien est faible la garnison turque qui occupe la ville. Les combats autour d'Ipek continuent. Le Petit Journal – 28 avril 1910

Mystérieux suicide — Dans un train venant de Robinson, on a trouvé le corps d'un bijoutier de Chicago, Eugène Tewels, qui s'était suicidé en se tirant une balle de revolver dans la tête. Arrivé il y a six semaines à Paris, cet Américain avait fait la connaissance, un soir, au sortir du théâtre, d'une jeune modiste du quartier latin, Mlle Jeanne Poulain. Vous ressemblez d'une façon frappante à une femme que j'ai beaucoup aimée et qui est morte, lui avait-il dit. Voulez-vous accepter dé passer de temps en temps une soirée avec moi ? Votre présence me rappellera le passé ! Et la jeune modiste avait accepté. Chaque jour Tewels et Mlle Poulain prenaient leur repas ensemble dans un restaurant de la rue Soufflot. Mais l'Américain s'assombrit de plus en plus et bientôt il parla de se tuer pour échapper aux poursuites de la justice de son pays, car il était, disait-il, compromis dans une grave affaire d'avortement. L'autre matin, il arriva au restaurant plus triste que de coutume. Je suis très ennuyé, raconta-t-il ; je voulais vous faire un cadeau, mais je n'ai pas eu d'argent. Je suis allé au Crédit lyonnais pour toucher un chèque. L'employé m'a alors prié d'attendre. Croyant que mon nom et mon signalement avaient déjà été envoyés par la police américaine, je me dissimulai derrière un pilier du hall et j'observai les gestes du caissier. Je le vis se lever et téléphoner en cachette. Plus de doute, le mandat d'amener lancé contre moi était arrivé à Paris, et dans la crainte d'être appréhendé, je me suis enfui !...La jeune modiste le rassura de son mieux. Puis tous deux partirent pour Robinson. Mais au cours de la promenade, Tewels ne fit que parler de son désespoir. Le soir on revint à Paris et on s'attabla dans un café. Soudain l'Américain quitta son amie et se dirigea vers la gare du Luxembourg, où il reprit le train pour Robinson. Et le lendemain, on le trouvait mort dans un wagon. Le Temps – 28 avril 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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