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11 mai 10

Les actualité du 11 mai 1910

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La nouvelle Chambre

Nouvelle chambre

Les nouveaux députés — les bleus, comme on les appelle au Palais-Bourbon — sont venus hier très nombreux à la questure pour y retenir leurs places dans la salle des séances et leurs vestiaires.Tout l'après-midi ce fut un défilé. Citons-en quelques-uns : MM. Dubois (Seine), Painlevé, Brunet (Seine), Colly, Théveny, thalamas, de La Porte, Lhoste, Joseph Ménard, Daniélou. D'autres nouveaux encore, retenus dans leurs circonscriptions, ont fait connaître à la questure, soit par lettre, soit par un ami personnel déjà député, la place que, suivant leur opinion, il leur serait plus agréable d'occuper. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer MM. Cachin, Damour, Guist'hau, Arbel, etc... Enfin, dans la matinée, plusieurs députés radicaux et radicaux-socialistes ont rendu visite à M. Brisson.

Trois membres du comité confédéral de la Confédération générale du travail, les citoyens Emile Dumas, J.-B. Lavaud et Lauche, entrent à la Chambre des députés. Tous trois, socialistes unifiés, sont les élus, le premier de Saint-Amand-Montrond (Cher), les deux autres du onzième arrondissement de Paris. C'est pour la C G. T., qui a résumé en une courte formule son opinion sur l'utilité des parlementaires : l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre, des travailleurs eux-mêmes, une situation, sans précédent.

Quel accueil va-t-elle faire aux cégétistes nouveaux élus ? Vont-ils continuer à représenter au comité confédéral : M. Dumas, la Fédération des bûcherons du Cher ; M. Lavaud, la Bourse du travail de Boulogne-sur-Mer ; M. Lauche, plusieurs Bourses de province ? S'il s'agissait de l'Union des syndicats de la Seine, la question ne se poserait même pas. Un article statutaire interdit en effet à tout délégué de cette organisation d'accepter un mandat politique. Mais pour la C. G. T., les statuts sont muets. Le cas n'a point été prévu. En droit donc, rien ne s'oppose à ce qu'un député siège au comité confédéral. Mais en fait ?

En fait, les avis sont partagés. Certains estiment qu'un député ne peut être un travailleur, et que par le fait même de son élection, il a perdu tout droit de s'occuper d'intérêts qui lui sont devenus étrangers. Ainsi pensent les révolutionnaires, qui ajoutent à ce titre ceux d' antiparlementaires et d'insurrectionnels. Pour eux, non seulement tout député, mais encore ceux qui à un titre quelconque ont contribué à son élection sont méprisables. Et ils ne cachent point leur intention de demander aux uns comme aux autres, au congrès confédéral qui se tiendra a Toulouse au mois d'octobre prochain, des comptes sévères.

Il est par contre d'autres membres de la C. G. T. qui pensent que pour un confédéré, devenir député n'a rien de déshonorant, et en tout cas ne saurait lui faire perdre tous ses droits. Le comité confédéral laissera probablement au congrès souverain le soin d'émettre sur ce cas tout nouveau une opinion définitive, comme aussi de se prononcer sur l'altitude à tenir envers d'autres membres de la C. G. T. qui furent, eux, des candidats malheureux.

L'association de défense des classes moyennes a dressé, à propos de la R. P. une nouvelle statistique, établie documents en mains, qui est des plus intéressantes. Sur les 235 députés qui avaient voté contre la R. P., le 8 novembre 1909, lors du débat sur la réforme électorale, 81 ont été battus ou remplacés, dont 60 par des proportionnantes. Sur les 225 députés qui avaient finalement voté pour la R. P., au cours de cette même séance du 8 novembre 1909, alors que le président du conseil avait posé la question de confiance, 31 ont été battus et remplacés par des adversaires de la réforme ; 37 ont été remplacés par d'autres proportionnalistes. Sur les 56 députés qui avaient changé de position entre le premier et le second scrutin, 19 ont été battus ou remplacés par 12 proportionnalistes ; 5 antiproportionnalistes ; 2 douteux.

Le président du conseil vient d adresser aux préfets une dépêche-circulaire les invitant à lui établir, avant le 15 mai, une statistique des élus, après les deux scrutins, qui devra porter sur les opinions exprimées dans les professions de foi au sujet de : 1° La réforme électorale ; 2° La réforme administrative et judiciaire ; 3° La réforme fiscale et budgétaire ; 4° Le contrat collectif de travail ; la capacité civile des syndicats ; le crédit ouvrier; 5° Les lois de défense laïque.

Le Matin – 11 mai 1910


EN BREF

allemagne Touristes perdus dans une grotte - Deux touristes de Nuremberg qui excursionnaient en Carinthie avaient disparu depuis trois jours. Ils s'étaient égarés dans la grotte de stalactites d'Adelsberg, où on les retrouva grave à l'appel de leur chien. Sans lui, ils périssaient infailliblement : ils étaient déjà à moitié morts de faim. Le Petit Parisien – 11 mai 1910

us-1908 Le président américain échappe de peu à un accident mortel - New-York, 10 Mai - Le président Taft vient de l'échapper belle. Hier soir, à Passaio, dans l'État de New_Jersey, où il venait de faire un discours, devant la Chambre de Commerce, son automobile a été presque tamponnée à un passage à niveau par un train express de la Compagnie de chemin de fer de l'Erié. M. Taft avait comme escorte un détachement de la cavalerie de l'Etat et des gendarmes montés. Une partie de son escorte avait traversé la voie devant le train, qui est venu passer à moins de sept mètre de l'automobile du président. Le reste de l'escorte s'est jeté en arrière en désordre. Le train qui approchait était caché par des arbres. En outre, le danger était augmenté par une courbe de la route qui obstruait la vue. La foule a vivement applaudi. Le calme de M. Taft n'était guère affecté par le danger qu'il venait de courir. Le Petit Journal – 11 mai 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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