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10 mai 10

Les actualités du 10 mai 1910

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La proclamation de nouveau roi d'Angleterre

proclamation George V 1910

uk Londres, 9 mai - Il nous a été donné, aujourd'hui, un nouvel et frappant exemple du respect avec lequel les Anglais observent la tradition. Pour la première fois, ce matin, les habitants de Londres, faisant trêve à leur tristesse sinon à leur deuil, ont poussé de chaleureux vivats en l'honneur du nouveau souverain pour la première fois j'ai entendu, devant la foule massée dans le plus évocatif décor qui soit, un héraut d'armes, drapé d'écarlate, monté sur palefroi blanc caparaçonné de pourpre et d'or, lancer le vieux cri qui à lui seul synthétise la force et la grandeur du principe monarchique : Le Roi est mort, vive le Roi !

Tout à l'heure, en effet, la cérémonie de la proclamation royale a déroulé son cortège pittoresque et somptueux à travers l'antique cité, et ce fut, au cœur de l'immense ville grouillante, un incomparable spectacle qui nous reportait aux temps lointains de la Reine Anne et du Moyen Age. Dès huit heures, autour du Royal Exchange, une foule silencieuse envahit les rues et les carrefours, tandis que les troupes d'infanterie forment, face aux colonnes de la Banque, un grand carré.

Quelques instants plus tard, les grilles de Mansion House, demeure officielle du lord-maire, s'ouvrent pour donner passage au cortège du lord-maire : en tête, trois trompettes a cheval en costume de timbaliers, leurs grandes trompettes d'argent ornées d'un pavois aux armes de la cité ; puis viennent les aldermen, les massiers, précédant le lord-maire en robe d'hermine et en toque de velours. Ils se dirigent processionnellement jusqu'au Templebar, limite extrême de l'antique cité de Londres. A l'entrée de la place on a tendu un simple fil de soie rouge pour figurer le portique qui s'élevait là à l'époque où la Cite formait une ville à part dans la capitale. Ce fil de soie aujourd'hui est un symbole : il rappelle que, si les murs de la Cité sont tombés, son indépendance vis-à-vis de la Couronne subsiste.

Le lord-maire est descendu de son carrosse doré : lentement il s'avance jusqu'au fil, salué par l'escadron de life guards droits sur leurs étriers, l'épée haute, magnifiques, enveloppés dans leurs grands manteaux écarlates. Soudain, des fanfares éclatent: du fond du Strand, on voit déboucher des hérauts d'armes escortés de cuirassiers de la garde. Lorsqu'ils sont tout près du fameux fil de soie, ils s'arrêtent. Le chef des hérauts d'armes demande l'entrée de la Cité, le fil tombe, et le cortège s'avance jusqu'au milieu de la place, où le héraut lit la proclamation. Le cortège, accompagné du lord-maire, se reforme aussitôt et se rend à la Bourse d'abord, à Mansion House, à Charing Cross et finalement devant le palais de Saint-James, s'arrêtant à tous les endroits pour permettre aux hérauts de lire la proclamation au milieu de vivats chaleureux.

Un incident significatif a marqué la fin de la cérémonie au palais Saint-James. Quand la musique eut terminé l'hymne national, et que le premier coup de canon eut retenti, une voix d'homme entonna au milieu de la foule le God save the King, qui gagna de proche en proche dans la rue. Les troupes restèrent immobiles et le cortège attendit la fin du chant avant de s'ébranler pour se rendre à la Cité. Il n'y eut aucun applaudissement, aucun hourra.

Les nouveaux souverains ont contemplé la scène de la lecture de la proclamation d'une fenêtre de Marlborough House donnant sur Friary Court, dans le palais de Saint-James. La princesse Mary et les quatre princes Edward, Albert, Henry et George se tenaient derrière le mur du jardin de Marlborough House.

L'après-midi a été consacrée à la prestation de serment des divers corps constitués. Ce fut à la cour de justice d'abord, où la cérémonie eut lieu en présence de tous les magistrats en grande tenue. Puis vint le tour du Parlement. M. Ernmott vice-président, a d'abord prêté serment au roi George V, puis il a signé le registre. Les autres députés, notamment MM. Lloyd George, Churchill, d'Harcourt, Burns, ont ensuite prêté serment. M. Lloyd George a annoncé que M. Asquith rentrera ce soir à Londres et qu'il viendra demain à la Chambre. 250 députés et 175 lords ont prêté serment de fidélité, puis la Chambre des communes et celle des lords se sont ajournées à demain. Dans les couloirs, on en est réduit aux conjectures en attendant que les Irlandais manifestent leurs intentions.

