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04 mai 10

Les actualité du 4 mai 1910

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Un dirigeable fantôme survole le fort de Toul

dirigeable toul

Toul, 4 mai — L'autorité militaire a recueilli les dépositions de sentinelles et de soldats du fort du Tillot, qui affirment avoir vu un ballon dirigeable vers onze heures du soir le 24 avril. Ce soir-là, le soldat Thiéblemont était en sentinelle sur le pont, à l'entrée principale du fort du Tillot, actuellement en état de reconstruction, quand il aperçut une forte lumière prenant la direction d'Ochey, à une certaine hauteur au-dessus des bois. La nuit était calme et pas noire ; quelques nuages seuls cachaient la lune. Cette lumière longea la route, évita Bicqueley, puis obliqua à gauche, dans le secteur sud de la défense de Toul. C'est alors que Thiéblemont distingua parfaitement un ballon dirigeable, très gros au centre, pointu aux deux extrémités et très allongé.

La sentinelle appela un camarade, nommé Badret, qui l'avait précédée dans la même faction. Celui-ci vint, et, tous deux, après avoir suivi les évolutions du ballon, remarquèrent que la nacelle était de forme allongée. Un rayon de lune leur permit de distinguer la couleur jaune de l'enveloppe. Le bruit du moteur arriva même à leurs oreilles.

Badret prévint son caporal; puis revint sur le pont. Le dirigeable, à ce moment, vira. Il était à peu près à six kilomètres d'eux, et après être resté quelque temps immobile, comme pour chercher sa route, remonta vers les chantiers de construction du nouveau fort. Le caporal Chanot, le soldat Thoreau et les deux, autres soldats précédents suivirent des yeux cette forme noire qui s'enfonçait dans les ténèbres. Thoreau remarqua parfaitement le dirigeable. En même, temps, une autre sentinelle placée plus loin, le soldat Dillet, percevait distinctement le bruit du moteur, semblable à un bourdonnement d'abeille.

Les soldats rendirent compte séparément, sans s'être vus ni concertés, de ce qu'ils avaient constaté au major de la garnison, le colonel Brault, qui procéda à une enquête sérieuse et se déclara obligé de s'en rapporter aux dires de ses subordonnés, seuls témoins, du fait. Les renseignements recueillis sur ces troupiers sont excellents. Ce sont des hommes incapables de mentir. Thiéblemont devinait même tous les ennuis de l'enquête qui suivrait.

Tous prétendent qu'ils ne pouvaient en croire leurs yeux, et craignant d'être victimes d'une illusion d'optique ou d'un effet de nuages et de lune, ils détournèrent plusieurs fois leur vue. Ajoutons cependant qu'à Ochey, à Bicqueley et dans les localités au-dessus desquelles les soldats prétendent avoir vu planer le ballon, toutes les personnes interrogées déclarèrent n'avoir rien vu ni rien entendu. Du reste elles étaient toutes couchées.

Le Matin – 5 mai 1910


EN BREF

Roumanie Un jugement à la manière de Salomon - Bucarest, 3 Mai - Au mois de mai de l'année dernière, un paysan de Predéal, commune située à la frontière hongroise, perdit sa vache. Or, il y a deux mois, le paysan, qui regardait un train de bestiaux à la gare frontière de Predéal, y reconnaît sa vache perdue. Il réclame la restitution de l'animal et comme on lui refuse, il s'adresse à la justice. Le tribunal civil, a prononcé la sentence suivante, qui rappelle un peu le fameux jugement de Salomon. La vache doit être ramenée à Predéal et y être lâchée. Alors, si elle rentre d'elle-même dans son ancienne étable, elle appartiendra au plaignant. Il fut fait comme le tribunal l'avait ordonné et la vache, malgré les dix mois déroulés, a retrouvé, sans peine, le chemin de l'étable. Le Petit Journal - 4 mai 1910

russie En auto à travers le Caucase - L'automobile conquiert chaque jour du terrain et accède maintenant à des régions où on ne s'attendait guère à la rencontrer. Le Caucase, ce chaos montagneux aux confins de l'Europe, si ardu, mais si riche de sites formidables et de panoramas grandioses, sera désormais parcouru par un service régulier d'automobiles. Grâce l'autorisation accordée par le vice-roi du Caucase à quelques-uns de nos compatriotes, maintenant en une seule journée on ira par auto de Tiflis à Vladicaucase, évitant ainsi les nombreuses étapes qu'il fallait faire sur cette route fameuse que le génie russe a eu tant de peine à établir. Le Petit Journal - 4 mai 1910

Duel acharné - A la suite d'une violente altercation entre MM. Just de Poligny, ancien officier, et le lieutenant de cavalerie de Lesseps, un commencement de duel à l'épée eut lieu le 4 avril dernier, à la Grande-Jatte. L'état de santé de M de Poligny, souffrant d'un épanchement synovial à la jambe droite, mit fin à cette première rencontre. D'un commun accord, les témoins remirent le duel à une date ultérieure. Les deux adversaires se retrouvaient hier matin au Parc des Princes. L'arme choisie était l'épée mais M. de Poligny ne pouvant, en raison de sa santé très précaire, soutenir plusieurs reprises, il avait été décidé qu'en cas de non-résultat au premier engagement, six balles seraient échangées au commandement Les deux adversaires s'attaquèrent avec acharnement. Tout à coup, en rompant, M. de Poligny chancela ; son infirmité venait de s'aggraver sous l'effort. Alors le combat se poursuivit au pistolet : six balles furent échangées sans résultat. Les adversaires se séparèrent sans se réconcilier. Le Matin - 4 mai 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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