Pendant que ces diverses solennités se déroulaient à travers Londres, les membres de la maison du Roi George et les personnages invités spécialement ont été admis dans l'appartement d'Edouard VII. II est probable que la dépouille mortelle du souverain sera mise en. bière après que le Roi et la Reine de Norvège l'auront vue ce soir. On croit que les officiers de la maison militaire et les autres personnages seront admis à défiler devant le cercueil dans la salle du Trône du palais de Buckingham.

En attendant, Edouard VIl repose sur son lit ordinaire ; une personne ayant eu accès dans la chambre royale assure que la figure du Roi a pris un aspect calme et reposé ; elle est empreinte d'une grande majesté. ' La Reine Alexandra passe dans la chambre mortuaire la plus grande partie du temps, supportant sa douleur avec une touchante résignation. Le Roi George, la Reine Mary continuent à recevoir des compliments de condoléances et des déclarations de loyalisme de toutes les parties de l'Empire.

Le Gaulois – 10 mai 1910


EN BREF

uk russie Les sosies impériaux - On sait qu'une ressemblance extraordinaire existe entre le tsar Nicolas et le roi George V, d'ailleurs cousins germains. Cette ressemblance est prodigieuse, frappante, et une des plus curieuses peut-être que l'Histoire ait enregistrées. Même taille, même visage, même teinte blonde et même coupe de barbe, mêmes yeux bleus, même hauteur de front. La seule et unique différence consiste dans la manière de se coiffer : le tsar porte en effet les cheveux légèrement en brosse, tandis que le roi Goorge V les rabat sur les côtés, avec une raie sur le haut de la tête. Mais les deux cousins se ressemblent comme deux jumeaux dès qu'ils ont un chapeau sur la tête. Nous avons déjà, à plusieurs reprises, signalé les méprises singulières auxquelles avait donné lieu leur ressemblance. Un jour que George V — il était alors duc d'York — se promenait dans les rues de Saint-Pétersbourg, il fut pris par tous, foule, police, autorités, pour l'empereur et acclamé comme tel. Maintes fois, par contre, lorsque le tsar se trouvait à Londres, beaucoup de personnes, même de la cour, le saluaient du titre de "Votre Altesse" croyant parler, au futur héritier de la couronne. Le Matin – 10 mai 1910

Canada Terrible explosion au Canada - Ottawa (Canada) - 9 mai — Une explosion s'est produite dans les fabriques de dynamite de Hull ; vingt personnes ont été tuées et trente ont été blessées. L'explosion a détruit les maisons voisines des fabriques; plusieurs personnes ont été ensevelies sous les décombres. A Ottawa, à deux milles de Hull ; des centaines de vitres ont été brisées par l'explosion. La catastrophe a été causée par l'inflammation d'un nouvel explosif. Les murs du magasin des explosifs, qui avaient trois pieds d'épaisseur, ont été lancés à 420 mètres de distance. Les pierres, ont pénétré dans plusieurs maisons, tuant ou blessant les habitants. La municipalité a perdu récemment un procès qu'elle avait, intenté à la Compagnie qui fabrique les explosifs, pour la contraindre à transférer son établissement en dehors dé la ville. La Presse – 10 mai 1910

Berger gagne la Roue d'Or – C'est un nouveau triomphe que la fédération cycliste et athlétique a remporté avec la magnifique réunion organisée hier à la piste du bois de Vincennes par la France athlétique et sportive. Plus de 8,000 personnes étaient présentes et les épreuves ont été fort intéressantes. Monerot (CCS) a gagné le prix des licences, Barthélémy le prix des indépendants et Cottin le match d'enfants. Quand à la Roue d'Or, 100 kilomètres derrière entraineurs à bicyclette, elle fût l'occasion d'une lutte splendie dont Berger de la FAS sortit victorieux en 2 h. 42 m. 36 s. devant Vandenhove (CCS) à un tour, Augendre (ASB) à 7 tours. Jobard, qui était au commandement au début de la course, parcourut 41 kil. 359 dans la première heure. La Presse – 10 mai 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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